‹ Manuel de psychologieChapitre 29 sur 142 · MÉLANGE DES COULEURS · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES COULEURS

pouvons la formuler ainsi : si deux mélanges de couleurs éveillent la même sensation lumineuse ou colorée, la combinaison de ces deux mélanges produira aussi la même sensation. Si, par exemple, le gris qui produit une combinaison de carmin et de vert-bleu est le même que celui que produit une combinaison de rouge et de vert-de-gris, ce même gris résultera aussi du mélange, dans leurs proportions originales, de ces quatre couleurs. Cette loi nous permet de répondre affirmativement à la question soulevée plus haut : est-il légitime de conclure des couleurs de disques aux autres formes de stimuli visuels et spécialement aux couleurs spectrales ?

On obtient cette réponse grâce au corollaire selon lequel toute couleur non saturée peut être obtenue par le mélange d'une couleur saturée et de gris. Les couleurs de disques sont des couleurs relativement non-saturées ; elles sont physiquement composées d'un certain nombre de couleurs différentes et d'une couleur prédominante (ou d'un petit groupe de couleurs voisines). Or la première loi déclare que le mélange de deux couleurs complémentaires donne du gris. La troisième déclare que tous les mélanges de couleur ont une valeur de mélange constante et que, par suite, n'importe quel gris peut être considéré comme le résultat du mélange dans des proportions convenables d'un certain couple XY de couleurs complémentaires. Si Y est en excès, le première loi nous dit que nous obtenons une sensation de couleur de même tonalité que Y, mais faiblement saturée. Par suite, pour produire une couleur particulière non saturée, il suffit de chercher parmi les couleurs saturées la couleur Y convenable et, quand on l'a trouvée, d'y ajouter une certaine quantité de gris. Cela signifie toutefois que nos couleurs de disque peuvent être regardées comme des couleurs spectrales mélangées à des quantités diverses de lumière blanche et que, par conséquent, notre démonstration des trois lois vaut aussi bien pour le spectre que pour des papiers colorés. Ces lois ont d'autres corollaires importants. Ainsi il découle de la première et de la deuxième lois prises ensemble que la combinaison de trois couleurs telles que le mélange de deux quelconques d'entre elles donne la couleur complémentaire à la troisième,

produira des sensations de couleur de n'importe quelle tonalité et de tous les degrés possibles de saturation depuis un certain maximum jusqu'au zéro. Soit, par exemple, du rouge, du vert et du violet. Le mélange rouge- violet donnera, d'après la deuxième lui, tous les tons de la région orangé- jaune- vert : le mélange vertviolet donne du bleu vert ou du bleu : le mélange violet-rouge donne du pourpre ou du carmin. De plus la couleur complémentaire du violet se situe entre le rouge et le vert : celle du rouge entre le vert et le violet, celle du vert entre le violet et le rouge ; par suite, si l'on mélange en proportions convenables ces trois couleurs, on pourra obtenir une sensation de couleur de n'importe quelle tonalité demandée, ou de n'importe quel degré de saturation inférieure à celui des différentes couleurs composantes. Voici quelques unes des triades analogues de couleurs : rouge- jaune- vert-bleu, orangé- vert-violet, pourpre- jaune, vert, bleu-vert, etc. C'est là un corollaire très utile pour nous car il est rare que les couleurs de disques soient exactement complémentaires. Ainsi, pour démontrer le caractère complémentaire du carmin et du bleu- vert, nous prendrons trois papiers colorés : carmin, bleu et vert et nous varierons les proportions des secteurs jusqu'à ce que nous trouvions un bleu vert complémentaire du carmin donné. De même avec les autres couples de couleurs complémentaires.

Enfin, il suit de la troisième loi, telle que nous l'avons formulée plus haut, que les équations de couleurs sont indépendantes de l'énergie des stimuli physiques. Supposons, par exemple, que nous ayons comparé un gris formé d'un mélange carmin-bleu vert, à un gris formé de bleu et de jaune : supposons maintenant que l'énergie de ces gris soit doublée ou triplée. Cela revient au même que si nous avions fait deux ou trois fois l'expérience et sin ous avions ajouté une ou deux fois le gris à luimême. Les gris doubles ou triples qui en résulteraient, doivent, selon la loi,etre identiques comme les gris simples de l'expérience originale. Cependant, il peut arriver que le phénomène de Purkinje nous donne tort. Si, en effet, on établit d'abord l'équation des couleurs pour une très petite énergie lumineuse, et si l'on augmente d'une façon considérable cette énergie, le gris prottt du mélange bleu-jaune, paraîtra évidemment plus clair que le gris qui résulte du mélange carmin-bleu vert. Si, au contraire, l'équation est établie, en premier lieu, pour une éner-

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