ILLUSIONS SPATIALES
^ Fig. 5; bù.
d'Oppel. Le grand diagramme à gauche, au-dessous des lignes, est le modèle de Zôllner : à droite est la figure de Poggendorfï. Au-dessous on voit les parallèles de Lipps. Le cercle brisé, en bas, à gauche est le cercle de Muller- Lyer droite les demi-cercles du même auteur.
3'j2 PERCEPTIONS SPATIALES
espaces cutanés et tactiles présentent des illusions semblables : mais les résultats diffèrent beaucoup, tant selon les variations des conditions d'expérience que selon l'attitude de l'observateur, de sorte qu'on ne peut encore donner un principe unique d'explication.
§ 92. Théories de la perception d'espace. — Les théories psychologiques de la perception d'espace se répartissent entre deux hypothèses extrêmes. D'une part, nous avons les théories qui font dériver la perception d'espace d'une connexion intime de sensations, bien que celles-ci doivent être considérées comme entièrement inextensives. D'autre part, nous avons les théories qui attribuent à chaque sensation les caractères spatiaux essentiels. La théorie impliquée dans les § 85 et suivants, adopte une position intermédiaire : elle fait de l'extension un attribut de certaines classes de sensations, regarde la localisation comme un corollaire de l'extension et essaie de trouver les conditions définies, secondaires de la perception de profondeur.
Comme exemple de théories du premier type (théories génétiques), nous pouvons exposer les idées de Wundt sur l'origine des idées spatiales. Chaque point de la peau, dit Wundt, donne à sa sensation de pression, de quelque manière qu'elle soit provoquée, une nuance qualitative particulière qu'on peut appeler un signe local. Mais, en passant d'une sensation de signe local a à une sensation de signe local b, nous éprouvons la sensation de mouvement B ; tandis qu'en passant de a à c qui en diffère davantage nous avons la sensation de mouvement plus forte C. La fusion des sensations de pression et de leurs signes locaux qualitativement gradués avec les sensations de mouvement intensivement graduées donne, comme résultante, un espace tactils Lidimensionnel. Il n'est pas difficile, ensuite, si nous attribuone aussi des signes locaux aux sensations articulaires, de passer à la perception tridimensionnelle. Wundt ajoute que les membres ont tendance à se mouvoir en ligne droite pour s'approcher ou s'éloigner des objets du champ : c'est pourquoi les dimensions de l'espace sont naturellement regardées comme rectilignes. De même, chaque point de la rétine donne à la sensation qui lui