‹ Manuel de prédication populaireChapitre 66 sur 90 · XV. — Dévotion à la sainte Vierge · texte numérisé non relu

XV. — Dévotion à la sainte Vierge

Fecit mihi magna qui potem est, (Luc, I, 49.)

Le ToiU-Puissant a fait en moi de grandes choses.

Ainsi s'exprime la très sainte Vierge en célébrant ebezsa cousine Élisabetli les merveilles que le Seigneur venait d'opérer en elle, en l'élevant à la sublime dignité de Mère du Messie promis au monde et atiendu depuis quarante siècles. Dieu, dans sa toute-puissance, ne pouvait rien faire de plus grand que Tln- «arnation de son Fils pour la rédemption du monde ; 11 ne pouvait rien faire de plus glorieux pour Marie ^e de la choisir pour Mère du Verbe fait cbair, et de réunir en elle le double miracle de la virginité et de kl aaalecnité. Oui, en vérité, Marie peut chanter c^ iOMUisfiie de radmiration et de la Tee»o\Hi^\^s^\i^^*«

FicU miki WÊMgmM 9» pHims rsT. Mais c'est pour non^ aasBÎ que Dieu m, accompli ces grandes choses ei^ Marie. Et «'est li le solide fondemement de notre dé<! Totîon eoT«s cette diiine Tierge. i m

Toyens d3iic dans ses grandeors. 1* les motifs é moire déwûâom^ t* la régla à smirre dans notre dévotionî

L ir#e^« «2^ Kdfnf dnt^tûm.-- « Personne, » dit le granà II Apôtre « ne peut poser d'antre fondement que celui quia été mis : Jésus-Oirist. ■ (I Gor., m, 11 .) Ce dim SauTeur est donc le fondement immuable de noire dévotion pour la sainte Vierge, parce qu'en effet tout le geore humain ne peut assez honorer cette Vierge mère, depuis qu'il a reçu Jésus-Christ par sa bienheureuse fécondité. Mais combien grande, combien émiDBDte est la vocation de Marie, que Dieu a prédestinée avant tous les temps à être la Mère de Jésus- Christ : Appelée à ce glorieux ministère, elle n'a pas été un simple canal d'une telle grâce; elle a été un instrument Yolonlaire qui a contribué à ce grand ouvrage, non seulement par ses excellentes dispositions, mais encore par un consentement formel de sa volonté aux desseins de Dieu. C'est pourquoi le Père éternel lui envoie un ange pour lui proposer le mystère, qui ne s'achèvera pas tant que Marie n'aura pas fait entendre cette réponse : « Qu'il me soit fait selon voire parole... » (Luc, i, 38.) Il a donc fallu que Marie concourût par sa charité à donner au monde un libérateur. Or, Dieu ayant voulu une fois nous donner Jésus-Christ par la sainte Vierge, cet «rdre ne change plus, et c'est par Marie que nous ►ns recevoir encore lowl^?» \^^ ^^^^^"s. ^'^^'^^'s^*

Christ est la source. Ces grâces se réduisent à trois pdncipales: la vocation, la justification et la persévée^nce. Par Marie nous obtenons la grâce de vocation. Nous en avons un exemple dans la soudaine illumiaation de Jean-Baptiste. Il est dans l'obscurité des GHïtrailles d'Elisabeth sa mère» il ne peut voir ni entendre. Jésus vient à Jean sans qu'il y pense. Mais Karie est là, elle sparle, et à cette voix l'enfant très- Baille d'allégresse. Jean n'est-il pas la figure des pé- 0heuTS enfoncés dans les ténèbres, aveuglés pat* leurs passions, sourds aux promesses de Dieu comme à !;Étô menaces? Pauvres malheureux I ils ont perdu la grâce, et par eux-mêmes ils ne peuvent la recouvrer. Marie vient à eux, elle les prévient et leur apporte Jésus avec tous les trésors de sa miséricorde... •La justification, que nous recevons aussi par Marie, nous est représentée aux noces de Gana en la personne des apôtres. Déjà ils avaient été appelés, mais ilane croyaient pas encore assez vivement pour être jSËStifiés. Quand Jésus eut fait son premier miracle, làoTS ses disciples crurent en lui. (Joan., iî, 11.) Or qui ne sait que c'est à la prière de Marie que le Sauveur opéra ce prodige, qui fut comme le fonde nent de la foi des apôtres ?

- C'est à elle, enfin, que les enfants de Dieu doivent teur persévérance, et cette dernière grâce nous est figurée dans la personne de saint Jean.

! Parce qu'il suit avec Marie,Jésus-Christ jusqu'à la «roix, pendant que les autres disciples prennent la laite; parce qu'il s'attache constamment à ce bois nystique, qu'il vient généreusement mourir avec s>o\i

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maître, il est la figure des fidèles persévérants, etvon voyez aussi que Jésus-Christ le donne à sa mère: « Femme, » lui dit-il, a voilà votre fils. » (Joan., XIX, 26.) Elle est, dit saint Âmbroise, confiée à Jean rÉvangéliste, qui est resté vierge. Aussi je ne m'étonne pas qu'il nous ait révélé plus de mystères que tous les autres, lui à qui le trésor des secrets célestei était toujours ouvert I

C'est ainsi que la sainte Écriture nous enseigne mystérieusement par ces trois exemples queMarieest, par ses pieuses intercessions, la mère des appelés,des justiflés et des persévérants, et que sa charité féconde est un instrument général des opérations de la grâce.

Après avoir montré combien est solidement fondée notre dévotion envers la très sainte Vierge, il nous reste à dire les règles que nous devons suivre dans notre dévotion.

IL Règles à suivre. — La règle fondamentale de l'honneur que nous rendons à la sainte Vierge et m bienheureux, c'est que nous le devons rapportera Dieu et à notre salut éternel. Ainsi toute notre dévotion pour la Mère du Sauveur serait superstitieuse«l inutile, si elle ne nous conduisait à Dieu, pour le posséder éternellement et jouir du céleste héritage.

Voulez-vous donc être adoptés par Marie et veus montrer ses dévoués enfants? soyez ses imitateurs, car c'est dans l'imitation que consiste par-dessus tout la dévotion que nous devons avoir pour elle.

C'est pour cela que le Saint-Esprit ne s'attache pas dans les Écriiures à nous faire voir les hautes communications de la sainte Vierge avec Dieu, mais qu'il

plaît à DDUS la Baeatrer dans rexercice des vertus [naires, afin qu'elle puisse être un modèle d'un AiJBige commun et familier. Suivons-la au temple, " iïlazareth, à Bethléem : partout nous voyons éclater

elle Thumilité, la pureté, lamodestie, la simplicité.

Ivangile ne rapporte d'elle ni prodiges ni miracles;

ds il la montre dans toutes les situations où peut se iver le chrétien le plus pauvre et le plus humble, Mn que dans toutes les circonstances il la prenne fj^ur exemple et pour modèle.

Une autre règle de véritable dévotion à la sainte ■Cierge, c'est de l'invoquer, mais de Tiovoquer d'abord |>our lesbesoHîs de notre âme et les choses qui regardent notre salut éternel. Demandez-lui la victoire sur vospass^ions et vos vices, demandez-lui de vous obtenir les vertus qui vous manquent, demandez-lui votre conversion et votre persévérance dans le bien. Partout les autels de cette bonne Mère sont entourés, partout ses pèlerinages sont fréquentés; mais ce ne serait pas être véritablement enfant de Marie que de se borner à attendre de sa puissante intercession la délivrance d*une épreuve, la guérison d'une maladie, la réussite d'une entreprise, le gain d'un procès et autres choses semblables. Marie vous dirait ici avec son divin Fils : a Cherchez d'abord le royaume des cieux, et le reste vous sera donné par surcroît. » (Matth.,' VI, 33, Luc, XII, 31.) Qu'elle soit disposée à nous exaucer pour les choses temporelles, nous ne pouvons en douter, comme elle nous en a donné la preuve aux noces de Gana. Mais dans cette même circonstance elle a dit aussi : « Faites tout ce que mon (ils vous ordonne. » Quod^^

cumque dixerit vobU^ fadu. (Joaii-, n, 5.) J'ai j'ui intercédé; mais faites ce qu'il tous (lira:cf( h cette conditioD que vous yerrez le miracle et Xi flo rnes prières. Suivons ces sages r^les dans dévotion envers la sainte Vierge : nous sentirons i les salutaires effets de sa protection auprès de divin Fils dans le temps et dans rétemité.

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