‹ Manuel de proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 84 sur 165 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Mua DE COURVILLERS, Mi-ui DE COURVILLERS.

M"^ De Courv., avant de paraître. Me voilà, maman.

M™' De Courv. Venez ici ma fille. (Mademoiselle de CourviUers baise la main de sa mère.) Asseyez-vous là. Vous ne rett)urnerez plus au couvent, et vous allez vivre à présent avec nous.

M"' De Courv. C'est tout ce que je désire.

M"* De Courv. Je craignais que vous ne regrettassiez le couvent, et j'en aurais été fâchée ; parce que vous êtes destinée à vivre dans le monde.

1 76 LE SQT AMI.

W^ De Coubv. Pourvu que je reste toujours avec vousy ma chère maman, je serai contente.

M"® De Courv. Oui, mais il faut vous former un établissement, et c'est à quoi nous pensons.

M"° De Courv. Il me semble que je suis encore bien jeune. •

M*"^ De Courv. Sûrement vous êtes jeune ; mais on ne peut pas toujours rester fille ; les gens du monde sont faits pour vf^re en société, il en faut une sûre ; c'est ce qu'on peut espérer dans un mariage convenable, et c'est le choix que nous avons fait qui nous décide aussi promptement.

M"* De Courv. Quoi, maman ? . . .

M°^ De Courv. Oui, dans peu, vous nous remercierez de vous avoir donné le mari que nous vous destinons.

M"® De Courv. Ne me suffirait-il pas pour être heureuse de passer ma vie avec vous. Âh, ma chère maman ! . • •

M"® De Courv. Allons, vous êtes un enfant. Ayez confiance en nous, et croyez que c'est l'espoir de /aire votre bonheur qui nous fait agir. Il n'y a point de quoi s'affliger, ma chère fille ; si nous voulions] vous éloigner de nous, vous pourriez en être effiayée ; mais songez donc que le mariage va vous rendre ma compagne, que l'autorité de mère disparaîtra entièrement, pour ne vous laisser voir que l'amitié la plus tendre. Croyez-vous que vous y perdrez ?

M'^ De Courv. Non, ma chère maman, mais . • •

M™* De Courv. Quand vous aurez un peu réfléchi à ce que je viens de vous dire, vous verrez que vous ne devez pas vous plaindre de nous ; pensez à tout cela. Je vais retrouver votre père, et je compte que quand je vous

reverrai, vous aurez calroè toutes vos inquiétudes. Adieu, ma fiUe. (Elle Vembrasse.)

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