‹ Manuel de prédication populaireChapitre 82 sur 90 · XVI. — Confession. · texte numérisé non relu

XVI. — Confession.

Quorum remUeriiU piceêlQ, n- 1 ' mittuntur eis ; et quorum re(iiiii'l| ritis, retenta sunt. (Joan., xx, 2Si)

Ceux k qui vous remettrez ks péchés, ils leur servont remis, il ils seront retenus k qui tous Ifi retiendrez.

Notre-Seigneur ne pouvait pas exprimer en termei plus clairs la mission qu'il confiait à ses apôtres de remettre les péchés, comme aussi de les retenir, selcfii que le réclameraient l'état ou les dispositions des pénitents... Les apôtres et leurs successeurs ont donc été établis comme juges des consciences; et,pourproooB* cer leur sentence en connaissance de oause, ils oat besoin de voir et d'apprécier Tespèce, le nombre etUi gravité des péchés. .. Il faut aussi qu'ils puissent décider si le pécheur est, oui ou non, digne de pardon... Or ce procès intime de la conscience ne peut s'instruire que par l'aveu du coupable, c'est-à-dire par la Confession... C'est une pratique difficile, humiliante, j'en conviens. Aussi me semble-t-il utile de vous rappeler la divinité de la Confession. Que la Confession soit une institution divine, nous en avons les preuves: l"* dam la

sainte Ecriture; 2° dans la Tradition; 3* dam la raison elle-même,

I. La sainte Écriture. -^ C'est au berceau du genre humain qu'il faut remonter pour trouver Torigine de Ja Copfessjop. 4dam a violé 1^ Jpi de son Gréç^teur çt

*«rdu son innocence. Dieu vient à lui et l'appelle : Ubi * ?... (Gen., m, 9.) Que fait le coupable? il confesse ^^ faute : « La femme que vous m'avez donnée, m'a ?^ï^senté le fruit auquel vous m'aviez défendu de tou-

r, et je l'ai mangé )).(Ibid., 12.) A son tour, la

e avoue que le serpent l'a trompée et qu'elle a ^^Odhé à l'arbre prohibé... (Ib., 13.) ,. . Dans la loi mosaïque, il y avait des jours de con- ^^ssion et d'expiation... Les prêtres étaient chargés ^e constater la guérison de ceux qui étaient atteints ,^^e la lèpre... C'était là une figure du pouvoir que ^■levaient exercer les prêtres de la nouvelle loi... Npii N'est-ce pas en confessant son péché que David tient son pardon ? Peccavi... Dominus transtnlit pecôA-

tuum... (II Reg., xil, 13.) Ce que VAncien Testament n'avait fait qu'annoncer <^rMt figurer, nous le voyons réalisé dans l'Évangile. SÎMotre-Seigneur a pardonné les péchés^ comme le ^4irouve l'histoire de Madeleine et de tous les malades ^ /qu'il a guéris... « Afin que vous sachiez n^ dit^il aux 'pharisiens, « que le Fils de l'homme a le pouvoir de jpemettre les péchés^ prends ton grabat et va en ta .maison. »> C'était au paralytique qu'il parlait. Le pajMlytique guéri se leva et s'en alla... (Matth., ix, 6-7* Luc, y, 24-25.)

Ce pouvoir de remettre les péchés, Jésus* Christ l'a transmis à ses apôtres et à leurs successeurs : Quorum

.^remiseritis peccataj remittuntur eis (Joan., xx, 23.)

II. La Tradition. — Elle renferme l'enseignement et la pratique de l'Église depuis les apôtres... Au premier siècle, Origène s'exprimait ainsi : « Le péché est

remis dans TÉglise catholique, lorsque le pécheurn'i pas honte d'ouvrir sa conscience au prêtre du Seigneur. » Ainsi parleront les Pères de tous les siècles.M Les conciles ne seront pas moins unaninaes, et celui de Trente, les résumant tous, fulmine Tanathème contre ceux qui nient que TÉglise catholique ait la puissance d'absoudre et de remettre les péchés: tSi quelqu'un déclare que les prêtres n'ont pas recule pouvoir direct, immédiat, de remettre les péchés., qu'il soit auathème... »

En pratique, la Confession a toujours existé dans rÉglise. S'il n'en était ainsi, que serait-ce que ce pouvoir donné par le Sauveur à ses ministres, sinon un pouvoir illusoire...? Partout où se sont élevés des temples catholiques, partout ont été dressés en même temps les tribunaux de la Pénitence... A Rome, on voit encore aujourd'hui, dans les catacombes, les confessionnaux des premiers chrétiens

On se confesse de nos jours daus tout l'univers catholique, par la raison qu'on s'est toujours confessé. Remontez les âges : il y a cent, deux cents, cinq cents ans, on se confessait comme on se confessait il y a dix-huit cents ans...

m. La raison, — Supposé que la Confession ne fût pas d'institution divine, elle ne pourrait avoir alors qu'une origine humaine. Or fouillez toutes les histoirse: dans aucune vous ne rencontrerez le nom de l'inventeur de la Confession. Je parle des histoires sérieuses, et non de celles inspirées par l'impiété ou la haine...

Quel homme, d'ailleurs, aurait eu asEez de sagesse,

de crédit, d'influence, d'autorité, pour faire accepter universellement une pratique si coûteuse, si humiliante pour l'orgueil, que la Confession?... Et de quel droit en aurait-il imposé Tobligation à tout le monde, sans excepter les prêtres et le Pape lui-même?... Il suffit d'écouter le simple bon sens pour comprendre que laConfeséion ne peut venir que de Notre- Scdgneur Jésus- Christ... Ah! bénissons plutôt son infinie miséricorde de nous avoir donné ce moyen de rentrer en grâce avec lui, quand nous avons eu le malheur de l'offenser... L'Esprit- Saint proclame le bonbeur de ceux dont les iniquités sont remises et les péchés effacés : Beati quorum remisse smt iniquitates^ et quo'

rum tecta sunt peccata (Ps. xxxi, 1.) Ce bonheur,

c'est de retrouver, avec la grâce de Dieu, la sérénité de l'âme, la paix du cœur, la patience, la résignation en cette vie, et les plus douces espérances pour la vie à venir

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