‹ Manuel de proverbes dramatiquesChapitre 71 sur 139 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Mme DE COURVILLERS, M"-» DE COURVILLERS.

MIIe De Courv. (avant de paraître.) Me voilà, maman.

Mrae De Courv. Venez ici ma fille. (Mademoiselle de Courvillers baise la main de sa mère.) Asseyez-vous là. Vous ne retournerez plus au couvent, et vous allez vivre à présent avec nous.

Mlle De Courv. C'est tout ce que je désire.

Mme De Courv. Je craignais que vous ne regrettassiez le couvent, et j'en aurais été fâchée ; parce que vous êtes destinée à vivre dans le monde.

Mlle De Courv. Pourvu que je reste toujours avec vous, ma chère maman, je serai contente.

Mmo De Courv. Oui, mais il faut vous former un établissement, et c'est à quoi nous pensons.

Mlle De Courv. Il me semble que je suis encore bien jeune.

Mme De Courv. Sûrement vous êtes jeune ; mais on ne peut pas toujours rester fille ; les gens du monde sont faits pour vivre en société, il en faut une sûre ; c'est ce qu'on peut espérer dans un mariage convenable, et c'est le choix que nous avons fait qui n,ous décide aussi promptement.

M"0 De Courv. Quoi, maman ? . . .

Mme De Courv. Oui, dans peu, vous nous remercierez de vous avoir donné le mari que nous vous destinons.

Mlle De Courv. Ne me suffirait-il pas pour être heureuse de passer ma vie avec vous. Ah, ma chère maman ! . . .

Mme De Courv. Allons, vous êtes un enfant. Ayez confiance en nous, et croyez que c'est l'espoir de faire votre bonheur qui nous fait agir. Il n'y a point de quoi s'affliger, ma chère fille ; si nous voulions vous éloigner de nous, vous pourriez en être effrayée ; mais songez donc que le mariage va vous rendre ma compagne, que l'autorité de mère disparaîtra entièrement, pour ne vous laisser voir que l'amitié la plus tendre. Croyez-vous que vous y perdrez ?

Mlle De Courv. Non, ma chère maman, mais . . .

Mme De Courv. Q,uand vous aurez un peu réfléchi à ce que je viens de vous dire, vous verrez que vous ne devez pas vous plaindre de nous ; pensez à tout cela. Je vais retrouver votre père, et je compte que quand je vous reverrai, vous aurez calmé toutes vos inquiétudes. Adieu, ma fille. (Elle V embrasse.)

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