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LOCALISATION

identiques dTune grande complexité : c'est ainsi qu'on a fait des essais avec des timbre-postes de différentes couleurs. Quand le mélange est obtenu, la couleur résul' tante est la môme que dans le mélange ordinaire des couleurs, mais son brillant est la moyenne de celle des couleurs combinées.

§ 88. La perception d'espace : localisation. — Notre perception visuelle de place ou de position est très finement organisée : les stimuli qui sont distingués comme spatialement différents, dans la vision diurne, sont encore -localisés d'une façon définie, les uns par rapport aux autres (1). 11 en est autrement de la peau : la perception cutanée de « localité » (locality) est moins développée et nous sommes capables, au cours d'une seule expérience, d'en montrer différents modes et différents degrés de localisation. Supposons qu'on pose sur la peau de l'avant-bras d'un sujet une paire de compas, dont les pointes de caoutchouc durci légèrement émoussées sont écartées de 1 millimètre. Si le sujet a les yeux fermés, il perçoit une pression vive et unique sur l'avant-bras. La localisation peut se faire de différentes manières : nous pouvons sentir une tendance à porter l'autre main vers la partie touchée ou nous pouvons avoir une image visuelle du bras et de la pointe qui repose sur lui ou encore, la pression peut déclancher certaines formes verbales comme « au milieu du bras», « à mi-hauteur ». L'image visuelle et les mots sont naturellement des critères secondaires de la position cutanée et le sentiment du mouvement de localisation, bien qu'il soit d'une autre nature plus primitive, est, lui aussi, si nous faisons nôtres

(1) Cette assertion n'est vraie que d'une façon approximative. Nous^devrions, pour être rigoureusement exacts, tenir compte de la vision indirecte aussi bien que de la vision directe ; de la vision des points lumineux dans l'obscurité aussi bien que de la vision dans le crépuscule ; des états pathologiques de la rétine,de l'action des muscles oculaires dans les conditions normales et anormales, de la position de la tête. Mais s'il fallait s'occuper de tous ces détails, la psychologie de la perception de l'espace demanderait à .«lie seule tout un volume.

les conclusions du § 85, en dernier ressort, un critèresecondaire. Nous avons ici ce qu'on peut appeler la perception absolue de « localité » cutanée, la perception de la position d'une seule pression. Considérons, maintenant, la perception relative : séparons graduellement, petit à petit, les pointes du compas et notons les résultats. Le sujet aura, d'abord, l'impression d'une pointe mousse plus volumineuse : puis, insensiblement, cette impression se transforme en celle d'une petite surface ovale ; ensuite,, elle apparaît comme une ligne assez épaisse ; après quoi, on sent deux pointes aiguës réunies par une ligne légère ; enfin les deux pointes se séparent et deviennent distinctes. Mais tout ceci se produit sans que l'on se rende compte de la direction des lignes et des pointes : il faudra peut-être arriver à un écartement de 25 millimètres avant que le sujet puisse dire que cette direction est longitudinale ou transversale. Sa perception est d'abord celle d'une expansion cutanée, localisée d'une façon absolue et indifférentiée ; l'expansion montre ensuite une différence spatiale relative, mais une différence qui ne peut s'exprimer en termes de direction ; bientôt apparaît la perception indéfinie de dualité spatiale, de deux étendues discontinues et finalement le rapport de ces étendues devient défini et la perception de position relative ou de direction est alors complète.

L'exploration de la peau au moyen du compas esthésiométrique est une des plus anciennes expériences de psychologie. E. II. Weber (p. 220) publia en 1834 les résultats de l'exploration de la surface entière du corps : il trouva que la discrimination des différences spatiales est la plus fine à l'extrémité de la langue et des doigts, la plus confuse sur le haut du bras, la cuisse et le dos. Weber croyait avoir ainsi mesuré le seuil spatial, c'est-à-dire, la plus petite grandeur d'espace cutané perceptible. Cependant, en fait, il n'y a aucune relation nécessaire entre la dualité spatiale (différence de localisation) et la grandeur spatiale (extension, longueur de ligne entre deux points). La discrimination des grandeurs avec ou sans la perception de

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