I. — La Grâce
Gratia Dei tum id quoi tum, (I Corinth., xv, 10.)
C'est par la grâce de Dieu que je sais ce que je tait.
Cest de la bouche même du grand Apdtre que nous apprenons les merveilles que Dieu s'est plu à opérer en lui. Un des premiers parmi les pharisiens, animé d'un zèle ardent pour la loi, il s'était fait d'abord le persécuteur infatigable de Jésus-Christ et de tous ceux qui croyaient en son nom et l'adoraient comme le Fils de Dieu. Il était sur le chemin de Damas, muni de toutes pièces pour s'emparer des chrétiens et les jeter en prison, lorsque Noire-Seigneur l'éblouit d'une céleste clarté et le terrassa, en lui disant : «Saul, Saul pourquoi me persécutez- vous? » Aussitôt il s'écrie: « Seigneur, qui êtes-vous et que voulez- vous que je fasse? » Dès ce moment Saul est tout transformé : il entre à Damas, non plus comme persécuteur de Jésus- Christ, mais comme son esclave soumis et son seru 24
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On appelle grftce actuelle le secours que Dieu nous donne pour faire le bien, éviter le mal et obtenir la Tie étemelle. C'est un bon mouvement imprimé et communiqué à notre volonté, pour nous faire pratiquer la vertu, accomplir nos devoirs, et vaquer aux œuvres qui tendent à la gloire de Dieu, au profit spirituel du prochain et à notre propre salut. Cette grâce nous arrive sous toutes les formes et de toutes les manières: inspirations, bonnes pensées, sages conseils, exemples, lectures, accidents heureux ou malheureux, tout peut être pour nous une occasion de grâce. .. On donne à cette grâce le nom à* actuelle, parce qu'elle nous est donnée pour accomplir prétentement un acte quelconque. S'il s'agit, par exemple, de pratiquer une vertu, de surmonter une tentation, Dieu vient à notre secours, et il nous donne la force d'accomplir le bien qu'il nous commande et d'éviter le mal qu'il nous défend. Quelque difficulté que nous trouvions à faire le bien, nous pouvons toujours dire avec saint Paul: Omnia possum m eo qui me confortât, « je puistout en celui qui me fortifie », parce que le secours de Dieu ne nous manque jamais... Si nous accomplissons des bonnes œuvres, s'il y a en nous quelque vertu et quelque bien, c'est à la grâce de Dieu que nous le devons; et, comme l'Apôtre, nous avons à reconnaître que c'est par elle que nous sommes ce que nous sommes : Gratia Dei sum id quod sum.
II. Ce que la grâce demande de nous. — La grâce de Dieu étant en nous le principe de tout bien, ce qu'elle demande de nous tout d'abord, c'est que nous reconnaissions son indispensable nécessité. Sans elle,
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Ce qu'elle exige de nous eucore, c'est que nous la désirions avec ferveur et que nous la demandions avec persévérance. En même temps que Notre-Seigneur nous déclare, que nous ne pouvons rien sans lui, il nous exhorte, il nous presse de lui demander son secours et sa grâce : Petite^ etdabitur vobis ; « demandez, et Ton vous donnera. » (Math, vu, 7. Luc, xi, 9.) C'est par sa naissance, sa vie, sa mort et sa résurrection, qu'il nous a mérité ce don surnaturel; et, pour nous raccorder, il a mis une condition : celle de la prière. Le moins que nous puissions faire, n'est-ce pas de nous adresser à &^ bonté, à son Cœur sacré, pour le prier de répandre sur nous les grâces qu'il nous a acquises à un si grand prix?
Avec la prière, d'autres moyens encore nous sont donnés pour obtenir les grâces spécialement nécessaires à chaque état, à chaque condition, à chaque situation, ce sont les sacrements. Recevons-les avec foi, avec piété, avec empressement. Mais surtout ayons fréquemment recours à la Pénitence et à l'Eucharistie, comme étant les moyens les plus efficaces pour recouvrer la grâce, la conserver et l'augmenter dans notre âme. Fidèles à demander la grâce par la prière, à la puiser avec abondance dans les sacrements, nous trouverons en elle le principe de nos mérites en ce monde et de la gloire qui les couronnera dans le monde à venir. Ainsi-soit-il.
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