VIII. — Péché originel
MUerêfê mêi, Dew, (Pt. l, I.) Ayei pitié de moi, ù mon Ditn !
Voilà le cri que l'homme, accablé en ce monde de toutes sortes de misères, fait monter vers Dieu. Quel est donc ce mystère! L'Écriture nous apprend que l'homme a été créé à l'image de Dieu; et cet homme, il n'apporte en naissant que les vagissements, la faiblesse, l'infirmité, l'ignorance et une pente fatale à tous les vices.« . Est-ce bien là une image de Dieu?... ou bien quelque désordre estril survenu dans ce chefd'œuvre du Qréateur?...
Ce que nous voyons de l'homme aujourd'hui nous révèle : ^^ la chute originelle; V sa transmission; 3* ses suites,
L La chute originelle.'^ Dieu, en faisant l'homme à son image, l'avait créé dans un état d'innocence, de sainteté, de perfection, d'immortalité... L'innocence de nos premiers parents était leur magnifique parure.. . Sans habitS) dit l'histoire sacrée» ils ne rougissaient-, v^
point (Qen., il, 25), etTÎTstient avec Dieu dfinÈ l6 com-^ merce le plus familier... Quelle était leur éminente sainteté I Nous pouvons nous en faire une idée par tout ce que Notre-Seigneur JèsufihCftirist, le nouvel Adam» nous a rendu par la Rédemption : connaissance parfaite de Dieu... reconnaissance, amour... Leur &me brillait de toutes les perfections. Ils avaient la science et r Intelligence de toutes choses. Nous voyons le Seigneur amener à Adam les êtres animés de la création, pour qu'il les appelât du nom qui leur convenait... (Gen., ii, 19.) Adam et Eve étaient heureux ; et Dieu, par un surcroît de libéralité, voulut que ce bonheur fût étemel...
Mais, parce que l'homme était intelligent et doué de raison, Dieu lui donna la liberté et voulut le mettre à répreuve pour lui fournir l'occasion de mériter. « Tu mangerasDflui dit-il, «de touslesfruits que produisent les arbres du paradis, mais tu ne toucheras point Tarbre de la science du bien et du mal. Dès le jour où tu mangeras de son fruit, tu mourras de mort : Morte morieris.,.^ (Gen., ii,17.) Vous connaissez assez la Suite lamentable delcette histoire. Le démon slurvient, tente la première femme, qui succombe et entraîne Adam danssadésobéissance. . .(Gen. , m.] Al'instant leur&yeux s'ouvrent, et tout d'abord ils se prennent à rougir de leur nudité. (Ib., 7. ) La robe de leur innocence était perdue.. Jls ont peur de Dieu et se cherchent un abri dans Tépaisâeur des bois. Voilà la femme condamnée aux douleurs et à la soumission envers Thomme. Désormais Adam n'aura du pain pour lui et les siens qu*à la sueur de son front... U verra toute la u&tMt^ ^^
révolte contre {lui, comme il s'est révolté contre son Créateur... Et eoûn, il arrivera à la mort par un di^ min de souffrances, d'amertumes, de larmes. Quel motif de désespoir, si Dieu n'avait tempéré sa jiiH tice par les promesses de sa miséricorde I... [
II. Sa transmission. — Tous les anathèmes fulminés contre Adam coupable ont frappé sa postérité. C'est Ui[ un fait que l'océan des misères humaines ne penEiM$ pas de nier. Il n'y a pas d'autre explication possiUf aux maladies, aux douleurs, aux adversités que neuf éprouvons ici-bas... L'homme ne peut être puni qjjf parce qu'il est coupable... Aussi l'Âpôtre nous ditr^l que (( tous ont péché en Adam. » (Rom., v, 12.)
Comment la faute d'un seul se transmet-elle à toi;^ sa postérité? C'est là, sans doute, un mystère... To^ tefois, si nous ne comprenons pas la manière dont sq transmet le péché originel, les preuves de sa transmission surabondent... f
La Bible proclame cette vérité : [ « J'ai été conçu dans riniquité et formé en péché dans le sein de ma mère. » (Ps. l, 7.)
« Qui est exempt de souillure T » s'écrie Job. « Pe^ sonne, pas môme l'enfant d'un jour. »— «Lamort », dil saint Paul, « a passé dans tous les hommes par celui en qui tous ont péché... » (Rom., v, 12.)
Tous les saints docteurs sont unanimes à établir ca dogme... L'Église catholique fait administrer le baptême aux enfants... Elle frappe d'anathème celui qu oserait nier la transmission du péché d'Adam à famti sa postérité... Les traditions païennes s'accordent ei cela avec là croyance cal\xo\\(\yi^ . ÇisAz tous les peuplai
^{ly a des rites expiatoires pour purifler l'enfaDt à sa ice... II est donc bien Trai que tous nous nais* coupables...
^Wi.JSiàtes du pédié originel. — Pour le corps, c'est mjettissement aux souffrances et à la mort . . Pour rime, la privation de la grâce sanctifiante, par cooséftfMt du droit au bonheur du ciel... l'ignorance de it, qu'il nous est si difficile de vaincre... la con- [kfjpteeence de la volonté, c'est-à-dire cette pente au qui nous est si naturelle et que nous ne pouvons lonter sans un secours particulier de Dieu. .. Quant FFautre vie, le péché originel nous prive de la vue de Notre-Seigneur l'a dit formellement : « Rien de noillé ue peut entrer dans le royaume des cieux. » fj^c, XXi, 27.) Bénissons l'infinie miséricorde de Hèù de nous avoir doimé dans le baptême un remède tûù si grand malheur, et par reconnaissance vivons iiiTrai8 disciples de Jésus-Christ.