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LE DEGRE D ATTENTION

leur cas, le cours de l'adaptation est interrompu par les mouvements involontaires de l'œil. On a noté le moment et la direction de ces mouvements, mesuré leur amplitude : à ces trois points de vue, on a remarqué la coïncidence de la production de ces mouvements et de la disparition de la sensation. Sa réapparition est due, en partie à la réparation des éléments rétiniens pendant le mouvement, en partie à un défaut d'ajustement de l'œil : après le mouvement, le globe oculaire ne revient pas exactement à sa position antérieure, et le stimulus peut alors affecter des éléments rétiniens qui n'avaient pas encore été exposés à l'adaptation. On a trouvé de plus que l'image consécutive négative, l'effet qui suit l'adaptation locale (§ 18) se comporte précisément de la même façon que la sensation primaire ; le cours de l'image consécutive est en lui-même continu ; mais il est interrompu lorsque, et dans la mesure où un mouvement de l'œil survient.

Donc, jusqu'ici, il n'est pas besoin d'invoquer l'attention pour expliquer les fluctuations : il nous faut supposer que les premiers observateurs ont été induits en erreur par une opinion préconçue, ou qu'ils ont commis des fautes de technique. Mais que faut il penser des fluctuations auditives de ton et de bruit ? La question est encore en litige. Certains sujets n'ont trouvé de fluctuations ni pour l'une ni pour l'autre ; d'autres en ont constaté pour toutes deux. La raison de la divergence de ces résultats est peut-être d'ordre physique : il est extrêmement difficile de maintenir un ton ou un bruit à une intensité absolument uniforme ; et un très léger changement d'intensité objective fera tout naturellement disparaître d'une façon complète un ton ou un bruit déjà faible.

Nous sommes encore obligés de nous en tenir là ; nous ne savons pas combien de temps peut durer une seule vague d'attention qui comprend une seule sensation visuelle, auditive, ou tactile. Nous ne saA'ons pas combien de temps peut se maintenir un niveau fixe d'attention dans les conditions de la vie courante, lorsque l'objet de l'attention change constamment. Une seule vague peut durer au moins 2 ou 3 minutes, et l'auteur ne serait pas surpris si l'on démontrait que l'attention peut se maintenir à un niveau constant pendant 2 ou 3 heures.

§ 82. Le degré d'attention. — La mesure de l'attention est

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un des problèmes les plus pressants de la psychologie expérimentale. Si nous pouvions mesurer la capacité d'attention d'un homme, et découvrir à chaque moment dans quelle proportion il use de cette capacité, c'est-à-dire si nous pouvions déterminer la plus grande hauteur possible de la vague d'attention (fig. 40) et mesurer la hauteur réelle de l'attention particulière que nous avons à apprécier, nous aurions obtenu un résultat scientifique de la plus haute importance, et d'une valeur pratique considérable. On a fait beaucoup d'expériences en ce sens, mais le problème est encore loin d'avoir reçu sa solution.

Une difficulté vient de l'emploi courant du mot « attention ». Lorsqu'on emploie ce terme sans qualificatif, on pense naturellement à l'attention secondaire ; on pense à l'attention que le professeur exige de l'élève, c'est-à-dire à l'effort d'attention. L'attention primaire, qu'elle soit originale ou dérivée, est une attitude si spontanée, si naturelle, que nous la remarquons à peine : tout au plus quand nous la voyons se manifester chez un autre, nous disons qu'un tel « est absent », qu'un tel est « plongé dans une profonde rêverie ». C'est là une erreur très naturelle, surtout chez l'homme de science, dont l'esprit pose sans cesse des problèmes et poursuit des solutions, que d'identifier ainsi l'attention à l'attention secondaire. Aussi, certains psychologues ont proposé de mesurer le degré d'attention par le degré de l'effort qui l'accompagne. Nous pouvons mesurer la sensation ; les sensations kinesthésiques indiquent le degré d'attention ; donc, si nous les mesurons, nous aurons aussi mesuré l'attention.

Ce raisonnement est fallacieux, pour la simple raison que les plus hauts degrés d'attention n'impliquent pas d'effort. Lorsque nous avons atteint le stade de l'attention primaire dérivée, l'effort a disparu. Les sensations kinesthésiques indiquent, non pas le degré d'attention, mais plutôt l'inertie de l'attention ; une attention tendue est, nous l'avons vu, une attention qui rencontre des difficultés ; le fait même que nous nous efforçons de faire

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