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mentale, qui commence avec Fechner en 1871, répète en petit l'histoire de la psychologie expérimentale. Les chercheurs se sont d'abord souciés de découvrir la nature de l'objet beau et d'exprimer cette nature sous une forme quantitative (p. 438). On a découvert, par exemple, que les figures visuelles simples sont plus agréables, soit lorsqu'elles sont divisées symétriquement dans la proportion 1 : 1, soit lersqu'elles sont divisées en un point choisi de telle sorte que les dimensions du tout soient à celles de la plus grande partie comme les dimensions de la plus grande partie sont à celles de la plus petite {la section d'or ;
approximativement ^). On a aussi constaté que les lignes
courbes sont en général plus agréables que les lignes droites et que la rencontre de deux lignes à angle droit est particulièrement déplaisante. On a trouvé encore que les combinaisons de deux couleurs sont surtout agréables lorsque ces couleurs sont ou bien voisines, ou bien à peu près complémentaires, etc. On a cherché à expliquer ces résultats de détail. Ainsi la forme humaine est une construction symétrique, la main reproduit la main, le pied reproduit le pied. Mieux encore, la taille reproduit le cou, l'abdomen la poitrine, les jambes les bras. Les proportions du corps, mesurées en prenant le nombril comme centre, sont approximativement celles de la section d'or. Bien plus : la partie supérieure du corps est divisée au cou, la partie inférieure est divisée aux genoux à peu près dans le même rapport, 3 : 5. C'est à la facilité des mouvements oculaires qu'il faut attribuer le caractère agréable des lignes courbes : les yeux sentent les mouvements saccadés qu'implique tout changement brusque de direction linéaire. L'appréciation des combinaisons de couleurs a été attribuée au contraste ou à la facilité du passage, d'une couleur à la couleur voisine, ou même à l'existence de modèles colorés caractéristique chez les animaux situés au bas de l'échelle du développement organique. Les plaisirs du rythme et de la consonance tonale furent aussi ramenés à certains types et expliqués d'une façon analogue.
Dans tous ces travaux, on faisait rarement appel à l'introspection. Les sujets choisissaient, indiquaient leurs préférences, et les résultats statistiques étaient alors réduits à des moyennes considérées comme des constantes scientifiques. Mais, peu à peu, on en vint à penser qu'une description introspective de
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la conscience esthétique est la condition sine qua non d'une esthétique psychologique. Et maintenant, l'attention se porte vers l'analyse de l'attitude esthétique et de ses motifs, vers les lois de l'appréhension attentive et de l'empathie, vers les étapes successives de la réaction esthétique, vers les différences individuelles d'appréciation esthétique. On a expérimenté avec des couleurs isolées ou combinées ; avec des formes et des arrangements spatiaux ; avec des rythmes, des cadences musicales et avec les principaux modes de composition musicale ; avec des reproductions de tableaux connus ou les principaux types d'architecture ; enfin avec les dessins humoristiques des journaux amusants. Il est encore trop tôt pour proposer des conclusions générales : en fait, l'esthétique expérimentale est loin d'être acceptée aussi universellement que la psychologie expérimentale. Beaucoup d'esthéticiens n'en veulent pas entendre parler. Toutefois nous pouvons dire que la théorie de l'empathie, la théorie selon laquelle tout effet esthétique vient de ce que nous découvrons nos propres activités dans le monde qui nous entoure (p. 425) est aussi caractéristique de la période actuelle que la théorie de la section d'or l'était de la période antérieure. Les stimuli qui éveillent les sentiments du beau, du laid ou du comique peuvent être introduits au laboratoire ; mais c'est bien difficile d'en faire autant pour les stimuli évocateurs des sentiments du sublime ou du tragique. L'esthétique expérimentale rencontre ainsi en son chemin un sérieux obstacle. Une autre difficulté plus grave encore, peut être, tient à ce que l'attitude esthétique tend à se transformer en une attitude émotive générale et ensuite à se charger, par adaptation affective, en indifférence. Comment être sûr que le sujet, dans une expérience d'esthétique, donne une réaction vraiment esthétique ? La seule façon possible de surmonter cette difficulté est d'accumuler un très grand nombre d'observations et de laisser la différentiel esthétique se dégager d'elle-même (p. 31). En attendant, il serait très prématuré d'accepter une des théories historiques du sentiment esthétique, par exemple, la théorie selon laquelle chaque fois que nous nous amusons d'une chose risible, nous réalisons consciemment notre propre supériorité (théorie de la dégradation),ou la théorie qui voit dans le sentiment du risible l'annulation d'un processus d'attente (théorie de l'incongruité).
Titchener 33
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Sentiments intellectuels. La nature de ces sentiments est plutôt matière à raisonnement qu'à observation. Nous accorderons probablement tous, à la suite d'observations fortuites, qu'il y a de réels sentiments d'accord logique ou de contradiction, de facilité ou de difficulté à penser, de vérité ou de fausseté, de croyance ou d'incrédulité. .Mais quand on essaie de les provoquer, dans le laboratoire, au moyen des méthodes décrites au § 139, on ne trouve que des formes dégénérées, comme les sentiments secondaires de reconnaissance ou d'imagination ; nous constatons plutôt des attitudes affectives que de vrais sentiments. Les sujets ont derrière eux le travail de l'attention secondaire et il n'est pas facile de les mettre dans une situation susceptible d'éveiller en eux un sentiment intellectuel. D'autre part, la méthode employée est d'origine récente et elle a été, tout d'abord, élaborée en vue de l'analyse de la pensée, en ellemême. Par suite, il est possible qu'une méthode modifiée, employée avec l'intention directe d'évoquer des sentiments puisse être plus féconde en résultats.
Sentiments sociaux ou éthiques et sentiments religieux. Parmi les sentiments sociaux, nous pouvons placer des expériences comme la honte ou la fierté, l'humiliation ou la vanité, les sentiments de culpabilité ou d'innocence, de liberté ou de contrainte, de confiance ou de défiance, de gratitude ou d'ingratitude, l'envie ou la compassion, la jalousie ou la magnanimité, l'émulation ou l'effacement de soi, la clémence ou l'esprit de vengeance, le sentiment d'être l'obligé ou le protecteur d'autrui ; parmi les sentiments religieux, citons la crainte, la vénération, l'humilité, le sentiment d'indignité, la foi, la résignation, l'exaltation, le remords. Mais très peu de ces sentiments supérieurs se développent complètement : la plupart apparaissent, dans des circonstances privilégiées, sous la forme d'émotions, ou plus habituellement encore, sous celle de sentiments (feelings) secondaires ou d'attitudes affectives. On ne les a jamais étudiés expérimentalement.
L'expression du sentiment supérieur. D'après nos données actuelles, la réaction organique du sentiment supérieur est du même ordre, mais d'intensité moindre, que celle de l'émotion. La raison en est que l'affection primaire, la situation colorée d'affectivité finit, dans la plupart des cas, par signifier et remplacer l'expérience totale (p. 494). Des observations acciden-
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telles sembleraient montrer que dans la réalisation complète d'un sentiment supérieur (lorsque, par exemple, on se rend compte qu'on porte pour la première fois une appréciation critique dans un certain domaine intellectuel, ou, lorsqu'après une étude laborieuse des canons de l'art et une analyse répétée des formes d'art, on se sent dans une certaine mesure, capable de communier avec l'artiste dont on contemple le chef-d'œuvre), ces observations, disions-nous, sembleraient montrer que dans ces cas, la réaction organique est aussi diffuse et aussi intense qu'elle l'est dans la joie ou la colère. Le témoignage du langage n'a ici que peu de valeur, puisque le nom de chaque sentiment peut également servir à désigner une émotion.
LECTURES COMPLÉMENTAIRES
§§ 128-137. W. Wundt, Pkysiol. PsychoL, III, 1903, 209 sq • Grundriss des Psych., 1905, § 13 ; Th. Ribot, Psychologie des Sentiments, 1911 ; A. Lehmann, Die Hauptgesetze des menschlichen Gefùhlslebens, 1892 ; A. Bain, The Emotions and the Will (1859), 1880.
§ 128. W. Wundt, Zur Lehre von den Gemûthsbewegungen dans Philosophische Studien, VI, 1891, 335 sq. ; C. Stumpf' Ueber den Bcgriff der Gemuûisbewegung, dans Zeits f. Psychologie und Physiologie d. Sinnesorgane, XXI, 1899, 47 sq.
§ 129. C. Lange, Les Emotions (trad. française) 1895 • V\ . James, Principes of Psychology, II, 1890, 442 sq.
§§ 130-131. W. James, The physical basis of Emotion, dans PsychoL Renew, I, 1894, 516 sq. ; H. N. Gardiner, Récent Discussion of Emotion, dans Philos. Review, V 1896 10? sq •
vv^x fS^J \ Ward' art Psychol°Zy> dans EncyclBriù, XXXII (\ III de la 10* éd.), 1902, 65.
§ 132. Sur les lois de l'expression émotive : C. Darwin The
Expression of Emotion in Man and Animais (1872) 1890
28 sq. ; Wundt, Physiol. Psych. , III, 1903, 284 sq. • W 'james'
Princ of Psych., II, 1890 ; 477 sq. ; B. Bourdon, L'expression
des émotions et des tendances dans le langage, 1892 19 sq •
J. M. Baldwin, Mental Development in the Child and 'the Race' •
Methods and Processes, 1906, 211 sq. ; E. Cuyer, La mimique,
1902. On trouva d'autres références sur la loi de dynamogénèse,
5i6 l'émotion
dans Expérimental Psychology de l'auteur, II, n, 1905, 364 sq,
§ 133. Wundt, op. cit., 225 ; W. James, op. cit., 485 ; D. Irons The Primary Emotions, dans Philos. Bev., VI, 1897, 626 sq. ; W. Mac Dongall, An Introduction to Social Psychology, 1908, 45 sq.
§ 134. T. Ribot, op. cit. ; sur l'expansion et le transfert, A. Lehman, op. cit., 266 sq. ; E. Freiherr von Gebsattel, Bemerkungen zur Psychologie der Gefùhlsir radiation, dans Arch. f. d. ges.Psych., X, 1907, 134 sq. Sur l'illusion, Th. Ribot, Problèmes de psychologie affective, 1910, 147 sq.
§ 135. Stumpf, op. cit. ; Th. Ribot, Qu'est-ce qu'une passion ? dans Rev. Phil., LXI, 1906, 472 sq. ; Comment les passions finissent, id., 619 sq. Sur le tempérament, Ribot, Psychol. des Sentiments ; F. Paulhan, Les Caractères, 1894 ; A. Fouillée, Tempérament et caractère selon les individus, les esses et les races,
§§ 136-137. Wundt, op. cit., 123 sq., 624 sq. Ribot, op. cit. Sur l'esthétique expérimentale, G. T. Fechner, Zur experimentalen Aesthetik, 1871 ; Vorschule der Aesthetik, 1876 ; J. L. de Bancels, Les Méthodes de V esthétique expérimentale ; formes et couleurs, dans Année Psychologique, VI, 1900, 144 sq. ; 0. Kiilpe, Gegenwàrtiger Stand des Experimentellen Aesthetik, dans Bericht iiber den II. Kongress f. exper. Psychol., 1907, 1 sq.
§ 138. La nature de Vattitude consciente. — La psychologie expérimentale, tout le long de son histoire, a tiré grand profit de résultats incidemment trouvés. En un temps où les critiques déclaraient que la méthode expérimentale ne pourrait jamais nous servir qu'à connaître les sensations et à mesurer les durées, en ce temps même, les travaux faits sur la sensation et la réaction jetaient une nouvelle lumière sur l'attention et la reconnaissance, la comparaison et la discrimination. Chaque étude qu'on entreprenait, si étroite qu'en ait été la conception originale, se hérissait bientôt d'une foule de faits qui suggéraient des recherches nouvelles et le lecteur s'étonne aujourd'hui de l'aveuglement du critique, et tout autant de l'obstination avec laquelle le chercheur s'en tenait, malgré une multitude de découvertes capables de le distraire, au seul but qu'il avait assigné à ses recherches.
Dès le début du xxe siècle, l'intérêt de la psychologie expérimentale s'est concentré sur le domaine de la pensée, et un résultat fortuit des travaux, qui cherchaient à analyser les processus de la pensée, fut la découverte des attitudes conscientes. Que sont précisément ces attitudes, quelle est leur place dans la hiérarchie des phénomènes psychologiques ? C'est encore là un sujet de discussion. Les sujets les rapportent comme des processus vagues et fuyants qui enveloppent la signification entière d'une situation donnée. Tantôt, elles ont un caractère surtout émotif, tantôt surtout intellectuel. Elles sont indiquées, désignées soit par un simple mot tel que « hésitation »,
« irrésolution », « incapacité », etc.. ou par une phrase comme : « l'intuition que la division peut être faite sans reste»; «le souvenir d'avoir parlé précédemment de tout cela, sans être arrivé à aucune conclusion ». Si le lecteur essaie d'amener en lui l'une de ces consciences, par exemple la conscience d'une impuissance générale à comprendre un raisonnement compliqué, ou encore la conscience que 243 est un multiple de 27, il saisira la nature de l'attitude consciente, la disproportion entre la signification logique et le contenu psychologique, et par suite la difficulté d'analyser ce processus.
Il n'est pas possible de donner une liste des attitudes conscientes ; tout d'abord parce que le sens des mots n'est pas fixé (nombre de mots comme doute, hésitation, incertitude sont interchangeables) et ensuite chose bien plus importante, parce qu'il semble que toute expérience mentale complexe puisse apparaître sous la forme d'une attitude. Nous pouvons avoir, sous forme d'attitude, conscience qu'une chose est réelle, qu'elle dure longtemps, qu'elle s'en va plus vite qu'on ne le croyait, qu'elle est la répétition d'une chose précédente, qu'elle est incompatible avec telle autre, qu'elle a du sens, qu'elle est nouvelle, qu'on l'a sur le bout de la langue, qu'elle sera difficile, que nous n'avons pas besoin de la faire, que nous n'y sommes pas préparés, que nous la pouvons faire si nous l'essayons, que nous avons tout embrouillé, etc. Du côté émotif, nous pouvons sentir que nous approuvons ou que nous désapprouvons, que nous sommes sauvés, que nous avons été joués, que tout cela n'a pas d'importance, qu'en tout cas nous avons fait notre possible, qu'il ferait bon pouvoir jurer, que telle tâche est en somme intéressante, que personne n'a le droit d'en user ainsi avec nous, qu'après tout il vaut mieux en finir, etc. Il semble qu'on ne pourrait achever ce catalogue d'attitudes possibles avant d'avoir littéralement épuisé les ressources du langage.
Quand les attitudes conscientes firent leur apparition dans les rapports introspectifs des sujets de laboratoire, on les consigna sans les analyser ; et l'on supposait que, ei, dans les circonstances données, ces attitudes avaient
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résisté à l'analyse, et qu'on devait se contenter de les nommer et les laisser de côté, elles pourraient, dans des conditions plus favorables, se résoudre en des processus élémentaires plus familiers, sensations, images et affections. Mais l'intérêt principal des recherches ultérieures se porta sur le mécanisme de la pensée, du jugement et du raisonnement ; les attitudes conscientes ne furent pas étudiées pour elles-mêmes et ainsi, à défaut d'analyse spéciale, et devant la liste déjà longue des attitudes discernables, l'impression s'est fortifiée qu'elles sont inanalysables. Certains psychologues maintiennent, d'une façon très nette, qu'il y a des notions (awarenesses) de signification et des notions de relation qu'on ne peut réduire à des termes plus simples, mais qu'on doit accepter comme composants non sensoriels et non imagés des processus mentaux supérieurs. L'auteur croit au contraire, que les attitudes, dans la mesure même où elles sont conscientes, sont toujours analysables.
Le lecteur doit saisir clairement l'état actuel des recherches expérimentales. En ce qui concerne l'émotion, nous n'avons pratiquement aucune donnée introspective ; à part quelques observations prises au cours d'expériences faites selon la méthode d'expression (p. 245 sp.), nous n'avons rien que la physiologie et la psychologie schématique des manuels. En ce qui concerne les attitudes, nous avons une foule de comptes rendus introspectifs, mais l'accent y est placé, presque sans exception, sur autre chose que sur l'attitude même. Comme les sujets sont honnêtes et compétents ils ont noté ces attitudes lorsqu'elles leurs apparaissaient et s'en sont tenus là. On a fait bien peu d'efforts pour amener une attitude au foyer de la conscience et pour suivre sa genèse et son déclin. Mais c'est déjà quelque chose que des processus comme le doute, l'hésitation, l'effort pour se rappeler, l'impression de certitude aient été reconnus pour les choses embarrassantes qu'ils sont en effet et aient été posés comme autant de problèmes qui attendent leur solution ; ce n'est qu'après un effort très sérieux et une étude minutieuse qu'on pourra peut être les considérer comme des processus élémentaires et inanalvsables.
La position de la psychologie par rapport à l'attitude est très sensiblement la môme que celle qu'elle a par rapport à l'affection (p. 258 sq.). La théorie selon laquelle notre vie affective offre des degrés de plaisir et de déplaisir mais rien de plus, semble bien diminuer et méconnaître un peu la complexité de l'expérience humaine ; aussi est-on disposé, en général, à accepter toute suggestion d'autres catégories affectives qui cadre mieux avec nos observations quotidiennes. De même, la théorie selon laquelle notre vie intellectuelle est en dernier ressort composée de sensations et d'images semble bien diminuer et méconnaître sa richesse, et c'est pourquoi tout ce qui semble l'infirmer est bien accueilli. L'auteur ne veut pas insinuer que l'une ou l'autre de ces solutions est à éliminer ; tant que les psychologues de marque seront en désaccord, les différentes solutions resteront également possibles. Il veut seulement mettre en garde le lecteur contre un penchant naturel qui peut l'amener à trancher les questions avant qu'elles aient été résolues par l'expérimentation.
Mais s'il existe des composants des processus mentaux supérieurs autres que les sensations et les images, trois solutions restent possibles. Il peut y avoir un élément indépendant de pensée, coordonné à la sensation. Cette position a été prise depuis quelques années, mais dans l'état actuel de la psychologie elle est indéfendable (§ 139). Il peut encore y avoir un élément dépendant de pensée, qui comme l'affection (p. 235), ne pourrait apparaître seul dans la conscience mais qui néanmoins serait irréductible à l'image. Nous examinerons cette théorie au § 140. Enfin, il peut y avoir une forme spéciale de combinaison (§ 104) caractéristique de la pensée, commune à toutes ses modalités, et sans laquelle aucun complexe d'images ne peut devenir une pensée. Dans ce cas, la pensée serait encore un élément mais, pour ainsi dire, un élément d'un ordre supérieur à la sensation, l'image, l'affection. Nous examinerons cette solution au § 141.
§ 139. Le prétendu processus élémentaire de pensée^ — Une psychologie descriptive de la pensée nous dira, sous une forme analytique, ce qui se passe en nous lorsque noua pensons, et si la description veut être adéquate, les modes de la pensée dont elle procède devront être étudiés dans