II . De renoncer au demon^ à ses pompes et à ses œuvres
— La seconde obligation du chrétien qui a reçu le
Baptême, c'est de renoncer à Satan, à ses pompes cl à
ses œuvres. Avant même de demander au catécau-
; mène sa profession de foi et de le marquer de l'huile
•' sainte, le prêtre lui dit : « Renoncez vous à Sutan? »
et il répond : « J'y renonce. — Renoncez- vous à ses
y œuTFes? — J'y renonce.— Renoncez-vous à se-^ pom-
!!* pesT — J'y renonce. » Pour nous faiie comprendre
t toute Timportance de cette promesse, les saints Pères rappellent un contrat, un pacte ;[tassé entre nous et lieu, un vœu solennel et même le plus grand de tous TiBux. PromesEe, dit en particuliersaint Ambroise,
qui n'a pas été seulement inscrite dans le registre de votre baptême, mais encore dans le livre de vie, et dont Dieu lui-même s'est fait le dépositaire.
Or, en renonçant au démon, vous vous êtes engagés à ne jamais plus devenir ses esclaves par le péché; vous avez accepté l'obligation de combattre les penchants déréglés qui restent inhérents à votre nature, et dont le démon se sert comme d'appâts pour vous faire tomber dans ses pièges et vous soumettre de nouveau à son empire.
Par les pompes de Satan, il faut entendre ce monde qui se gouverne et se conduit par des maximes opposées à celles de l'Évangile, et qui est dominé, comme dit saint Jean, par l'orgueil, l'avarice et la sensualité: Omnequod est in mundo^ concupiscentia carnis est^ et am-' cwpiscentia oculorum^ et superbia vitx. (I Joan., ii, 16.) Ce monde, Jésus-Christ Ta maudit; et vous ne pourriez, sans être parjure, vous faire son partisan et. son esclave. D'ailleurs, le Sauveur l'a dit : « Personne ne peut servir deux maîtres. » Nemo potest duobus dominis servire... (Matth., vi, 24. Luc, xvi, 13)
III. De vivre selon la doctrine et les exemples de Jésus- Christ. — Le maître que vous avez contracté l'obligation de servir en recevant le Baptême, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il vous a affranchis de l'esclavage honteux du démon; il vous a puriQés de vos péchés; il vous a donné sa grâce, vous a enrichis de ses mérites. Vous êtes devenus ses disciples et les membres de son Église. N'esj^e pas d'une conséquence rigoureuse que vous lut restiez irrévocablemeni attachés? Ne serait-ce pas le comble de l'ingratitude que de
"^'Yous mêler par les habitudes de votre vie à Tassem- ^'~'- blée de ceux qui font profession d'être les ennemis de votre maître ? Régénérés en Jésus-Christ par le Bapî tême, il faut que vous puissiez dire avec saint Paul : « Je vis^ mais ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus - Christ qui vit en moi, » Vivo autem, jam non ego, vivit vero inme Christus. (Gai. ii, 20.) Mais la vie, comment se manifeste-t-elle ? C'est par les pensées, par les paroles, parles œuvres. Par le Baptême, Vous vous êtes engagés à conformer vos pensées, vos jugements, vos appréciations, aux pensées, aux jugements, aux appréciations de Jésus-Christ, à régler d'après son Évangile vos paroles et vos discours, à prendre sa conduite pour modèle de la vôtre... Telles sont les obligations que vous avez contractées à votre baptême. Soyez-y fidèles : car, au dernier jour. Dieu ne reconnaîtra p®ur siens et n'admettra dans sa gloire que ceux qu'il aura trouvés conformes en toutes choses à Jésus-Christ, son Fils, qui vit et règae avec lui dans les siècles des siècles.
YI. — La Confirmation.
Imponehani manut super ilîot, et aedpiebant Spiritum tanctuM. (Act., TIII, 17.)
On leur imposait les mains, et ils recevaient le Saint-Esprit.
Ainsi que nous le lisons au livre des Actes des apôtres, lorsque les habitants deSamarie eurent reçu le Baptême des mains de saint Philippe, la nouvelle I. 22
en parvint à Jérusalem. On envoya auprès d'eux Pierre et Jean, qui, étant arrivés, prièrent afîn que le Saint-Esprit descendit sur eux. Car, dit le teste sacré, TEsprit-Saint n'était pas encore venu sur aucun d'eux, mais ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit. (Act., viii, 5-17.) Cesl ainsi qu'aujourd'hui encore, après la réception du Baptême, qui nous fait enfants de Dieu et de l'Église, et disciples de Jésus-Christ, nous recevons encore le Saint-Esprit par l'imposition des mains de l'évêque dans le sacrement de Confirmation.
Quelle est 1*» la nature? quels sont 2** les effets? ei 3^ les avantages de ce sacrement ? c'est ce qui va être le sujet de votre pieuse attention.
I. La nature. — Selon la remarque très juste du saint pape Melchiade, il y a une étroite liaison entre le Baptême et la Confirmation ; il faut se garder cependant de les confondre, car ce sont deux sacrements tout à fait distincts. En effet, la distinction des sacremeuts est fondée sur la diversité des grâces qu'ils opèrent et des symboles qui représentent ces grâoes. Or le propre du Baptême est de nous régénérer à une vie nouvelle; celui de la Confirmation est de nous dé^î^ger des faiblesses de l'enfance et de nous élever à la virilité. Par conséquent, autant il y a de dilférence entre la naissance et l'accroissement dans Tordre de la nature, autant il y en a entre le Baptême, qui nous fait naître, et la Confirmation, qui nous fait hommes parlaits et vigoureux. D'ailleurs, les sacrements ont été institués pour répondre aux divers be-
soins de Tàme. Nous avioDs d'abord besoin delà grâce du Baptême, afin d'être éclairés des lumière» de la foi ; mais une autre grâce nous est fort utile pour nous fortifier dans cette même foi, de telle sorte qu'aucune menace, aucun danger, aucune peine, aucun supplice, ni la mort même ne soient capables de nous en faire dévier. Or yoilà ce qu'opère en nous la Confirmation et ce qui nous montre clairement que ce sacrement est d'une nature différente du Baptême. Le saint pape Melchiade encore fait un parallèle remarquable entre les deux : « Dans le Baptême, » ditil, a l'homme est enrôlé dans la milice; dans la Confirmation, on lui donne des armes pour le combat» Aux fonts baptismaux, le Saint-Esprit nous confère la plénitude de l'innocence; dans la Confirmation, il complète la grâce du Baptême. Dans le Baptême nous sommes régénérés pour vivre ; après le Baptême, confirmés pour combattre. Dans le Baptême, nous sommes purifiés ; après le Baptême, fortifiés. La régénération suffit aux baptisés pour les sauver dans la paix ; mais s'agit-il de guerre? c'est la Confirmation qui nous prête des armes et nous inspire le courage, n
La matière de ce sacrement est le chrême, c'est-àdire le mélange d'huile et de baume que l'évoque consacre solennellement pour les onctions saintes. L'huile, qui coule et s'étend facilement, est l'image de la grâce du Saint-Esprit se répandant sur notre âme. Le baume, par son parfum, signifie la bonne odeur de Jésus-Christ que doit exhaler le chrétien confirmé, par les bons exemples de sa conduite et de sa vie : car, dît saint Paul, a nous sommes devant Dieu la bonne
Odeur de Jésus-Christ. » (IICoriQth.,11, 15.) Une autre propriété du baume est de garantir les corps de la corruption. Quel symbole plus expressif pour dépeindre l'effet de la Confirmation 1 Le propre de ce sacrement n'est-il pas de préserver nos âmes de la contagion du péché? La forme de la Confirmation consiste dans les paroles que prononce Tévêque : «Je TOUS marque du signe de la croix, et je vous confirme par le chrême du salut, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Elle exprime tout ce qui caractérise la nature de ce sacrement.
IL Effets. « La Confirmation a cela de commun avec tous les autres sacrements, qu'elle ,nous donne une grâce nouvelle, dès qu'on ne met pas obstacle à son efficacité. Mais, outre ses effets, elle a ceci de spécial, qu'elle perfectionne la grâce du Baptême. Par le Baptême, nous sommes initiés à la vie chrétienne. Mais, semblables à des enfants nouveau-nés, nous restons encore faibles et délicats. L'onction du ^aint chrême nous communique la force. Elle nous transforme en des hommes robustes, capables de résister à tous les assauts de la chair, du monde et du démon... Elle donne à notre foi la vigueur et la hardiesse nécessaires pour confesser et glorifier le nom de Jésus-Christ en toute circonstance. C'est de là, sans nul doute, que ce sacrement a tiré son nom de Confirmation... Rien ne peut mieux nous faire comprendre la puissance et les effets de ce sacrement que le changement merveilleux et soudain qu'opéra la descente du Saint-Esprit sur les apôtres dans le cénacle. A peine sont-ils remplis de la vertu d'en haut,
qu'affranchis de toute crainte, ils publient hardiment l*Évangile... Désormais ils ne trouvent pas de plus grand bonheur que d'être jugés dignes de souffrir pour le nom de Jésus-Christ les affronts, les chaînes, les tourments et les croix. Voilà ce qu'opère encore le sacrement de Confirmation en ceux qui le reçoivent dignement...
III. Avantages, — Ce sacrement n'est pas d'une né* cessité absolue pour le salut, mais ce serait se priver de grandes grâces que de négliger de le recevoir. Il est souverainement avantageux pour tous les chré^ tiens de recourir à un moyen de sanctification que Dieu a préparé à tous dans les trésors infinis de sa miséricorde. Le cénacle étant la figure de TÉglise, saint Luc nous fait entendre que le sacrement de Confirmation, qui fut inauguré le jour de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, est réellement institué pour tous les fidèles. N'est-il pas de la plus haute convenance pour tous de grandir spirituellement et de devenir de parfaits chrétiens ? C'est le vœu de la nature, bien qu'elle ne l'atteigne pas toujours, que l'enfant qui vient au monde se développe et parvienne à la virilité ; c'est aussi le vœu ardent de l'Église catholique, la mère commune de tous les fidèles, de voir chacun de ceux qu'elle a engendrés par le Baptême, s'élever à la perfection du caractère chrétien. La Confirmation est le sacrement destiné à produire cet effet : c'est donc évidemment un devoir pour tous iesfidèles de le recevoir. Enfin, si ce sacrement n'est pas absolument nécessaire au salut, comme le Baptême, il a au moins l'avantage de le rendre ^l\i^ l%j^\\& ^^
nous donnant la force de triompher de tous nos ennemis. 11 est pour nous un moyen d'augmenter nos mérïtes devant Dieu, et de nous préparer à un plus haut degré de gloire dans le ciel. Recevons-le donc avec empressement et reconnaissance; et, si déjà nous avons eu le bonheur de le recevoir, rendons-nous de plus en plus dignes de la surabondance des dons du Saint-Esprit par la vivacité de notre foi et la sainteté de notre vie.
VIL — Confiriuation (Dispositions, obugations).
Accipietû virtutem superv^nim^ Us Spiritus sancii,,., et eritis mi-
hi testes, (Act., i^ 8.)
Vous recevrez le Saint-Esprit..., et TOUS me rendrez témoignage.
Avant de remonter à soq Père, le Seigneur Jésus annonça à ses apôtres qu'ils recevraient la vertu du Saint-Esprit, et qu'ils lui rendraient témoignage à Jérusalem» dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. Dix jours après . TAseension, pendant qu'ils étaient renfermés encore dans le cénacle, persévérant dans la prière avec Marie mère de Jésus, erant persévérantes unanimiter in oratione eum... Maria matre Jesu (Act., i, 14) un bruit semblable au tonnerre se fit entendre, et ils virent descendre sur eux le Saint-Esprit en forme de langues defta. (Aet., n, 2-i.) Aussitôt les voilà transformés en hommes nouveaux, et ils commencent à prêcher couragewmximA le nom de îfe«w&-Ç.V«Ssl^ «ans rien erain*
dre désormais de la cruauté dés Juifs qui avaient mi^
à mort leur divin Maître Gomme les apôtres, tous
les chrétiens reçoivent aussi le Saint-Esprit dans la Gionfirmation, et il doit opérer en eux les mêmes effets, s'ils s'y disposent saintement.
Apprenons donc 1^ les dUposïtiom que demande ce sacrement ; 2** les obligations qu'il impose.
I. Dispositions. — Pour comprendre les dispositions que réclame du chrétien le sacrement de Confirmation, rappelons-nous comment les apôtres ont été préparés à recevoir le Saint-Esprit. Ils étaient d'abord en état de grâce. Notre-Seigneur lui-même avait purifié leur âme la veille de sa passion, avant l'institation de la sainte Eucharistie, et il leur avait dit : « Vous êtes purs, » mundi estis. (Joan. xiii, 10.) Ainsi est-il nécessaire que le chrétien qui se prépare à recevoir la Confirmation, soit exempt de tout péché mortel, ou qu'il se purifie préalablement de toutes ses souillures par le sacrement de Pénitence. Selon l'enseignement de l'Église, la Confirmation est un sacrement des vivants, c'est-àdire un de ceux qu'on ne peut recevoir sans être en état de grâce. Ce serait commettre un sacrilège que de se présenter àl'évêque pour être confirmé, sans avoir purifié son âme de tout péché mortel. Cette première disposition est donc rigoureusement requise et absolument indispensable.
Une seconde disposition, c'est d'être instruit des principales vérités de la foi, des principaux devoirs du chrétien, et surtout de ce qui regarde le sacrement de Confirmation. Moins essentielle que la première, cette disposition est cependant très importante^^t^^
que plus on connaît sa religion, plus on apprécie grâces dont elle est dépositaire, et plus oft est em sure d'y correspondre fidèlement; autrement, reçoit un trésor dont on ne connaît pas le prix, et ne songe pas même à en tirer profit. Avant d*^ au cénacle, les apôtres avaient été instruits parlé Christ lui-même, et, selon la recommandation i leur avait faite, ils se disposaient, dans le reçue ment et la prière, à recevoir cet Esprit divin, qui di leur enseigner plus parfaitement la vérité, la faire goûter et aimer. L'Église semble n'avoir tri que les ardents désirs qu'ils faisaient sans monter vers le ciel, dans la magnifique prose ç chante solenellement le jour de la Pentecôte : sancte SpirittiSj et emittecœlitus lucis tu3s radium, «V Esprit-Saint, et envoyez du ciel un rayon de lumière. »
Un ardent désir de s'affermir dans la foi chrét est, en effet, la troisième disposition spécialemei quise pour recevoir avec fruit la Confirmation que Dieu demande, c'est surtout le cœur ; et simple, humble, docile et remplie du désir sainteté, quoique ignorante jusqu'à un^certain ] sera toujours plus apte à recevoir ses grâces que éclairée par la science, mais qui serait dépourvi sentiments du cœur, de l'humilité de l'esprit, e tout du désir de son avancement.
C'est donc, à l'exemple des Apôtres, par le reci ment, la retraite, la prière et le jeûne, que devons nous disposer à recevoir le Saint-Espri la surabondance de ses dons.
es sont maintenant les obligations que nous le sacrement de Conflrmation î Wgations. — Nous apprendrons encore de lie des apôtres les devoirs qui résultent pour ) la réception du Saint-Esprit. Une fois remplis ivine flamme, lisons-nous dans le livre des Is commencèrent à parler : Repleti sunt omnes sancto^ et cœperunt loqui, (Act., il, 4.) Parler lusement, et enseigner toutes les nations, leur devoir, leur mission, leur vocation pare. Jésus-Christ le leur avait dit : Euntes ergo^. )mnes gentes, docentes eos servare omnia quasmandavi vobis. (Math., XXVIU, 19-20.) Comme res, le chrétien qui a été confirmé doit profes- )i ouvertement, courageusement. La croix que î a tracée sur son front avec le saint chrême, bligé désormais de la porter haut et ferme, un glorieux étendard. Ne serait-il pas un un parjure, s'il n'osait la défendre même au
son sang, s'il la laissait insulter?
seulement les apôtres enseignent la vérité ; 3ur suivre Jésus-Christ et publier la gloire de i, ils foulent aux pieds le monde, ses richesses, lirs, ses promesses et ses menaces. A ceux qui endent de prêcher une doctrine qui trouble ciences tarées et commande de réprimer les I coupables et les désirs criminels, ils réponec intrépidité : « Jugez vous-mêmes s'il ne s mieux obéir à Dieu qu'aux hommes? »
, 19.] Ainsi le chrétien confirmé a contracté ion de mépriser le monde, ses fausses maxi-
mes et tous ses enchantements indignes d^ inHte disciple de Jésus-Christ. iw
Enfin, les apôtres, fortifiés par la gr&ce du Suslilfû Esprit ont embrassé avec joie les soufft'anees, les eoi^lv tradictions, les persécutions, les outrages, les mé^; ils en sont venus à estimer comme un gain la mM la plus cruelle et la plus ignominieuse. Ibatn gomém tes a conspectu concilii^ quoniam digni hahiti simt pu nomme Jesu contumeliam pati. (Act., V, il.) Tous kl chrétiens qui ont reçu le bienfait de la GonflrmatioQi ne seront pas appelés à comparaître devant les tyrani ni à subir le martyre, comme les apôtres ; mais ib pourront se trouver en face des ennemis de leur fi» armés du sourire, de la moquerie, de Tinsulte et d« blasphème. C'est leur devoir de braver ces tyrans do geste, de la parole et de la plume. S'ils ne sont pas exposés à une mort violente, ils auront leur part des épreuves, des misères et des douleurs inséparables de la vie. Ils doivent se souvenir alors qu'en qualité de chrétiens parfaits, ils doivent porter avec patience et résignation leur croix à la suite de Jésus-Christ, afin de mériter de régner avec lui dans la gloire.
YlII. — L'Eucharistie (phésenge réelle).
Hoc est corpus meum. (Matth.»