IV. — Le Baptême (ses effets
Sed ahluti estis, ted h estis, ied juttificati ett» w mine Domini nottri Jesu Clrûl] (I Corinth., vi, H.)
Vous ayez été prvrifiés, ▼ou i été sanctifiés, yoiis ares été jt fiés, au nom de Nôtre-Seigneur U-] sus-Christ.
Dans ces quelques mots, Tapôtre saint Paul renfenu les effets que le Baptême produit dans Tâme de cetni qui le reçoit. Avant sa régénération spiritaéUfi, l'homme est souillé de la faute originelle, il est au yeux de Dieu un objet d'horreur. Au lieu d'être limage de son Créateur, il porte la ressemblance du démon. Héritier de ladéchéance de son premier père, il est sous le poids de l'iniquité, et il reste débiteur de toutes les peines et de tous les châtiments qui en sont la suite. Dépouillé de la grâce, il est incapable d'accomplir aucune œuvre de sanctification, ni d'acquérir aucun mérite devant Dieu. Mais à peine cet homme ou cet enfant a-t-il été lavé de Tonde baptismale, à peine a-t-on prononcé sur lui cette courte formule : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du saint Esprit » , qu'une subite transformation s'opère en lui ; il renaît à une vie nouvelle, non plus terrestre et coupable, comme celle qu*il tire d*Adam, mais céleste et divine, qui est celle de Jésus-Christ. Et, pour nous en tenir aux effets marqués par saint Paul, le baptême \** Tiow^^uTvSL^«,%eai a\>ViX\ e«tûi \ t<» il nous
justifie, sed justiflcati estis; 3® il nous sanctifie, sed sanctificati estis.
I. Le Baptême nous purifie, — Le premier effet du Baptême, c'est d'effacer dans l'âme le péché originel, r et même les péchés actuels, quand celui qui le reçoit ?' est un adulte qui en a commis. De telle sorte que nous pouvons dire, après saint Augustin, que le salû crement de la régénération nous est plus utile que la f prévarication d'Adam ne nous a été préjudiciable. « Quand nous venons au monde par la génération de la chair, nous contractons seulement le péché originel que nous tirons d'Adam ; mais quand le Saint-Esprit nous régénère dans le Baptême, non seulement le péché originel nous est remis, mais encore tous les péchés actuels qno nouis avons commis volontairement. » (Saint An^, , de Pecc.)
Cet effet du Baptême nous a été figuré dans Naaman le lépreux, qui, iptès s'être lavé dans le Jourdain, fut si bien guéri de s^a hideuse maladie, que « sa chair devint aussi pure, aussi fraîche que celle d'un petit enfant. » (IV Reg., v, 14.) En effaçant les péchés, le Baptême remet entièrement la peine tant éternelle que temporelle qui leur est due. C'est pourquoi l'Église n'a jamais imposé de pénitence aux adultes qui reçoivent le Baptême pour les péchés qu'ils ont commis, comme elle en enjoint une aux fidèles qui s*approchent du tribunal de la Pénitence. Si donc un adulte venait à mourir immédiatement après avoir été baptisé, il irait droit au ciel, parce que les mérites de Jésus-Christ lui sont appliqués sans limite
IHhil remanet datmuUùmis in m, qui eum Christo canu* fnUU lunt per baptismum in mortem.
Un Uoisième effet du sacrement de Baptême est d'amortir et d'abattre la coDCupiscence. Dieu, dont les conseils sont pleins de justice et de sagesse, a voulu nous laisser assujettis aux suites du péché, pour nous rappeler notre déchéance originelle et les misères dont elle fUtla source, afin de nous faire pratiquer .j l'humilité, d'éprouver notre fidélité, et de nous fournir l'occasion d'acquérir des mérites. Mais, d'un autre cdté aussi, par le Baptême, nous recevons des grâces particulières pour triompher de tous les obstacles que le monde, le démon ou la chair peuvent opposer à l'œuvre de notre salut éternel. C'est par le Baptême enfin que nous serons délivrés un jour de toutes ces misères, puisque c'est lui qui nous ouvre le royaume des cieux, où nous n'aurons plus rien à craindre de la part de nos ennemis.
II. Le Baptême nous justifie. — En môme temps que le Baptême nous délivre de tous nosjpéchés et nous purifie de toutes nos souillures, il nous revêt de la justice de Jésus-Christ : sed justi/icati estis.
Il rétablit notre âme régénérée dans un état non seulement de simple innocence, qui ne consiste que dans l'absence de tout péché, mais de véritable justice, par le don des vertus théologales de foi, d'espérance et de charité: de sorte que l'âme, de morte qu'elle était auparavant par le péché qui la séparait de Dieu, devient vivante par les vertus qui l'unissent à Dieu ®t la rendent l'objet de ses complaisances... Par la ie que nous communique le Baptême^ nous con-
raclons arec les trois personnes de l'adorable Trinité, mi nom de qui nous sommes baptisés, l'union la plus Cktitte et la plus étroite. Nous devenons enfants du ■%rc : « Voyez j) , nous dit l'apôtre saint Jean, « quelle •liaiité le Père nous a accordée, de vouloir que nous Soyons appelés et que nous soyons en effet les enfants le Dieu. » (I Joan., m, 1 .) Et saint Paul : « L'Esprit- Srint lui-même rend témoignage à notre esprit que aous sommes les enfants de Dieu. » (Rom., vm, 16.) Enfants du Père par adoption, nous devenons aussi les Orères adoptifs et les cohéritiers de Jésus-Christ, qui est le Pils de Dieu par nature. Nous sommes entés sur JéeuS'Christ, unis et incorporés à Jésus-Christ, qui devient notre frère aîné, le maître dont nous sommes les disciples, le chef dont nous sommes les membres, le cep dont nous sommes les branches. Dès lors nous sommes chrétiens, c'est-à-dire serviteurs, disciples, sujets de Jéras-Christ.
Par la grâce sanctifiante et la justice que nous recevons dans le Baptême, nous devenons les temples vivants du Saint-Esprit : « Ne savez-vous pas » , écrit saint Paul, « que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous? » (I Cor., m, 16.)
III. Le Baptême nous sanctifie. — Élevés par le Baptême au rang sublime d'enfants de Dieu, de frères et de membres de Jésus-Christ, de temples du Saint-Esprit, nous sommes pur là même séparés des profanes, et mis au rang des choses spécialement consacrées à Dieu. Notre âme est marquée d'un caractère ineflaçable, qui est comme le cachet et le sceau de ce qui appartient à Dieu. Ce caractère, sigmûfe ^^^ \^ ^ivûX.
chrême imprimé sur notre front, nous place au des fidèles et nous distingue des infidèles, de; même manière que la consécration d'une la distingue et la sépare de tous les autres édifie publics. La qualité de fidèles nous donne droit autres sacrements, et nous rend participants tous les biens et de tous les avantages dont joi sent les membres de la véritable Église, qui appelés l'assemblée des saints. Puisque par le tême nous sommes sanctifiés dans notre àme < dans notre corps, la conclusion pratique, c*est tout en nous doit être saint et digne de n( sublime vocation. Il ne nous servirait de d'avoir été sanctifiés dans notre âme, si nos pei nos désirs, nos affections, nos sentiments, n'él pas conformes à ceux de Jésus-Christ, à qui nous avoi été incorporés par le Baptême. Il ne nous serviraif de rien d'avoir été sanctiGés dans notre corps, si noi faisions encore de nos membres des instrum^ts] d'iniquité, si nos paroles et nos œuvres étaient contradiction avec notre croyance et nos engage-' ments. Souvenons-nous donc de conserver avec le plus grand soin la pureté, la justice et la sainteté quej nous avons reçues par le Baptême, afin que nous puissions heureusement arriver au céleste royaume, dont * il est la porte. ^