XIII. — Sacrement de Pénitence
Quorum re^niseritis peccata, remittuntur eU ; et quorum reiinutm ritis, retenta sunt, (Joan., xx, 28. j
Les péchés seront remis k qui TOUS les remettrez, et ils seront retenus à qui tous les retiendrez.
Le Baptême nous fait naître à la vie spirituelle et surnaturelle; la Confirmation nous y établit à l'état d'hommes faits ; l'Eucharistie entretient en nous cette vie et l'augmente : mais aucun de ces sacrements ne nous affranchit complètement de notre faiblesse naturelle, et nous restons exposés au danger de perdre la grâce de Dieu et de donner la mort à notre âme par le péché. Notre-Seigneur Jésus-Christ , connaissant la fragilité humaine et ne voulant pas laisser périr éternellement la multitude d'infortunés pécheurs çui perdront J'inpoçeaçe duBaçt,ême^«i,^o^lvk>i^^S
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sa miséricorde, leur donner un moyen de se réconciiier avec la justice divine et de renaître à la vie delà grâce, quand ils auraient eu le malheur de la perdre. Ce moyen, ce remède, nous l'avons toujours prêt dans le sacrement de Pénitence, destiné à effacer les péchés commis après le Baptême.
Nous dirons : i"" la nature de ce sacrement ; 2* sa né* cessité; ^^les dispositions qu'il réclame.
I. Nature de ce sacrement. — La Pénitence, comme sacrement, consiste dans certaines actions extérieures et sensibles qui marquent ce qui est opéré dans Hqtérieur de Tâme. Comme, dans le Baptême, l'eau employée pour matière signiQe que la grâce lave intérieurement la souillure du péché, ainsi, dans la Pénitence, tout ce qui se fait extérieurement par le prêtre et le pénitent: la posture humiliée du pécheur,, l'aveu de ses fautes, la douleur qu'il en témoigne, la disposition où il est de les expier; les paroles de pardon que prononce le confesseur, l'absolution qu'il accorde : tous ces différents actes, dis-je, marquent la réconciliation intérieure qui se fait entre Dieu et l'homme, entre le pécheur et son juge. Le pécheur vraiment pénitent exprime parfaitement par ses actes et par ses paroles qu'il a renoncé au péché et qu'il le déteste. De son côlé, le prêtre nous manifeste également par ses actes et ses paroles la miséricorde de Dieu qui remet les péchés. Une preuve de cette vérité, c'est la parole du Sauveur à saint Pierre : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. (Matth., XVI, 19.) Quand, en vertu de ce pouvoir ^ le çrêtre
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:3it : « Je tous absous de vos péchés » , les péchés sont véritablement et directement remis. Le sacrement de Pénitence étant, comme tous les autres sacrements, d'institution divine, son efflcacité vient de la toutepuissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, représenté par les prêtres, à qui il a dit en la personne des apôtres : « Les péchés seront remis à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à qui vous les retiendrez. (Joan., XX, 23.) Les paroles de l'absolution dans la bouche du prêtre ont la mêmeva leur que celles de Jésus-Christ au paralytique : « Ayez conflance, mon fils, vos péchés vous sont remis. » (Matth., ix, 2.) De même que le paralytique fut guéri de son infirmité, de même le pécheur absous par le prêtre est purifié de ses fautes et délivré de toute iniquité.
Combien ne devons-nous pas être reconnaissants envers Notre-Seigneur I car, s'il a élevé la Pénitence à la dignité de sacrement , c'est pour nous donner un gage certain, assuré, évident, de la rémission de nos péchés... L'absolution du prêtre nous donne la confiance que nos fautes nous sont pardonnées, et la foi que nous devons avoir dans l'elficàcité du sacrement, tranquillise notre conscience infiniment mieux que ne le pourraient faire nos meilleures dispositions personnelles.
IL Sa nécessité. — Si la Pénitence est, comme nous venons de le voir, un véritable sacrement, elle est aussi d'une absolue nécessité pour tous ceux qui ont perdu par le péché mortel la grâce du Baptême. Notre-Seigneur le dit formellement : « Rien de souille n'entrera dans le royaume des cieux* » Nonintrabitin
eam aliquod coinquinatum. Apoc., xxu S7.) Il fSuit l^ 1 (^ présenter avec rinnoceDce conaenrée ou au moiu | q, réparée. Or, quand on a eu le malheur de la perdu, il n*y a qu'un moyen de la recouvrer : la PéniteDot Voilà pourquoi les saints Pères appellent ce sacrement la seconde planche après le naufrage : Monub post naufragium tabula. Celui donc qui ne veut pis s'exposer à périr éternellement, n'a d'autre moyen de salut que celui qui lui est offert dans ce sacrement, a Si vous ne faites pénitence, » dit Jésus-Christ, o ?ous péi rez tous semblablement. » Si pœniUntiamnanegm Us^ omnes similiter peribitis. (Luc, xiif,5.) Est-il pajrole plus claire et plus formelle pour établir la nécessité de recourir au sacrement de Pénitence, quand on a eu le malheur de se rendre coupable de péché après le Baptême ? Ce serait une erreur de prétendre qu'il s'agit ici seulement de la pénitence intérieure, c'est* à-dire de la vertu de pénitence, qui consiste dans le repentir, la douleur, l'amertume de l'&me qui abhorre et déteste le péché : car la contrition parfaite ellemême ne peut justifier devant Dieu qu'autant qu'elle est jointe à la disposition, au vœu de recourir au sacrement de Pénitence, de telle sorte qu'il n'y a pour le pécheur de salut à espérer que par le sacrement de Péniteuce, ou réellement reçu ou sincèrement désiré. C est parce que ce sacrement est de nécessité de moyeu, comme disent les théologiens, que TÉglise en fait aussi une neoe^ité de précepte, c'est^-dire Tobjot d*uu commandement spécial...
111. DUtasUions quU réclame. -^ Personne ne pou*^ vaut être sauve qu*en vertu de la passion de Jésus-^
Christ, il était très convenable en soi et très utile pour nous qu'il y eût un sacrement particulier pour nous appliquer les mérites de son sang et effacer les péchés commis après le Baptême.
Mais, pour avoir toute son efficacité, ce sacrement exige certaines dispositions de la part de ceux qui le reçoivent. La première, c'est le renoncement absolu au péché et le regret de Tavoir commis. C'est par là, en effet, que doit commencer la réparation. Ce serait peu de donner extérieurement des marques de pénitence, si on ne changeait intérieurement de volonté et de dispositions : Scindite corda vestra, et non vestimenta veftra. (Joël., ii, 13). Notre-Seigneur ayant établi le sacrement de Pénitence sous forme de jugement, une seconde disposition du pécheur qui vient solliciter son pardon, c'est l'aveu humble et sincère de toutes ses fautes. C'est en connaissance de cause que le prêtre doit prononcer sa sentence. Il doit pardonner les péchés ou les retenir au besoin. Mais il né peut le faire qu'autant que le pénitent lui ouvre l'intérieur de son âme et lui révèle jusqu'à ses plus secrètes pensées... Enfin, tout péché exigeant réparation, le pénitent, pour être justifié, doit être dans la dilsposition de satisfaire à Dieu et aux hommes par des actes expiatoi^ res. C'est pour cela que le prêtre impose une pénitence. Comme malade, le pécheur doit encore se soumettre aux remèdes que le confesseur, en qualité de médecin spirituel, croira devoir lui prescrire pour sa guérison ou sa préservation contre tout danger de rechute.
Ayons souvent recours à cette salutaire piscine
pour purifier notre ftme de ses souillures, usons 8e a; remède pour nous guérir de nos infirmités et retroo' ver la \ie de la grâce, pour mériter la vie de la gloire.