MÉLANGE DES COULEURS
aspect du phénomène qui dépend de l'éclairage général de l'entourage aux paragraphes 19 et 22.
§ 17. Comment la sensation visuelle dépend de la composition de la laniière : les lois du mélange des couleurs. — Pour montrer comment les sensations visuelles dépendent de la forme ou de la composition des ondes lumineuses, le plus simple est d'employer un appareil rotatif pourvu de disques de plusieurs couleurs comme ceux dont on a parlé au § 6. Chacun sait qu'une allumette enflammée qu'on fait tourner rapidement apparaît comme un cercle de feu. L'effet que produit sur l'œil le stimulus mobile persiste un certain temps sous la forme d'une image consécutive positive jusqu'à ce que le stimulus revienne à son point de départ. Tel est le principe sur lequel est fondé l'emploi des disques rotatifs. C'est, en outre, une loi d'optique physiologique que si des disques à secteurs diversement colorés tournent assez rapidement pour éviter le papillotement, l'impression qui en résulte pour l'œil est la même que celle que produirait la lumière physique réfléchie par les différents secteurs et uniformément étendue en couches superposées sur la surface totale du disque. De ce point de vue donc l'emploi des disques est aussi sûr que commode. Pouvons-nous conclure à des résultats obtenus avec les disques aux résultats qu'on obtiendrait avec d'autres formes de stimuli et plus spécialement pouvons-nous conclure des couleurs des disques aux couleurs pures du spectre ? C'est là une question que seule l'expérience peut trancher. Revenons donc à l'expérience. Les faits à considérer dans ce paragraphe peuvent se grouper sous trois lois connues sous le nom de lois du mélange des couleurs.
a) La première loi établit que pour chaque couleur on peut en trouver une autre, appelée couleur complémentaire ou antagoniste qui, mélangée avec la première dans une juste proportion, donne la sensation de blanc, et qui, si le mélange est fait selon toute autre proportion, donne
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une sensation colorée moins saturée et de même tonalité que la couleur qui domine dans le mélange. Les couleurs complémentaires sont : carmin et vert-bleuâtre, rouge et vert de gris, orangé et bleu-verdâtre, jaune et bleu, vertjaune et violet, vert et pourpre.
b) La deuxième loi établit que le mélange de deux couleurs quelconques qui ne sont pas complémentaires, donne une sensation de couleur de tonalité intermédiaire entre ces deux couleurs : cette tonalité varie selon la proportion des deux couleurs composantes, et la saturation est plus ou
Fig. i. — Appareil rotatif de démonstration pour six ensembles de disques.
moins grande selon que ces couleurs sont voisines ou éloignées dans la série des tonalités. Ainsi, un mélange de rouge et de bleu donnera du violet, du pourpre, ou du carmin, selon les proportions du mélange, et un mélange de rouge et de jaune donnera un orangé relativement moins saturé que l'orangé obtenu par une combinaison de rouge-orangé et d'orangé-jaune. Ces deux lois sont évidemment du même ordre : elles résument des observations de même espèce, c) La troisième loi nous conduit plus loin et nous montre l'effet que produit la combinaison, non pas de couleurs simples, mais de couleurs composées. On l'appelle parfois loi de Newton parce qu'elle est implicitement contenue dans sa théorie de la composition de la lumière (1). Nous
(1) Cette loi appelée loi de Talbot, fut proposée pour la première fois en 1834, par le physicien W. H. F. Talbot, un des inventeurs de la photographie (The London and Edinburgh philosophical magazine and jourr.al of science série 3. V. 328 sq.).
(1) I. Newton, Optics, or a treatise of the reflections, refractions, infleclions and colours of light (1704), Bk I, pt. II, prop. 4-6.