XV. — Contrition (MOTIFS
Iniquitatem meam ego cognosco, et peccalum mcfim contra me est semper, (Ps., l, 5.)
Je reconnais mon iniquité, et mon péché est toujours devant moi.
Nous ne pouvons lire sans en être profondément touchés les admirables sentiments de contrition qui s'échappaient du cœur de David, et que nous a conservés en particulier son psaume cinquantième. Ayant eu peut-être le malheur d'imiter ce grana roi dans ses égarements, il ne nous reste qu'à le nrenare pour modèle dans notre pénitence, et de nous prosterner avec lui devant Dieu, pour obtenir de sa miséricorde le pardon de nos péchés. Ce pardon nous est assuré, si nous sommes dans' les dispositions d'une véritable et sincère pénitence, si, en un mot, nous avons la contrition. Le repentir après le péché, c'est la plus grande grâce dont nous soyons redevables à la miséricorde de Dieu. Nous ne saurions donc la solliciter avec trop de ferveur et de persévérance. Mais en même temps, à l'exemple de\iaN\ôi^fei\Njeç:^>^^^*iî^
devons exciter en nous la contrition, en méditant la laideur de nos péchés et en nous inspirant des mo* . tifs que la foi nous propose. Ces motifs, nous las trouvons exposés dans la formule même de l'acte de contrition, et ils se tirent : \''de la bonté de Dieu; 2* à sa sainteté ; 3* de son amour ; i^ de sa justice.
l. De la bonté de Dieu. — Mon Dieu, disons-nous, j*ai un extrême regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon. Comprendrons-nous jamais la bonté de Dieu envers nous ? Il nous a créés à son image et à sa ressemblance : Faciamus hominm adimaginem et similitudinem nostram. (Gen., i, 26). Il a élevé l'homme au-dessus de toutes les autres créatures visibles, et en a fait le chef de tout ce qui vit et respire sur la terre... N'est-ce pas Dieu qui nous conserve et veille sur nous avec une paternelle tendresse ? Aà ubera portabimini. « Je vous porterai, » ditil, « comme un enfant à la mamelle. » (Isai., lxvi, 1 2.) Ailleurs il ajoute : « Quand même on verrait une mère oublier le fruit de ses entrailles, pour moi je ne vous oublierai jamais. » (Isai., xux, 15.) Par combien de grâces et de biçnfaits ne nous témoigne-l-il pas tous les jours sa paternelle sollicitude ? Eh bien ! ce Dieu infiniment bon, nous Toutrageons par le péché,.*, nous effaçons de notre âme son image, et nous nous rendons semblables aux démons. Le péché, enfin, nous inflige la plus honteuse dégradation : Homo, cum in honore esset^ non intellexit; comparatus estjumentis insipientibus^ et similis factus est illis. (Ps. XLVill, 13, 21,) N'est-ce pas de notre part le comble de l 'ingratitude et de \a \xoixV.Çi ^ . , .
": II. De sa sainteté, — Dieu, la bonté même, est enrçore inûniment saint, et c'est un second motif de la ' jrlve douleur que doit nous inspirer le souvenir de nos infidélités. La sainteté de Dieu, les anges et les élus la proclament dans le ciel : Sanctus, sanctus^ êanctus. (Isai., vi, 3. Apoc, iv, 8.) L'Église la célèbre jur la terre : Sanctum et terribile nomen ejus; « le nom ^u Seigneur est saint et redoutable. » (Ps., ex, 9.) Cette sainteté, le pécheur l'avilit» la méprise, la détruit idans son âme.... Dieu ne dit-il pas dans TÉcriture : « Soyez saints, parce que je suis saint » ? Sancti estote^ «ftiia ego sanctussum. (Levit., xi, 44 ; Xix, 2.) 11 ne devrait 3a'y avoir rien que de saint dans vos pensées, vos «entimenta, vos désirs, vos paroles et vos œuvres ; et TOUS ne vous êtes servis des facultés de votre âme «t des sens de votre corps que pour multiplier vos joiquités* Vous pouvez vous appliquer, comme pécheurs, ce que le prophète disait de Jésus-Ghrist sous les meurtrissures de sa douloureuse flagellation : A planta pedis usque ad verticem, non est in eo sanitas. (Isai., I, 6.) « De la plante des pieds au sommet de la tête, il ne reste en lui aucune partie qui ne soit décbin'îe. » Ce sont vos passions, vos vices, vos désordres, qui, bourreaux impitoyables, vous ont accablés de blessures, et n'ont laissé en vous aucune trace de la 'sainteté dont Dieu vous avait marqués comme ses enfants d'adoption. Ah ! détestez leféché, qui vous a fait préférer à la sainteté même de Dieu l'ignominie du démon....
IIL De son amour. — Mon Dieu, disons-nous encore dans Tacte de contrition, j'ai un ext.v^ta<^ \^^\^v. ^^
vous avoir offensé, parce que vous-êtes înfinimenl aimable. A lui seul, ce motif ne sufûrait-il pas pour arracher de notre cœur une source intarissable d« larmes, au souvenir de notre lâche et coupable ingratitude envers ce Dieu dont TÉvangile nous a révélé Tamour infmi ? Celui que vous avez personnellement outragé par vos péchés, c'est ce Jésus fils bien-aimé de la Vierge Marie ;.,. ce Jésus qui est venu évaogéliser les pauvres, guérir les malades, consoler les affligés, ressusciter les morts;... ce Jésus si bon, si compatissant, si miséricordieux envers les pécheurs... Voyez-le en agonie au jardin des Oliviers ; suivez-le aux tribunaux de Gaïphe, de Pilate et d'Hérode ; accompagnez-le au Calvaire, où il monte chargé de sa croix. Entendez-le s'écrier avant son dernier soupir: Consummatum est, « tout est consommé » (Joan., Xix, 30) pour le salut et la rédemption des hommes. N'estce pas pour l'expiation de vos péchés qu'il e.st né dans la pauvreté, qu'il a vécu dans la fatigue et le travail, qu'il est mort dans d'incompréhensibles douleurs?... Pierre, dans un moment d'oubli, renia son divin Maître. Touché d'un regard miséricordieux, il rentra en lui-même et se prit à pleurer amèrement: flevit amare. (Matth., xxv, 75. Luc, xxii, 62.) La Tradition rapporte que ses larmes, durant autant que sa vie, creusèrent deux profonds sillons sur ses joues. N'avonsnous pas sujet de'^nous repentir plus vivement encore que TApôtre ?...
. IV. De sa justice. —Si l'amour inflni de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne suffit pas pour nous inspirer le regret de nos fautes, tremblons au moins devant
rable justice de Dieu. Du Calvaire, où le Sauixpie de soq sang et de sa yie nos iniquités, ortons -nous dans Tenfer. Pourquoi ces brasiers s qui ne s'éteindront jamais ? . . . ces prisons es et profondes qui ne s'ouvriront jamais?... pplices, ces tortures inouïes qui ne cesseront ?.... ces démons dont la rage ne s'apaisera ?,.. ces cris, ce désespoir, ces grincements ts, ce ver rougeur, qui se renouvelleront tou-
Tout cela, c'est pour punir le péché. Et l'enîc toutes ses horreurs sera votre partage, si l'expiez vos péchés par une sincère contrition, t depuis des siècles, abandonnés à un éternel oir, les Gain, les Antiochus, les Judas, les manches, et tous ceux qui ont méprisé la misérile Dieu. Et vous, si vous ne faites pénitence, érirez delà même manière : Si pœnitentiam non :, omnes simihter peribitu. (Luc, Xili, 5.)
aussi, si nous avons le bonheur de nous resincèrement de nos péchés, quel bonheur et gloire incomparable nous sont réservés dans l Là sont les âmes innocentes qui ont toujours vé la grâce sanctifiante; mais là aussi sont en nombre les pécheurs qui se sont convertis, et ême à la dernière heure, ont mérité d'entendre 3 bon larron cette consolante parole : Hodie eris inparadiso ; « aujourd'hui même vous serez loi en Paradis. » (Luc.,xxiii, 43.) Puisse votre ^ r vous assurer cette grâce, et vous associer à ?e de tous les saints pénitents I Ainsi-soit-il.