I. Son essence. — Comme tous les autres sacre
mentg, le Baptëine est un signe extérieur et sensible de la gr&ce intérieure qu'il produit. Il se compose* d'éléments sensibles qui lui sont propres et qui figurent cette grâce qu'il est destiné à produire. L'élément ou la matière du sacrement de Baptême est Teaunar. turelle de source, de puits, de rivière, de mer. Gomme la principale propriété de l'eau est de laver et de purifler ce qui a été souillé, on comprend pourquoi elle est employée dans le premier de tous les sacrements, qui a pour but de laver et de puriGer l'âme de la souillure originelle, et d'effacer même jusqu'à la dernière trace de tous les autres péchés qu*on aurait pu commettre avant la réception de ce sacrement. Quelle que soit la manière d'administrer le Baptême, par immersion, par aspersion, par infusion, la forme ou les paroles que Ton prononce, achèvent de déterminer la sigiiillcalion propre et l'effet spécial de ce premier moytîH do salut dans Tâme qui le reçoit. En versant l'eau sur la personne baptisée, on dit : « Je te baptise, r/est-à-dire, je to lave, je te purifie au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » On ne peut exprimer plus clairement que la personne qui est lavée par le contact do Toau matérielle, est intérieurement purifiée, par l'cffuifion de la grâce spirituelle, de toutes les souillures du péché.
Comment ne pas admirer ici la bonté, la sagesse et la puissance de Dieu, d'avoir fait de l'élément le plus simple, le plus commun et le plus facile à trouver, l'instrument d'une aussi grande merveille que celle de notre régénération spirituelle? L'honneur de devenir enfants de Dieu, d'enfants de colère que nous étions
— par notre misérable nature, natura filii irx (Eph. , ii, 3) ; ^ le bonbeur de vivre dans la grâce et l'amitié de Dieu, --. en 06 monde ; l'espérance de le posséder et de jouir de ^ sa gloire toute l'éternité, seraient- ils acbetés à un trop -, haut prix, s'il nous fallait dépenser une grande partie ^ àe nos biens, faire de longues et pénibles rechercbes, J- entreprendre delongset coûteux voyages, pour obtenir ; de si nobles et de si précieux avantages ? Non certes, ; et nous devrions nous estimer très heureux de pouvoir sacrifier mille fois la vie du temps pour mériter ~ celle de l'éternité... Combien ne devons-nous pas être reconnaissants envers Dieu de nous avoir rendu d'un accès si facile la porte du salut par le sacrement de Baptême!...
IL Son institution. — Ce sacrement a été institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Selon la doctrine des saints Pères et du Catéchisme du concile de Trente, c'est au moment de son propre baptême par saint Jean-Baptiste dans le Jourdain, que le Sauveur a élevé à la dignité de sacrement Faction symbolique de laver et de purifier le corps par le contact de Teau. Alors, dit saint Augustin, l'eau naturelle, par son attouchement avec la sainte humanité du Sauveur, reçut de lui la vertu divine de régénérer les âmes, lorsqu'elle serait employée conformément aux règles qu'il établirait. Ce fut en ce moment aussi que se manifesta solennellement la très sainte Trinité, au nom de qui devait s'opérer cette régénération spirituelle. On entendit, en effet, le Père prononcer du haut du ciel ces paroles : u Celui-ci est mon Fils bienaimé. » (Matth., m, 17.) Le Filséta\l\^,^\.\'^'S>^^-
Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colonbei ' Alors aussi les cieux s'ouvrirent, et il nous fut permis d'espérer d'y entrer par le saint Baptême .
Oe ne fut néanmoins qu'après sa résurrection que JésusjChrist ordonna à ses apôtres de se répandre par tout le monde pour enseigner les nations et les hsftiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Euntes ergo^ docete omnes gentes, baptisantes eo$ « nomine Poim, et Filii^ et Spiritus sancti. (Matth. , xxviu, 19) Ainsi il demeure établi avec la dernière évidence que Notre-Seigneur a déterminé lui-même la matière et la forme du sacrement de Baptême. Il nous reste à en voir l'indispensable nécessité pour être sauvé...
III. Sa nécessité. — Un sacrement peut être nécessaire de deux manières : « de nécessité de moyen », comme disent les théologiens, et « de nécessité de précepte ». Le Baptême est de nécessité de moyen, c'està-dire tellement indispensable, que, si on ne le reçoit pas, on ne peut être sauvé. Jésus-Christ, dans son entretien avec Nicodème, l'a répété jusqu'à trois fois : oEn vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui ne renaît pas de Teau et du Saint-Esprit ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu. » (Joan,, m, 5.) Ainsi, selon l'institution de Notre-Seigneur, le Baptême est absolument nécessaire pour entrer dans le royame de Dieu...
Considéré dans sa nature, le sacrement de Baptême nous donne la naissance spirituelle. Or, la première condition, la condition indispensable à la vie spirituelle, qui doit conduire au ciel, c'est de naître à cette vie spirituelle : saxis c^A^ oM\i^ U possédera jamais.
^ais, jquelque absolue que soit la nécessité du Baptême, il est certain, d'après la doctrine de l'Église, qa'on peut y suppléer de deux manières : par le désir et par le martyre. Saint Jean dit, en effet, que de même ^*ils sont trois dans le ciel à rendre témoignage, savoir : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, il y a trois choses aussi sur la terre qui rendent témoignage : Tesprit, le sang et l'eau. (Joan., v, 7.) Par l'esprit, il &ut entendre le désir, qui, chez les adultes, peut remplacer le baptême qu'ils sont dans l'impossibilité de recevoir. Ce désir de recevoir le Baptême, accompagné d'une charité parfaite, tient lieu du sacrement. Par le sang, il s'agit du martyre, qui, chez les adultes et même chez les enfants, tient lieu du Baptême, quand il est subi pour le nom de Jésus-Christ. C'est ainsi que l'Église honore publiquement comme martyrs les enfants mis à mort par la cruauté d'Hérode... Dans son amour. Dieu a voulu que le Baptême, qui est la condition absolue du salut éternel, pût être suppléé par l'ardent désir de le recevoir, quand on est dans l'impossibilité de se le faire administrer. Il a voulu aussi que toute personne, en cas de nécessité, fût ministre de ce sacrement, afin de rendre facile à tous l'accès de l'éternelle félicité.