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EXPERIENCE DE REACTION

Nous avons alors des formes variées de réactions composées avec les temps correspondants.

Le passage d'une étoile au méridien était jadis déterminé par la méthode de Vcril et de V oreille. Le champ du télescope est divisé par exemple par cinq fils, disposés verticalement et à égale distance. Le fil du milieu correspond au méridien. Avant de regarder dans l'instrument, l'observateur lit le temps sur une horloge, puis il se met à compter les battements du pendule en même temps qu'il surveille la marche de l'étoile. Il note sa position au premier battement après le passage de l'étoile derrière le fil central et il estime ainsi le moment du passage réel. Par exemple, si l'étoile est en a lorsqu'on compte

le 12e battement, et en b, lorsqu'on compte le 13e, le moment

du passage évalué en xn de secondes sera : telle heure, tant de

minutes, 12,7 secondes.

C'est dans des évaluations de cette sorte qu'apparaît la différence personnelle. L'expression d'équation personnelle vient de l'habitude qu'on avait d'établir la différence par comparaisons. Ainsi A — B = 0,8 sec, signifie que l'observateur A note un pas sage, en moyenne 0,8 sec, plus tard que l'observateur B. Ici, les observations d'un des observateurs, probablement le plus exercé, servent d'étalons auxquels on rapporte les observations du second. L'équation n'a évidemment qu'une valeur relative : la grandeur de l'erreur de B n'est point déterminée.

La discussion de la différence personnelle a directement conduit aux expériences sur l'accommodation de l'attention (§ 83). Elle a également conduit indirectement aux expériences sur le temps de réaction, car celles-ci peuvent être regardées

comme des déterminations absolues de l'erreur de l'observais teur : si A réagit à l'éclair lumineux en 290 a (1 a = .j,^ de seconde) et B en 180 <r, nous pouvons non seulement écrire A — B = 110 c, ce qui exprime l'équation personnelle, mais nous pouvons dire également, d'une façon absolue, que A et B ont signalé

Fig. Gi.

l'éclair lumineux après un temps qui représente leur temps de réaction respectif. Et nous ne sommes pas obligés de suivre la technique de l'expérience telle qu'elle vient d'être exposée» Les conditions de l'observateur astronomique peuvent être exactement reproduites : une étoile artificielle peut enregistrer son propre passage sur la ligne du méridien et l'observateur réagit comme il le ferait dans le cas d'un passage réel, par la méthode de l'œil et de l'oreille.

Fig. 6a. — Chronoscope de Hipp, horloge éleclriqne dont l'unité est le a ; c'est l'appareil qu'on emploie d'ordinaire pour mesurer les temps de réaction.

Nous ne pouvons songer à retracer l'histoire de l'expérience de réaction. Il suffira de dire que lorsque l'astronomie perfectionna ses méthodes, l'expérience passa au service de la physiologie et l'on s'en servit pour déterminer la rapidité du courant nerveux. On supposait en gros que si deux parties du corps situé, s à des distances difiérentes du cerveau sont excitées de la même façon et si l'on compare les temps de réaction, la différence entre ces temps correspond à la différence de longueur des

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