AKALYSE DE LA RÉACTION SIMPLE
quer simplement quelque processus insaississable et fugitif dont l'observation exigerait des conditions spéciales ; mais l'aperçu qui va suivre suffira à faire comprendre ce qu'est dans ses grandes lignes la conscience réactive.
Commençons par la réaction musculaire. Dans sa forme extrême, les instructions sont représentées, purement et simplement par des sensations kinesthésiques (principalement de tension) dans le membre qui doit réagir (principalement le doigt). Ces sensations apparaissent comme le contexte qui soutient la signification : « Vous devez réagir aussi vite que possible » ; c'est pourquoi on les a appelées sensations de mouvement projeté (sensations of in tended movement). Il est rare que la conscience se réduise ainsi à l'appréhension de l'appareil de présentation et à un contexte kinesthésique. Dans la forme typique de la réaction musculaire les sensations de mouvement projeté dominent encore, mais on constate également la présence d'une c référence » consciente au stimulus attendu (maintenue par la fixation de l'appareil de présentation), et celle d'une connexion consciente entre le stimulus attendu et le mouvement projeté. Dans une autre forme, les sensations kinesthésiques sont remplacées par des images ; une image visuelle du mouvement du doigt, le mot « mouvement » en langage intérieur ; mais il reste encore une « référence » consciente au stimulus attendu. Dans une quatrième forme, les sensations kinesthésiques et le langage intérieur sont également en évidence, mais la « référence » consciente au stimulus attendu peut être assez claire pour que ce type se rapproche du type sensoriel. Enfin les sensations kinesthésiques et la « référence » au stimulus peuvent être accompagnées de l'image verbale « aussi vite que possible » en langage intérieur ; le réacteur se propose de faire le mouvement à l'instant précis où apparaîtra le stimulus.
Dans la forme extrême de la réaction sensorielle, l'instructeur est représenté purement et simplement par une attente (sans images) du stimulus. Il est rare que la conscience se réduise ainsi à l'appréhension de l'appareil de présentation et à un contexte d'attente. Dans la forme typique de cette réaction, à l'attente du stimulus s'ajoute une « référence » consciente au mouvement projeté. Mais il n'y a pas de sensations de mouvement projeté. Dans une autre forme, l'attente s'accompagne d'images, par exemple, de l'image visuelle du stimulus ou en-
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core de l'image verbale : « il va venir », en langage intérieur. La « référence » consciente au mouvement projeté est toujours présente mais il n'apparaît pas encore de sensations de mouvement projeté. Dans une quatrième forme, l'attente et la « référence » consciente sont accompagnées de sensations kinesthésiques dans le membre qui doit réagir, autour des yeux, etc. On se rapproche ici du type musculaire. Enfin, l'attente et la « référence » peuvent coexister avec l'image verbale « aussi vite que possible » en langage intérieur : le réacteur se propose de faire le mouvement à l'instant précis où apparaîtra le stimulus. Parfois cette condition temporelle est représentée sous la forme d'une image visuelle, celle, par exemple des oscillations d'un pendule.
Les deux formes d'instruction peuvent à l'occasion déclencher des processus du type qu'elles se proposent justement d'empêcher : l'instruction musculaire peut suggérer une préparation sensorielle, l'instruction sensorielle une préparation musculaire. Mais l'insuccès de l'instruction est, à vrai dire, rarement aussi flagrante. Le fait même qu'il puisse se produire est une preuve suffisante de l'ambiguïté de la consigne donnée. Puisqu'en fait, ce n'est pas une simple « direction de l'attention » qui différencie les réactions, mais l'attitude du réacteur conditionnée par l'instruction, nous pouvons laisser de côté les termes de réaction sensorielle et musculaire et leur substituer les termes purement descriptifs de réaction complète et de réaction abrégée. L'instruction correcte pour la forme abrégée serait alors quelque chose dans ce genre : « Vous allez voir une carte blanche : réagissez aussitôt que vous la verrez ; réagissez aussi vite que possible. » Pour la forme complète : « Vous allez voir une carte blanche ; réagissez quand vous la verrez ; ne réagissez pas avant de la voir clairement. » Et enfin, pour la forme naturelle : « Vous allez voir une carte blanche : réagissez quand vous la verrez ». La première instruction suggère d'une façon précise la préparation du mouvement de réponse ; la deuxième la perception claire du stimulus, tandis qu'elle supprime Pauto-suggestion que le mouvement doit être fait aussi vite que possible ; le troisième laisse toute latitude au réacteur.
Une fois que le cours de la conscience est déterminé par l'acceptation de l'instruction par le réacteur, l'expérience se