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EXPERIENCE DE REACTION

troncs nerveux sensoriels intéressés et donne ainsi la vitesse de la conduction nerveuse centripète. Mais on constata que cette méthode ne convenait pas au problème. L'expérience passa alors en tant qu'expérience quantitative à la psychologie de laboratoire qui l'employa sous différentes formes à mesurer la durée de certains processus mentaux. Mais la psychologie savait si peu de chose sur les processus mentaux compris dans le temps de réaction que l'attribution de telle durée à tel processus était purement hypothétique. Aussi, l'expérience estelle arrivée à ce qu'elle est maintenant : une expérience qualitative. Elle nous permet de reproduire autant qu'on veut un type particulier de conscience ; elle nous permet de varier ce type, de multiples façons et aussi de répéter nos observations

Fig. 63. — Marteau pour le son, de Wundt, fréquemment employé pour produire le stimulus dans les expériences de réaction. Les fils du circuit du chronoscope sont fixés en 1 et 2 : ceux de l'électro-aimant sont mis en communication en 3 et 4 avec une batterie et une clef.

aussi souvent qu'il le faut pour les analyser complètement.Elle permet ainsi de contrôler admirablement l'introspection. Les temps de réaction sont alors valables, non par en eux-mêmes, mais comme comme moyens de vérifier les observations du sujet. Si les temps de simple réaction à la lumière sont pour deux sujets normaux, soumis aux mêmes conditions, respectivement 290 c et 180 a, il est clair que nous avons affaire à deux types différents de conscience. Les sujets ne font pas la même chose. Trouver, en changeant les conditions, ce qu'ils sont précisément en train de faire, est un problème psychologique de la plus grande importance.

La technique de l'expérience de réaction est décrite dans les manuels de manipulations, et il n'est pas nécessaire de la reproduire ici. Les instruments nécessaires sont un appareil de présentation (des stimuli), une clef de réaction et un appareil pour mesurer le temps. On a imaginé des appareils de

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présentation qui déterminent différentes sortes de sensations, qui font apparaître des stimuli plus complexes (mots, figures géométriques) et qui donnent une série de stimuli différents (couleurs, bruits d'intensités variées) ; on a construit des clefs qui répondent aux mouvements du doigt, du pied, des lèvres, de la poitrine, de la paupière ; d'autres permettent de déclencher des réactions qui impliquent un choix (par exemple : le

Fig. 6i. — Ciel' à doigt imitée de la clef télégraphique ordinaire : on s'en sert communément pour couper le courant dans les expériences de réaction.

mouvement de l'un des dix doigts). Il y a toute une série d'instruments à mesurer le temps, depuis la montre à stoppeur dont l'unité est le cinquième de seconde, jusqu'au chronoscope électrique qui donne le millième de seconde.

§ 122. L'analyse de la réaction simple. — En 1887 et en 1888, deux savants découvrirent indépendamment l'un de l'autre que la longueur du temps de réaction simple diffère selon que l'attention du sujet-réacteur se porte sur le stimulus qui doit déclencher le mouvement de réaction, ou qu'elle se porte sur le mouvement lui-même. Depuis lors, on a pris le coutume de distinguer trois types de réaction simple : le type sensoriel, musculaire et mixte, ce dernier représentant l'attitude naturelle d'un réacteur dont l'attention ne se fixe d'une façon prépondérante ni sur le stimulus sensoriel ni sur le mouvement de réponse, mais 'se distribue plus ou moins uniformément sur les deux éléments ou passe rapidement de l'un à l'autre.

Les temps approximatifs des deux modes extrêmes de réaction sont les suivants (unité de temps = c).

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