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METHODE DE LA PSYCHOLOGIE

jamais, non plus que la conscience d'hier : pourtant il y a une science psychologique comme il y a une science océanographique.

§ 6. La méthode de la psychologie. — La méthode scientifique peut se résumer en un seul mot : l'observation. La seule façon d'opérer en science consiste à observer les phénomènes qui forment l'objet de la science. Or, l'observation suppose deux choses : l'attention prêtée aux phénomènes, l'enregistrement des phénomènes, c'est-à-dire l'appréhension claire et lucide des faits et la traduction de ces faits en mots ou en formules.

Afin de s'assurer une appréhension claire et un rapport précis, la science a recours à l'expérimentation. Une expérience scientifique est une observation qui peut être répétée, isolée et variée. Plus fréquemment on peut répéter une observation, plus on a de chances de voir clairement les faits et de décrire exactement ce qu'on a vu. Plus strictement on peut isoler une observation, plus aisé devient le travail d'observation et moins on court le risque d'être induit en erreur par des circonstances étrangères ou de placer l'accent chez un fait secondaire. Enfin l'uniformité des constatations apparaîtra d'autant plus clairement et l'on aura d'autant plus de chances de découvrir des lois, qu'on aura varié les observations dans de plus larges limites. Tous les procédés expérimentaux, tous les laboratoires, tous les instruments sont préparés et disposés en vue d'un seul but : donner au travailleur les moyens de répéter, d'isoler,et de varier les observations.

La méthode de la psychologie est donc Y observation. Pour la distinguer de l'observation dans les sciences physiques (qui est extrospection parce qu'elle est tournée vers le dehors), l'observation psychologique a été nommée introspection (parce qu'elle regarde en dedans). Mais cette différence d'appellation ne doit pas nous faire perdre de vue la ressemblance essentielle des méthodes. Prenons quelques exemples caractéristiques.

Nous pouvons commencer par des cas très simples : 1° Supposez qu'on vous présente, deux disques de papier, le premier uniformément violet, l'autre moitié rouge et moitié bleu. Si l'on fait tourner rapidement ce deuxième disque, le bleu et le rouge fusionneront, comme nous disons, et vous verrez un certain bleu-rouge, c'est-à-dire une espèce de violet.Le problème est de proportionner le rouge et le bleu sur ce deuxième disque de façon à ce que le violet qui en résulte soit identique à celui du premier disque. Vous pouvez répéter cette série d'observations autant que vous voudrez : vous pouvez isoler les observations en opérant dans une pièce qui ne renferme pas d'autres couleurs, peut-être susceptibles d'altérer l'expérience. Vous pouvez varier les observations et chercher à obtenir l'identité des violets, soit en partant d'un disque à deux couleurs qui contient manifestement trop de bleu, soit en commençant avec un disque qui contient maniîftement trop de rouge.

2° Supposez maintenant qu'on frappe l'accord do, m*, sol et qu'on vous demande de dire combien il comprend de notes. Vous pouvez répéter cette observation : vous pouvez l'isoler en opérant dans une pièce silencieuse, vous pouvez la varier en faisant frapper l'accord à des octaves différents. Il est clair que, dans ces exemples, il n'y a pratiquement aucune différence entre l'extrospection et l'introspection. On emploie la même méthode qu'on emploierait pour compter les oscillations d'un pendule ou pour lire sur le cadran d'un galvanomètre dans un laboratoire de physique. La différence est dans l'objet de l'observation : les couleurs et les sons sont des faits qui dépendent du sujet qui observe, au lieu d:être indépendants comme les faits physiques. Mais la méthode est essentiellement la même.

Prenons maintenant des cas d'introspection plus complexes :

1° Supposez qu'on prononce un mot devant vous, et qu'on vous demande d'observer les effets que cet excitant

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