‹ Manuel de psychologieChapitre 115 sur 142 · LE PROCESSUS DE DISSOCIATION ^O'J · texte numérisé non relu

LE PROCESSUS DE DISSOCIATION ^O'J

d'excitation ; 2° La tendance associative qui représente la force de la connexion entre deux impressions ou le degré d'excitation qui renforcera l'une quand l'autre sera de nouveau excitée ; 3° Enfin, la tendance persévérative, sorte de rythme qui s'impose à la tendance impressionnelle et tel que l'idée émerge par moments sans l'aide de tendances associatives.

Pourquoi alors séparer la tendance iiapressionnelle et la tendance persévérative ? Pourquoi ne pas dire, dès maintenant, que la tendance impressionnelle varie, oscille, subit des fluctuations ? Parce que la réalité de la tendance impressionnelle, telle que nous l'avons définie, est assez bien établie, tandis qu'il en est autrement de la tendance persévérative: Toutes ces obsessions, ces récurrences peuvent, en fait, être expliquées de l'une ou l'autre des trois façons esquissées, p. 392, et cette explication est plus satisfaisante que l'affirmation gratuite d'une tendance primitive. La persévération a son maximum d'efficacité dans deux cas quelque peu contradictoires : immédiatement après la perception originale et lorsque le sujet commence à se fatiguer. Dans le premier cas, la tendance impressionnelle et la tendance associative seront fortes toutes les deux, de sorte qu'on peut à son gré choisir entre les deux explications. Mais, dans le second cas celui de la fatigue, il n'est pas facile de voir comment la tendance persévérative entrerait en jeu, alors qu'il est naturel que les tendances associatives les mieux fixées, les plus permanentes gardent seules leur activité et qu'ainsi le champ de la conscience se rétrécisse.

Il n'y a aucun danger à conserver les mots « persévération » et « tendance persévérative » pour désigner un certain mode de comportement des images et un aspect partiel du problème de la conservation nerveuse. Mais, à ce que croit l'auteur, aucun fait positif ne nous permet d'affirmer que ce comportement est unique ou que le problème est insoluble si Ton ne fait appel qu'aux tendances impressionnelles et associatives.

§ 113. La conservation : le processus de dissociation. — L'association, comme l'image, se conserve un certain temps ; les tendances associatives persistent avec les impressions. Mais une association, laissée à elle-même, commence bientôt à se dissoudre ; les tendances associatives

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s'affaiblissent, d'abord rapidement, ensuite de plus en plus lentement jusqu'à ce qu'enfin elles cessent complètement d'agir, au moins en ce qui regarde la conscience. 11 est possible, au moyen de syllabes sans signification, de suivre ce processus de dissociation et il est également possible de déterminer, en faisant varier les conditions de l'expérience, quelles sont les principales influences qui favorisent la durée et la conservation.

L'emploi de syllabes sans signification nous permet de suivre les tendances associatives du début de leur formation jusqu'à leur déclin final ; pratiquement, il n'y a pas de danger qu'elles soient renforcées ou inhibées dans l'intervalle des expériences. Il semble certain que ces tendances limitées et nettement définies disparaissent avec le temps ; elles meurent de vieillesse. Les tendances beaucoup plus complexes auxquelles donne naissance un matériel pourvu de sens, semblent, au contraire, persister sous le seuil de la conscience pendant très longtemps, peut-être même pendant toute la vie de l'individu. Nous apprenons, dans notre enfance, des poésies auxquelles nous pouvons ne plus jamais penser avant que nos enfants les apprennent à leur tour, vingt ou trente ans plus tard. Nous éprouvons alors notre mémoire, et nous constatons qu'à part quelques bribes, nous avons tout oublié. Néanmoins, si nous nous mettons à réapprendre un de ces vieux poèmes en même temps qu'un autre, tout nouveau pour nous, mais de la même longueur, de la même forme métrique, du même niveau d'imagination, nous constaterons qu'il nous faut beaucoup moins de lectures pour retrouver la poésie ancienne que pour retenir la nouvelle ; les tendances associatives étaient donc là, au-dessous du seuil de la conscience ; bien que depuis longtemps, les associations se soient évanouies. L'enfance, à vrai dire, est une période plastique ; aussi les impressions originales étaient-elles profondes et les premières associations avaient-elles été peu troublées par de nouvelles. Mais, même lorsque nous transportons l'expérience dans la vie adulte, les tendances associatives montrent une persistance extraordinaire. Ebbinghaus a appris quelques strophes du Don Juan de Byron dans sa vingt-sixième année, il ne les a plus regardées pendant vingt- deux ans. Il les avait

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