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MELANGES TACTILES I7I

la fois par la douleur et la pression : l'objet aigu pique ou coupe, la pointe émoussée provoque des sensations diffuses de pression. Toutefois, ici comme pour tous les mélanges tactiles, l'association visuelle joue un rôle de premier plan.

L'impression d'humidité est un complexe de sensations de pression et de température. 11 est possible de produire, dans certaines conditions expérimentales, la perception d'humidité avec des choses absolument sèches, farine, poudre de lycopode, ouate, disques de métal, et inversement, on peut mouiller la peau avec de l'eau et évoquer la perception d'une pression sèche ou d'une température sèche. Ce n'est donc pas le fait de mouiller la peau, mais une distribution convenable de sensations de pression et de température qui nous donne l'impression de l'humidité. D'autres modes de distribution des mêmes sensations nous donnent, au contraire, la perception de la sécheresse.

La viscosité est un mélange de froid et de mou ; les sensations de froid et les éléments de pression qui fournissent l'impression du mou doivent se combiner de façon à donner la perception de moiteur. C'est ainsi qu'on peut reproduire artificiellement l'impression visqueuse d'un vêtement humide en posant le doigt sur une membrane de caoutchouc lâchement tendue, et en envoyant une bouffée d'air froid au moment du contact. L'impression d'huileux est sans doute due à une certaine combinaison de sensations de mollesse et de résistance ; le mouvement semble nécessaire à cette perception. On peut obtenir des impressions de collant et de gluant avec de la ouate sèche.

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

§§ 44-50 : A. Goldscheider, Gesammelte Abhandlungen, II, 1898 ; V. Henri, Revue générale sur le sens musculaire dans Y Année Psychologique, V, 1899, 399 ; C. G. S. Sherrington, The

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muscular Sensé dans le Text-book de Schàfer, II, 1900, 1902 sq. ; I. M. Bentley, The Synthetic Experiment dans American Journal of Psychology, XI, 1900, 414 sq. ; R. S. Woodworth, Le Mouvement, 1903 ; YV. Nagel, Die Lage-, Bewegungs-, und Widersta?idsempfindungen dans Handbuch de Nagel, III, 1905,. 735 sq.

§ 51. Les organes kinesthésiques de Voreille interne. — Nous avons trouvé dans les capsules articulaires des organes qui reçoivent leur excitation des mouvements de nos membres et qui nous font percevoir le mouvement et la position de nos membres. Il nous faut maintenant considérer certaines structures de l'oreille interne qui représentent une nouvelle espèce d'organes kinesthésiques. Ces organes sont excités mécaniquement par l'accélération d'un mouvement d'ensemble dû à la pesanteur, l'inertie ou la force centrifuge et ils nous donnent la perception des mouvements et de la position de la tête et, peut-être, du corps entier. Ils sont connus sous le nom de cristae ampullares (aigrettes des ampoules) des canaux semi- circulaires et de maculae acusticae (taches acoustiques) du vestibule.

Au § 28, nous avons eu affaire au limaçon de l'oreille interne, partie du labyrinthe membraneux qui forme l'organe terminal du nerf cochléaire et nous donne les sensations auditives. Nous avons maintenant à parler de la fonction du reste de l'oreille interne, c'est-à-dire du vestibule et des canaux semi- circulaires qui constituent les organes terminaux du nerf vestibulaire (1). Il y a cinq groupes de cellules dans chaque oreille, où viennent aboutir les fibres de ce nerf : les taches de l'utricule et du saccule, les deux divisions du vestibule, et les aigrettes des ampoules des trois canaux semi-circulaires. Taches et aigrettes appartiennent à un même type général ; on trouve en ces endroits un épaississement local de la paroi membraneuse sur

(1) On peut ajouter aux modèles de l'oreille interne mentionnés au § 28 le Bogengangmodell (cf. fig. 24) et l'Otholithenmodell d'Exner, tous deux utiles pour la démonstration.

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