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OJO PSYCHOLOGIE DE LA PERCEPTION

rons deux longueurs par la vue, lorsque nous écoutons la fusion de deux tons, en écartant autant que possible les critères secondaires, la conscience se réduit pratiquement au groupe sensations. De même, si nous déballons les parties d'un appareil nouveau et compliqué, et que vienne quelque chose dont l'usage n'apparaît pas d'abord, les quelques secondes de recherche attentive sont occupées par une perception pure. On montra, un jour, à l'auteur une photographie qui consistait en un champ circulaire tout barbouillé de marques en zig-zag, semées au hasard, et on lui demanda ce que c'était. Il avait alors une perception pure à laquelle ne venait s'ajouter aucune image. On lui suggéra alors de regarder au verso : il y avait là une date, celle d'un grand tremblement de terre. Aussitôt la perception devint une perception mixte : la photographie était un sismogramme.

Mais habituellement nos perceptions sont mixtes. Pour vous rendre compte comment elles ne peuvent manquer de l'être, consacrez un ou deux jours à l'observation suivante : chaque fois qu'un objet frappe, au hasard, votre attention, ne vous contentez pas de l'identifier hâtivement et de passer outre, mais allez à lui et examinez-le. Vous constaterez que le bout de verre qui brille dans l'herbe est en réalité un morceau de calcaire gris que frappe le soleil ; que la brindille qui a attiré votre regard parce qu'elle semblait remuer, remue vraiment et que c'est une chenille ; que le bol émaillé dans lequel la bonne négligente a laissé de l'eau, est en réalité sec et vide. En un mot, vous serez stupéfait de constater que vous percevez bien peu et que vous imaginez beaucoup. Nous avons effleuré ce sujet (p. 199) et nous avons émis l'idée que la confiance que nous avons dans la perception est peut-être due en partie à l'enchâssement différent dans la conscience de l'image et de l'objet, en partie à une différence intrinsèque de « l'étoffe mentale », dans laquelle l'une et l'autre sont taillées. Nous pouvons ajouter que, lorsque l'image est incorporée dans la perception, elle obéit aux mêmes lois que la sensation, et que cette identité de comportement, bien qu'en certains cas favorable aux illusions, doit aussi, du moins en général, favoriser une appréhension adéquate des stimuli. Il est à peine exagéré de dire que la possibilité de l'illusion est une garantie de la confiance générale que nous mettons en la perception : le verre dans l'herbe a bien

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