‹ Manuel de psychologieChapitre 88 sur 142 · LE STÉRÉOSCOPE '6:>.Ô · texte numérisé non relu

LE STÉRÉOSCOPE '6:>.Ô

Rivalité rétinienne et mélange binoculaire des couleurs. Jusqu'ici nous nous sommes servis du stéréoscope pour combiner les images disparates d'un seul et même objet. Nous pouvons également l'employer à projeter l'image de différents objets sur des surfaces rétiniennes correspondantes. Qu'arrive-t-il lorsque nous présentons aux yeux des images {pictares) de forme, de grandeur, de position identiques, mais de contenu différent ? I e résultai de beaucoup le plus fréquent est le phénomène connu sous le nom de rivalité rétinienne. Taillez une carte de la grandeur de la carte stéréoscopique (stéréoscope à réfraction) et collez-y, à la distance convenable, deux carrés de papier l'un rouge, l'autre vert, de un centimètre de côté, le premier traversé de lignes noires verticales, le second de lignes noires horizontales. Essayez de combiner les deux images dans le stéréoscope. Vous constaterez qu'ils alternent : tantôt c'est le carré rouge, tantôt c'est le carré vert qui apparaîtra ; tantôt l'une des deux couleurs semblera tendue comme un voile translucide devant l'autre : tantôt une tache rouge ou verte s'effacera devant l'autre couleur qui s'étendra progressivement sur tout le carré. On n'obtient pas une image binoculaire immuable. C'est une question controversée que de savoir si l'attention peut retenir l'une ou l'autre des deux couleurs (attention signifie ici l'ajustement cortical {cortical set), qui sous tend l'intention qu'a l'observateur de voir le rouge ou le vert, et les mouvements des yeux que provoque l'effort pour retenir, suivre ou retrouver une image en train de disparaître). Il semble, cependant, qu'une longue pratique puisse triompher de cette rivalité : car les hommes de laboratoire habitués au microscope ferment rarement l'œil^qui ne leur sert pas durant leurs observations.

Dans certaines conditions, le phénomène de la rivalité rétinienne est remplacé par celui du lustre binoculaire. Supposez que vous regardez une surface non brunie, unie sur toute sa surface, mais pas complètement cependant : un de vos yeux peut alors être dans la direction de la lumière réfléchie de telle sorte que pour cet œil la surface paraît brillante, tandis que l'autre oeil peut ne pas être dans cette direction si bien que la surface lui parait terne ou lui montre l'image réfléchie d'un autre objet coloré.

Une telle surface, vue par la vision binoculaire, apparaît comme lustrée. Si nous plaçons dans un stéréoscope deux images (pictures) d'un même objet, l'un blanc, l'autre coloré ; mieux encore,, si l'un est blanc, l'autre noir, nous obtiendrons la perception de lustré ou de luisant {sheen).

Fig. 5a.

L"image binoculaire de la figure 52 donne l'impression d'un poli analogue à celui du graphite, bien que chez beaucoup d'observateurs des traces de rivalité rétinienne puissent persister.

Enfin, le phénomène de rivalité peut être remplacé par celui d'un mélange binoculaire de couleurs.

L'existence de ce mélange a été ardemment discutée : pourtant il n'y a pas à en douter. D'après Fexpét rience qu'en a l'auteur, la meilleure façon de le produire à l'aide du stéréoscope est de combiner deux petites surfaces de couleur terne et

Fig. 53. — Appareil «le Ile- T ,

HBg pou. le mélange des co..- non saturée. Les carres de papier :hî7'J;'Lre/.deu-'yevU/;b,Jlr doivent être collés avec un soin

■ hamnre noire; g, ff , verres colorés rouge et Meu : p, p'f plaque extrême sur la carte du stéréoscope

de support en verre transparent; .. . . . A .

m, carrés de papier blanc. — et 1 observation devrait être faite

•iologie III, I, 1879, 5o3.

Hermann Ilandliudi d. Phv- 1 • j. l

J sans amener les images exactement au point de façon à ce que les contours des surfaces paraissent floues. Pourtant, certains sujets obtiennent les meilleurs résultats avec des contours

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