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ANALYSE DE LA REACTION SIMPLE

Ml

Temps musculaire

Temps tensoriel

Stimulus cutané électrique .

L'étendue de la variation (p. 212) est, pour des réacteurs

moyennement exercés, d'environ ta du temps sensoriel total

et d'environ t-* du temps musculaire total. Le temps de réaction pour la chaleur et le froid dépend en grande partie des conditions de l'expérience. Nous pouvons dire, pourtant, qu'en moyenne le temps de réaction à la chaleur se rapproche en moyenne du temps de réaction à la lumière ; celui de la réaction au froid est voisin du temps de réaction au son. On n'a pu encore déterminer le temps de réaction aux stimuli gustatifs, olfactifs, douloureux. Les temps de réaction mixte sont à mi-chemin des deux formes extrêmes et tendent à être plus longs ou plus courts selon que la prédisposition du sujet ou les circonstances de l'expérience font pencher l'attention du côté du stimulus ou du coté du mouvement.

La distinction des trois types de réaction garde sa valeur. Mais l'analyse a montré que le mot « direction d'attention » est ambigu. Le cours de la conscience dépend entièrement de l'attitude que prend le réacteur en face de l'expérience ; et cette attitude dépend elle-même de la façon dont il comprend l'instruction qui lui donne l'expérimentateur. 11 est donc évident que cette instruction doit être claire et précise : elle doit limiter et restreindre l'attention autant que la diriger d'une façon positive. Si je dis au réacteur : « Réagissez aussitôt que vous verrez la carte blanche : gardez votre attention continuellement fixée sur la carte ; ne pensez pas au mouvement mais laissez-le se produire de lui-même. » — si jo dis cela, je donne une instruction valable pour le temps sensoriel de réaction. Néanmoins, cette instruction est ambiguë. En effet, les mots « aussitôt que »

ont suggéré au réacteur qu'il a à réagir aussi vite qu'il pourra : et s'il réagit aussi vite qu'il peut, il aura tendance à tricher avec la perception de la carte blanche, et à réagir au moindre indice perceptible. À mesure que l'expérience se prolonge, il tendra également à se préparer de plus en plus complètement au mouvement de réponse ; et ainsi, uniquement à cause d'un défaut de l'instruction, il passera de la forme sensorielle à la forme musculaire de réaction. Si, d'autre part, je dis au réacteur : «Réagissez aussitôt que vous verrez la carte blanche, mais fixez votre attention, tout le temps, sur le mouvement à faire », mon instruction est ambiguë dans le sens opposé. Les mots « aussitôt que » suggèrent l'idée que la réaction doit suivre aussi vite que possible l'apparition du stimulus, mais les mots « faites attention au mouvement » peuvent neutraliser la première suggestion : le réacteur, au lieu de se tenir prêt au mouvement, peut essayer d'en maintenir clairement l'idée dans la conscience, et ainsi la réponse peut être retardée.

Il s'ensuit que l'instruction doit être rédigée avec le plus grand soin : elle doit être brève, afin qu'on la puisse saisir dans son ensemble ; il faut en outre qu'elle soit explicite^ la fois par rapport à ce que doit faire le sujet et à ce qu'il ne doit pas faire. De plus, il faut la répéter de temps en temps, au cours de l'expérience, afin que le mode de réaction ne passe pas, sans que le sujet le veuille ou même s'en doute, d'un type à l'autre type.

L'expérience de réaction, considérée comme une unité psychologique, peut être divisée en trois phases : une phase d'attente qui s'étend du signal préliminaire à l'apparition du stimulus ; une phase centrale,qui vue de l'apparition du stimulus à l'accomplissement du mouvement de réaction ; et une phase consécutive qui succède au mouvement et pendant laquelle le réacteur fait le compte rendu de son introspection. La phase d'attente est dominée par l'instruction qui peut entrer dans la conscience de différentes façons. Nos analyses sont encore loin d'être complètes et nous devons souvent nous contenter, comme pour la description de la mémoire et de l'imagination, d'indi-

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