PREFACE XIII
Iroit. Elle s'en tient à celui de défendre la langue qu'elle a apprise de nos grands poètes et parlée de pair avec nos grands artistes.
Mlle Tordeus a fait pour l'étude de la langue française un petit livre plus heureux que bien d'autres et qui durera plus longtemps qu'eux aussi, car il restera parmi les documents les plus rares et les plus certains à consulter pour l'histoire de la phonétique française.
Edouard Thierry.
INTRODUCTION
e public s'imagine généralement que bien dire est un don de nature où l'étude n'entre pour rien ou presque rien. C'est là une erreur: bien dire est un art qui a sa technique, et une technique assez compliquée.
Prononcer purement, assouplir ou renforcer son articulation, apprendre à se servir de sa voix, en varier les inflexions pour éviter la monotonie, savoir respirer à propos, donner enfin à sa parole un mouvement tantôt lent, tantôt vif, selon le sentiment dont on est animé, tout cela est du domaine de la diction, tout cela s'enseigne et peut s'acquérir plus ou moins facilement, suivant que l'on est plus ou moins bien doué.
Chaque partie de cette longue énumération sur "art de bien dire correspond à un travail spécial.
INTRODUCTION
Essayer de vaincre toutes ces difficultés à la fois, c'est chercher inutilement, dans un autre ordre d'idées, à rompre le faisceau de dards de la fable :
De ces dards joints ensemble un seul ne s'éclata, tandis que pris séparément
... on les rompt sans effort.
Prononcer distinctement doit être la première étude dans l'art de la parole. Lorsqu'on est habitué, depuis l'enfance, à dénaturer les sons d'une langue, il est bien difficile de se plier tout d'un coup aux exigences d'une bonne prononciation. Ce n'est qu'au moyen d'exercices réitérés, d'un travail persévérant, qu'on parvient à se corriger de ses défauts.
Les meilleures leçons de prononciation, les plus efficaces, sont certainement les leçons orales; les exemples donnés par le professeur frappent l'oreille de l'élève alors que l'écriture, impuissante à rendre le son, ne s'adresse qu'à ses yeux. Ccpenr dant si le livre ne vient en aide à la mémoire, on oublie vite la règle donnée.
J'ai aonc tâché de reunir ici, sous une forme très élémentaire, les principales lois du langage parlé, auxquelles tout bon diseur doit se soumettre comme l'écrivain se soumet aux lois orthographiques du langage écrit. Un manuel de règles
INTRODUCTION
d'ailleurs nécessaire dans un pays où l'accent est si souvent contraire à la phonétique française.
On m'objectera qu'en France, chaque province a son accent particulier, plus accusé encore au Midi qu'au Nord. C'est vrai; mais il est vrai aussi que, partout en France, la société d'élite cherche à épurer sa prononciation et vise à parler comme on parle à Paris dans les milieux où l'on s'exprime bien, et non comme à Marseille ou à Bordeaux.
Pour le plus grand nombre, bien parler est un luxe; pour ceux qui s'adressent au public, c'est une nécessité. Je voudrais que l'art de dire fût à la portée de tous; que les instituteurs, que les institutrices se pénétrassent des règles établies, pour les transmettre à leurs élèves. Ceux-ci en feraient plus aisément l'application, s'ils entendaient toujours bien parler autour d'eux, le lanétant affaire d'imitation.
Chaque langue a ses habitudes de prononciation, son système de sons.
A. Dakmesteteu.