STATIONS LACUSTRES, PALAFITTES ET TERRAMARES
On désigne sous le nom de stations lacustres des groupes d'habitations construites sur les lacs et aussi aux environs des cours d'eau. Ces constructions ont été constatées un peu partout : aussi bien en Suisse, dans l'Europe centrale, qu'au Caucase, en Asie, en Afrique, au Dahomey, comme en Amérique et en Océanie. Mais elles sont d'époques très différentes ; et toutes sont loin d'offrir le même intérêt au point de vue archéologique.
Les stations lacustres les plus connues et les mieux étudiées sont celles des lacs de la Suisse, du Tyrol et de la Haute-Italie. Gomme distance des rives, leur emplacement à Tintérieur des lacs est assez variable. Les plus anciennes sont situées à 40, à 90 mètres, tandis que les plus récentes s'en éloignent parfois de 2 à 300 mètres. C'était un moyen de se garer des animaux sauvages et aussi des surprises d'un ennemi ou des pillards. De là, cet éloignement qui s'est accru selon que les craintes augmentaient.
Ces habitations faites de troncs d'arbres et de branchages s'élevaient au-dessus des eaux, sur une plateforme que supportaient de gros pieux en bois, enfoncés dans le fond du lac. Ces pilotis très nombreux occupaient parfois de grandes étendues, de deux à trois
STATIONS LVCfSTRES
hectares mêmes. A la suUe de circonstances fortuites ayant fait baisser les eaux, on a pu en relrouver en place. C'est !à que Ton a recueilli des quantités de débris d'industrie de toute nature, suite d'une lon^çue occupa lion.
Ces constructions ïeL^ères» couvertes de chaume et
Fîg. 122. — Keconslilulion d uti {j^roupe dliûbiulioiif^ lat-iistres pnr A, de Mortillet,
de roseaux, étaient sou\ent détruites par des iucendies. Quand tout s'elTontbait, sur le même en) placement ou reconstruisait à nouveau. Ce sont toutes ces couches superposées qui possèdent des restes précieux à étudier» l*3n Suisse, les stations lacustres ont commencé à la lin de la période néolithique, pour dis[îaraTtre h la lin de Tage du bronze et au plus au {lêl)ul du premier û^q du fer. Cette loiif.;ae période lacustre est nettement définie pour la Suisse: elle comporte trois subdivisions, auxquelles on a donné le nom des stations où les mobiliers sont bien caractérisés.
Le Rohenhausien (station du lac de Zurich). On ny rencontre pas de métaux, mais des outils, des haches en pierre polie (jadéite, roches néphritoïdes), des instruments en os, en bois de cerf. — La poterie est faite à la main (pas de stries comme preuve du tour), a la forme écuelle, est mal faite, sans anse, avec absence d'ornement.
Le Locrien (Locras, station du lac de Bienne). (Pas de bronze encore, mais des objets en cuivre pur^ inii-
Fig. 123. — Carte des palafittes du lac de Genève.
tant ceux de la pierre polie auxquels ils sont associés. — Poterie toujours à la main, toujours type écuelle, pas d'anse, mais des mamelons, quelques-uns perforés, pour faciliter une suspension ; quelques traits incisés comme ornements.
Le Morgien (Mor^'-es, station du lac de Genève). Industrie nombreuse en bronze coulé : haches, faucilles, mors de chevaux, grandes épingles, (ibules à arc, à archet de violon. Moules en pierre et en terre cuite pour les bronzes; saumons de cuivre et d'étain. — Poterie assez soignée : usage du tour, écuelles, bols, forme indécise ; ornements linéaires : incisures, traits, dents de loup, chevrons.
s T ATI ( t NS LA CVfi THES
Kn dehors de ces objels caractérisés, précisant chacune de ces trois subdivisions, il en a été aussi recueilli d'autres, en très ^a*andc quantité^ en bois, en corne de cerl\ des tissus, des lilets pour la pèche, des g^raines, jusqu^à une sorte de pain fait avec du millet. Puis des ossements d'animaux avant servi aux repas. Toute une nomenclature serait à présenter à ce sujet. On comprend tout rintérèt que Ton peut retirer de ces études, pour connaître les mœurs, les usa^'*es et la vie de ces occupants des stations lacustres.
Ces habitations ainsi protéjLcées contre un danger extérieur nVippartieiinent pas uniquement aux lacs. On en a aussi reconnu du même i^enre dans les tourbières et auprès des x*ivières, dont on utilisait les cours d'eau pour les isoler de la terre ferme..
Kn Italie, ces stations portent le nom de palafiUes [palay flfla, poutre hchée) et de (erriimareë {aniRra^ — marne propre à enf^raisser les terres, ou à cause de ^■Vodeur ammoniacale des couches à détritus). Ces sta- ■ lions, qui se composent d'ag^'-Ioméralions dhabitHlions, B forment de jL^rands trapèxes, dont les cotés sont tournés vers les quatre points cardinaux. Elles étaient entourées d*un mur de lerre consolidé par des pieux et devant se trouvait un fossé, où Ton déviait le cours d^eau. Derrière il y avait une plate-forme, dont les intervalles étaient ct^mblés avec tles fascines et des cailloux; le tout formait un contrefort et uo chemin de ronde. Une chaussée, sorte de pont en pilotis, reliait le lerramare à l'extérieur.
Là encore des débris de toute nature ont été recueillis et ont prouvé une lonyue occupation. Les terramares d*IUdie sont plus récents que les stations lacustres, car toujours on y a recueilli du bronze, et,
pour certains, tout au moins, le fer n'y était pas inconnu.
A la suite de récentes découvertes, faites à Rome, qui ont révélé une époque préhistorique que Ton ne soupçonnait pas, des rapprochements ont été faits avec des coutumes fort anciennes, certainement antérieures à la fondation de Rome (-754). Les conclusions auraient une portée qui intéresse les stations lacustres, auxquelles les terramares se rattachent.
Ainsi un des plus vieux ponts de Rome, le pont Sublicius, était primitivement la chaussée d'un ancien terramare : or, suivant une prescription respectée, quand plusieurs fois il fut détruit par les débordements du Tibre, on dut le reconstruire en bois seul, à Texclusion des métaux. De même pour plusieurs corporations religieuses, comme celle des Frères Arvales, instituée par Romulus, rusag:e du fer leur était défendu ; et ils devaient même, en cas de contact, s'en purifier.
Ces défenses paraissent se rapporter à des rites religieux, antérieurs à la connaissance des métaux et du fer au moins. Comme elles ont été conservées jusqu'en pleine époque historique, on verrait là un fait pour y rattacher l'époque des terramares.
D'autre part, on sait que les premières fibules qui ont apparu dans l'antiquité classique ont été recueillies en Argolide, associées à des mobiliers de la fin de l'époque mycénienne du continent^ presque contemporaine de l'invasion dorienne^ que Ton voit vers 1100 à 1200. Or, si dans TArgolide elles sont assez rares, elles sont plus abondantes à l'époque lacustre. De plus, dans ces deux régions, le type est identique : la fibule simple à arc. S'il y a là une preuve de relations, il y aurait aussi à en retenir un certain synchronisme.
STATIONS LACCSTRES
Ce l'ait a son im porta acc\ car c'est le premier qui constat erfiit un rapprochement avec ces deux civili* Sfitions, Eîi elFet^ jamais il n'a été constaté dans les stations lacustres aucune antiquité doriffine orientale» pas plus venant d'Eg^ypte que d'Assyrie, ni de provenance liel lé nique ou même étrusque. L'abondance des libules 1 lacustres devant leur rai'eté au mycénien tendrait pluli'it à admettre dey^ importations venant de la réi^ntur j>t"eidenlale.
H II est encore à remarquer que, dans les lacs, îes stations les pins récentes sont situées sur les rives occidentales : telle Mor^^es sur le lac de Genève, où Titulus- Irie du bronze est très avancée et se trouve sur le coté fîuisse nord-ouest du lac. Tandis que, sur la côte de Sa A oie, les stations appartiennent la plupart a l'époque néolithique,
l>ans les stations lacustres on ti*ouve fréquemment des objets assez particuliers, ayant la forme de eroisits, que Ton a identifiés à des chevets sur lesquels es Protohelvètes appuyaient leur tête pour se reposer. On expliquait ce ^inj^adier usage en songeant aux ■prandes épint^-^les en bronze qui devaient servir à maintenir une coilFure très compliquée que Ton conservait même pendant le sommeil.
ILes fouilles de Crète ont révélé des objets du même enre^ en forme de croissants, dont on a constaté égalelent de nombreuses liguralions sur les vases peints de époque mycénienne. On est certain qu'ici ce sont bien esi autels, car on en connaît toute la genèse. D'abord, ce fut une tête de taureau où^ sur le crâne, entre les cornes, était plantée une double hache. Puis, cet objet ligieux s'est tellement schématisé, qu'il n'en est plus iïlé que le haut du crâne avec les deux cornes el la
MANUEL r»E RECnEHCHES PREHISTORIQUES
double hache. Celte fî^'^uration devient à la im ^*J mycénien lellemeixt sommaire, quVlle n*est amorc:^^ que par des traits cependant eneore si^'^nificalîfs.
J-a eomparaison de ces auteLs mycéniees avec lea chevets des lacustres tend à l'aire admettre leur identité. Là encore nous anriotis, comme pour les libules, un nouveau jalon qui peut-être^ tracera une route nouvelle dans les recherches.
Nous avons lenu h présenter ces rapprochements de la dernière heure, pour montrer combien le champ des observations doit désormais s'étendre au delà d'une réf^non, l'ût-elle déjà éludiée avec les méthodes aussi parfaites que l'ont été les stations lacustres de h Suisse* Notre attention ne doit plus seulement se réserver pour nos seuls mobiliers : nous aA'ons surtout à nous renseigner sur les découvertes nouvelles et les faits nouveaux qui y sont révélés, afin de rechercher quelque analo^'io, quelque identilication.
La recherche des stations lacustres et de ses similaires, comme on Ta vu, est cantonnée en France dans les quelques lacs que nous possédons^ auprès des (leuves et des rivières dont les cours d'eaux ont pu être utilisés et surtout dans les tourbières.
C'est dans ces dernières du reste que plusieurs fois ont été sit^nalés des restes de pilotis. Maïs quelque l'ois ces pieux» encore en place, n'ont que peu de relations avec les stations qui nous intéressent. Souvent ces travaux ont été faits : seulement pour retenir des terres et niéna;L;;er des chaussées a^^-ricoles, des voies d'accès.
D'autres, comme nous pourrions en citer sur le cours de la Seine, comme il y a quelques années au Bas-Meudon, n'étaient que des restes de pilotis assex récents ayant fait jjartie des amorces d'un vieux pont. Il y a
donc sous ce rapport, à faire certaines réserves pour admettre que des habitations à demeure y existaient, même si Ton recueillait dans la vase des objets antiques. Car on sait, que même à Paris, autrefois plusieurs ponts supportaient aussi des maisons, des boutiques de marchands qui certainement, malgré une orij;ine fort ancienne, n'ont rien de commun avec les stations lacustres.
C'est généralement à l'intérieur de ces pilotis que Ton retrouve les rejets d'industrie, des ossements, des graines, des restes de repas, des tessons de poterie, le tout retenu dans la vase, le limon produit par les eaux. Les recherches qui donnent les meilleurs résultats, sont celles que l'on peut faire après un écoulement des eaux et le dessèchement des fonds : car, s'il y a eu une longue occupation, les rejets forment des stratifications qui sont à noter. C'est dans ces conditions que des découvertes si heureuses ont été faites, en 1854, dans le lac de Zurich. Non seulement la vase doit être tamisée pour recueillir le moindre objet, comme eut soin de le faire l'explorateur Keller; mais il y a à remarquer les épaisseurs stériles qui peuvent en certains cas, s'être superposées. On a pu en déduire ainsi, par une estimation rationnelle, des laps de temps assez considérables où ces stations étaient restées inoccupées. Ces rensei- {,'nements peuvent être utilisés pour apprécier la durée d'une station.
Pour les objets en pierre et ceux en bronze, tous ffénéralement en bon état de conservation, il y a peu de choses à faire après leur récolte. Le grand point est de les dépouiller de la terre, de la vase qu'ils pourraient retenir, soit par un brossage, soit en les lavant ; car ces matières étrangères, en se séchant complètement,
fi&L«#«nt p5àr faire c»:*p* réssLLat «or le* surfaces et empêchent d'apprécier Tobjet loi-même. Autrefois on tenait â coosener cette zaïL^ue sous prétexte de prou- ^^ ^^ ver une authenticité. Il faut laisser
Wr ^J^ dés-jrmai* ce mojen, qui n'est plus
■ I qu'un tr»:»mpe-rœiK pour les objets
^L M suspects que des marchands peu scru-
^^^i^^ puleux mettent en vente. Une appro- T\z. li*. priât ion complète est au contraire in-
\^m^ &n. Uk^^ du diquéc : elle n'enlève rien à la sincérité Boarsr^^t^ ^voi#^ . J'uoe pièce, au contraire. D'ailleurs avec un peu d'habitude, sous ce rapport, il est assez difficile de se tromper.
Four les objets en corne ou en os qui gardent le plus souvent leur aspect, ils sont aussi à approprier. Si cependant leur consistance après un long séjour d;jn* l'humidité était suspecte, il y aurait à opérer comme pour les objets en bois.
PrMir les bois, ils arrivent très souvent à prendre un état tffllemcnt spongieux qu'il est nécessaire, sitôt r^Monnus. rie prendre quelques précautions. En etFet, rjuarid ils se dessèchent, ils se racornissent sur euxirirnifs et il flevient difiicile d'en reconnaître la forme. Il fîJuL Irur l'aire perdre Teau qu'ils contiennent, puis |f> irijr'clcr de silicate et, après, en faire un moula;;f en plâtre.
Siif l(î Icrrain, quelquefois ces opérations ne sont j)îis coinniodos, exigeant un certain outillage. Le mieux alors (îst d(; les emporter, en prenant des précautions poui" ne j)as les froisser par des contacts ou la superposilioii (1(^ plusieurs pièces ensemble.
Si un temps assez long doit s'espacer pour que Ton puisse les silicatcr et les mouler, et que Ton ne
puisse facilement se procurer du plâtre, voici un moyen que nous avons quelquefois employé, qui nous a réussi dans des cas semblables.
L'objet ayant perdu suffisamment son eau pourque sa
surface soit relativement sèche sans crainte d'adhérence,
- on imprime doucement, sans trop de pression, plusieurs
. (le ses côtés dans du sable : ce qui, sans grand tour de
main, donne des creux conservant la forme. Puis, on
î prend une bougie en stéarine, matière que Ton trouve
I un peu partout, on en casse et broie quelques mor-
[ ceaux. On répand alors un peu de cette poudre sur
: toutes les surfaces des creux en sable. Dans une casse-
^ rôle quelconque, on met du charbon de bois en igni-
! tion et quand on voit que la chaleur est suffisante, on
[ approche la partie chauffée des endroits où il y a de la
[ bougie broyée : fondant, la stéarine consolide le sable.
j On recommence au besoin cette opération et alors on
. possède des creux qui peuvent attendre que Ton se soit
procuré du plâtre pour y faire un surmoulage. On évite
ainsi, en retardant trop, que les objets en bois, en se
desséchant, perdent leur forme ou deviennent trop
; friables pour essayer une autre opération.
Pour les tissus, les filets, les cordages que Ton recueille aussi, et également pour les cuirs, les peaux : le mieux, quand ils sont encore mouillés, c'est de chercher à les étendre, de façon qu'il n'y ait que peu de plis et peu de ces matières en double et superposées. On les place entre deux papiers buvards ou entre des linges secs et aussi fins que possible pour les éponger. On les fait sécher, puis on les saupoudre très légèrement de camphre ou bien on les humecte à nouveau d'eau à 10 à 12 °/o de sublimé. Quand ils sont à nouveau bien secs, on peut facilement les conserver à l'air libre. Un
IIM
M.VNLJIL DE IIECHEUCHES PïlEniSTOEIQL'ES
bon moventi'es^L encore de les placer enti^e deuxplaqUÊ?'' de verre, que Ton lixe Tune sur Tautre avec des baiitif ^ <k' [Kipicr, collées sur Icîs côlés des deux plaques.
Pour len graines^ les céréaîes, les aoyuux de fruils, c'est leur état de conservaLion qui peut indiquer ce quil y aurait ^i fjiire, mais il faul toujours éviter toute pression, qui détruirait leur aspect. Les laisser sécher à l'air libre est encore le moyen préférable*
Dans tt»ules ces trouvailles où il laut s'attendre souvent a des surprises, c'est surtout riug:éniosité personnelle de chacun qui peut être le meilleur guide. Ce qui est à recommander, car cest là où Ton a parfois des déboires, c est, quaiul on emportera au loin le produit de ses recherches, d'éviter toute pesée pouvant briser ou détériorer par un frottement. Il vaut mieux s'embarrasser de colis, que risquer de perdre le fruit de loojtj'^ues heures de travail. Car, qui court après une bonne fortune archéologique ne Tal teint pas toujours. En prenant trop de précautions^ ou n'a plus tard nen à se reprocher.
Pour les poteries très rarement intactes, ie plus souvent eu fra^'^ments, dès leur trouvaille il faut les approprier en leur retirant la vase^ la terre qui les emprisonne : surtout ne pas hésiter ù faire cette opération sur les lèvres des parties cassées. Quelquefois^ en elfet, on a pu dans la même station retrouver plusieurs morceaux pouvant s'adapter. Leur restauration sera d'autant plus facile que les cassures seront bien avivées.
Comme pour toutes les poteries des lacustres ayant longtemps séjourné dans Feau^ s'il y avait eu des colorations ou peintures non iixées par le feu, il y a longtemps qu'elles auraient disparu, un lavage et un brossage à Teau ne sont pas à craindre. Après, il n'y a qu'à laisser sécher, en évitant de mettre au soleil et en retour-
FraiïiiH'iii tjp [ïolorie
liif us l l'v de H obtiiiha u sea
(Suisse). 1/3 gr.
^^iitplusieu.i»s fois les pièces. Ainsi la dessicealion étant
T*lus régulière, on aura moins de chance de eraquelage.
Placer pour le transport chaque
i morceau isolément, Teiilourer de
I papier ou, si c'est dans du foin nu
I de la paille» les écarter assex pour
I ne pas les ébrécher*
I En dehors de ces divers soins
L à donner aux objets recueillis, il y
Ha encore à prélever des échantillons
" de la vase, dans lesamoncellenients
de cendre provenant des foyers.
Bits seront utiles pour Télude des
^stratifications et aussi pour reconnaître ressence des bois qui étaient brûlés.
Hntin, comme déjà il a été recommandé pour toutes recherches archéolo^'-iques, on ne négll^^era pas de lever un plan du lieu de la station, de faire des croquis donluint remplacement des pilotis, en y joi^niant toutes les
I mensurations que Ton pourra recueillir. De même» si c'est possible, quelques coupes montrant la stratilication des dépôts de détrilus ne sont pas non plus à oublier.
Peut-être j aurait-il eu quelque intérêt, en dehors de.H stations hicustrcs, des palaOltes et des ternimares, h y joindre dauircs stations, très importantes aussi, qui ont surtout élé observées dans le nord de l'Europe et la région Scandinave. Ces lieux très anciens d habitation, connus sous le nom significatif de kjohlxen^ mùddings (débris de cuisine), sont très éloignés de iitUre contrée occidentale où jusqu'à ce jour on n'en a pas ' encore positivement rencontré. [Voir chapitre pjxcédent.]
Seules donc, pour les stations lacustres qui peuvent nous servir d'études, nous n'avons qu'à comprendre celles qui apparaissent au néolithique et vont jusqu'à la fin de l'âge du bronze. Pour toutes les autres, elles s'écartent de notre groupe, même celles du lac Thrasia qu'Hérodote cite comme existant encore de son temps, ou celles du Caucase connues d'Hippocrate. Déjà à cette époque du v® siècle avant notre ère, des influences, des relations existaient avec l'Europe occidentale, le fer était connu. Or, dans les stations lacustres et même dans les terramares, jamais il n'y a encore été cité une trouvaille, un objet donnant preuve de telles relations. Nos stations lacustres avaient vécu depuis déjà plusieurs siècles. Les autres n'étaient que des survivances lointaines, ne pouvant qu'incidemment nous renseigner sur l'origine réelle des nôtres.