‹ Manuel de psychologieChapitre 41 sur 142 · SENSATION OLFACTIVE ET STIMULUS OLFACTIF H · texte numérisé non relu

SENSATION OLFACTIVE ET STIMULUS OLFACTIF H

8° Odeurs fétides . Opium, laudanum, graines de coriandres fraîches. Punaise des lits.

9° Odeurs nauséeuses.

Satyre fétide, eau croupie, matières animales en décomposition, fèces.

Chacune de ces classes peut être subdivisée, et en certaines de ces subdivisions on peut encore distinguer de nouveaux groupes. Mais il n'est pas nécessaire d'entrer dans plus de détails, car cette classification est peu satisfaisante, parce qu'un grand nombre d'odeurs ne peuvent assurément pas être classées sous l'une ou l'autre de ces neuf rubriques et, en outre, parce que les odeurs groupées sous certaines de ces rubriques (1 et 3, ou 2 et 4) semblent plus apparentées que certaines odeurs particulières réunies dans la même catégorie (2 ou 6). Néanmoins cette classification sert à donner quelque idée de la quantité et de la variété innombrable des qualités olfactives.

Nombre de stimuli mentionnés dans la liste ci-dessus déterminent des effets sensoriels qui sont tout à fait en dehors du domaine de l'odorat. Ainsi les deux anesthésiques ordinaires, le chloroforme et l'éther, appartiennent en tant qu'odeurs, au groupe des odeurs éthérées. Mais en plus, lorsqu'on respire du chloroforme, on sent un goût sucré ; quand on respire de l'éther on sent un goût amer. Ces deux stimuli peuvent par diffusion donner naissance à des sensations de froid, et par application directe à des sensations de douleur. Les odeurs piquantes (ammoniaque, poivre, moutarde), produisent des sensations de picotement dans le nez et la gorge. L'odeur de l'oignon et celle du raifort font venir les larmes aux yeux ; dans certains cas le foin et le terreau fraîchement remué ont un effet désagréable sur la respiration. Les odeurs de la 8e et de la 9e classe peuvent exciter la sensation de nausée. Devant cet ensemble de faits, il nous faut soulever la question de la nature essentielle du stimulus olfactif, et de son mode d'action suri 'organe de l'odorat.

§ 31. La sensation olfactive et le stimulus olfactif. — Les sensations olfactives sont provoquées, non par la trans-

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mission d'ondulation d'air ou d'éther, mais par le contact effectif de particules matérielles avec l'organe sensoriel. Les particules odoriférantes peuvent être fournies par les substances volatiles qui se trouvent près de nous, ou elles peuvent être apportées de plus ou moins loin par des courants d'air. Elles entrent dans le nez pendant l'inspiration ; lorsque nous voulons donner toute sa valeur au parfum d'une fleur, nous l'aspirons ; au contraire, tant que nous retenons notre respiration, nous ne sentons rien. Il s'ensuit que tout stimulus odorant doit exister sous la forme d'un gaz ou d'une vapeur ; les solides et les liquides ne sont odorants que s'ils sont également volatils.

Les sensations olfactives peuvent pénétrer aussi par les narines postérieures. C'est ce qui se produit justement comme nous l'avons dit lorsque nous avalons. Lorsque de l'air odoriférant est aspiré par la bouche et rejeté par le nez, l'odeur est clairement perçue, bien qu'il y ait eu une certaine perte d'intensité due à l'adhésion des particules odoriférantes sur les parois humides de la bouche et de la gorge.

On peut, mais ce n'est pas du tout facile, chasser tout l'air contenu dans les cavités nasales, et amener ainsi un liquide odorant en contact direct avec l'organe de l'odorat. On en a fait l'expérience, mais les résultats ont été incertains. Même si nous affirmions que les stimuli liquides peuvent provoquer des sensations olfactives, il n'en resterait pas moins vrai que le stimulus olfactif normal se présente sous une forme gazeuse.

Sans aucun doute, l'action du stimulus sur l'organe de l'odorat est d'ordre chimique, de telle sorte qu'une substance est odorante ou inodore selon sa constitution chimique. On a essayé de mainte et mainte façon d'exprimer ce fait sous une forme rigoureuse, de découvrir avec précision quelle sorte de molécules est capable de provoquer de pareilles sensations. On n'a encore trouvé aucune loi particulière ou générale à ce sujet. Les résultats suivants montreront toutefois que ces recherches ne sont pas sans espérances.

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