‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 103 sur 172 · POULS · texte numérisé non relu

POULS

Quoique l'examen du pouls ait beaucoup perdu de son importance depuis l'introduction du thermomètre dans la clinique, je pense cependant qu'il mérite encore loute l'attention du praticien; et, qu'après avoir trop absorbé son attention, il en est arrivé maintenant à être trop négligé. Si, en effet, dans un grand nombre de cas, le thermomètre peut remplacer l'examen du pouls avec avantage, il en est un certain nombre dans lesquels, mieux que tout autre, cet examen pourra nous donner les indications qui nous sont utiles.

Choix de L'ARxiiRE. — A la rigueur, on peut prendre le pouls sur de nombreuses artères. Quelques-unes, cependant, se présentent de préférence aux autres. Les plus fréquemment explorées sont les deux radiales à leur partie inférieure. Mais si, pour une raison ou pour une autre, elles n'étaient pas accessibles, on pourrait avec la plus grande facilité prendre le pouls sur la carotide, ou mieux sur la temporale. Cette dernière est tout particulièrement favorable chez l'enfant : son examen peut par-

fois éviter de l'éveiller. On peut aussi, dans certains cas donnés, explorer la iibiale postérieure derrière la malléole nterne.

Les radiales, les temporales, les carotides et les tibiales postérieures sont donc les artères dont l'exploration est la plus facile, et qui peuvent se suppléer l'une l'autre ; enfin à ces artères, je dois ajouter, pendant l'accoifchement, celle du cordon, lorsqu'il est accessible.

Technique. — L'exploration des radiales se fait avec la pulpe des quatre derniers doigts, ou au moins des trois intermédiaires, l'index, le médius et l'annulaire. Ces doigts doivent se placer le long de l'espace compris entre le tendon du long supinateur et du grand palmaire, pendant que le pouce s'applique du côté opposé de l'avantbras, et donne un point d'appui aux autres doigts.

Le plus souvent, les battements de l'artère se sentent aussitôt. Mais parfois, il sera nécessaire de procéder à quelques recherches ; et on n'arrivera à les bien saisir, qu'après avoir varié la pression, s'être élevé un peu plus haut dans la gouttière, ou être descendu plus bas, presque enface de l'apophyse styloïde. Je ne saurais trop engager les jeunes confrères, qui rencontreraient ces difficultés, à en triompher sans en faire part au malade; elles pourraient lui nuire dans son esprit. Si malgré ces recherches, il ne pouvait trouver l'artère d'un côté, il devrait explorer l'autre bras. Le malade peut présenter une anomalie artérielle; et assez souvent ces anomalies ne sont pas symétriques. Si ces nouvelles recherches n'étaient pas plus fructueuses que les premières, il faudrait s'adresser à la temporale.

La temporale s'explore dans la fosse du môme nom, à un centimètre environ au-dessus et en dehors de l'arcade

TECHNIQUE 331 sourcilière. Pour la trouver plus facilement, je conseille de placer la pulpe de la première phalange de l'index en travers, et d'exercer une certaine pression. Cette pression sera d'autant plus grande, que le sujet sera plus chargé d'embonpoint. Chez les personnes maigres, il arrive assez souvent que les battements de la temporale se voient vers la partie inférieure de la tempe. On pourra toujours s'en assurer avant de chercher l'artère par le toucher. Mais habituellement, c'est plus, haut que sont les battements. Il faut les chercher sur la limite du front et de la fosse temporale, vers la naissance des cheveux.

La carotide est encore plus facile à trouver. On l'explore sur le côté du cartilage cricoïde, en avant du sternomastoidien. Il faut autant que possible éviter de l'utiliser chez les femmes. Mais il ne faut pas oublier que son exploration peut nous rendre de sérieux services dans les cas de menace de mort rapide, telle que par le chloroforme. Elle nous permettra, dans ces cas, de reconnaître des battements, lorsqu'une émotion bien légitime nous rendrait moins sûre la perception de ceux de la radiale. Il en serait de même de la fémorale dans le triangle de scarpa, dans un cas de cette gravité, cas dans lesquels toute considération de pudeur doit s'etîacer.

La tibiale postérieure s'explore, comme la radiale, avec la pulpe des trois doigts intermédiaires rapprocliés et placés à la partie moyenne du creux, que l'on rencontre derrière la malléole interne, entre cet os et le tendon d'Achille. Rarement explorée pour suppléer les artères précédentes, elle peut l'être pour nous fournir des renseignements sur l'état delà circulation périphérique, dans le choléra, certains accès pernicieux, les hémorrhagies avec menace de mort, etc.'; et aussi dans certains cas chirurgicaux dans lesquels nous pouvons supposer des

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lésions des branches artérielles dont elle est une des origines.

Position et sitdatiox ud malade. — Pour prendre le pouls sur la radiale, le malade doit être couche ou assis. La station debout est à éviter autant que possible. Quelle que soit la situation, l'avant-bras reposera sans effort, et dans une altitude naturelle, sur un lit ou sur un meuble.

Après avoir pris le bras du malade, il sera invité à respirer comme d'ordinaire et à garder le silence. Il faut savoir, en effet, que le pouls est un élément des plus mobiles; et qu'il est facilement influencé par l'altitude, la marche, le chant, le cri, et surtout par l'émotion. Le clinicien aura donc soin de veiller à ce qu'aucune de ces causes d'altération de son rhythme normal n'intervienne.

Instruments. — Un praticien exercé peut arriver à apprécier le pouls à quelques pulsations près ; et dans un certain nombre de cas, ce procédé approximatif sufûra. Nous pourrons dire, tout au moins, que le pouls est fréquent ou lent. Mais je me suis souvent convaincu, que, même pour des médecins qui avaient vieilli dans l'observation du pouls, et qui lui demandaient leurs indications les plus importantes, les erreurs n'étaient pas rares; surtout quand il s'agissait de faire une comparaison à vingt-* quatre heures d'intervalle. Ils jugeaient le pouls plus lent ou plus fréquent, lorsque la montre disait le contraire. Je ne saurais donc trop engager le praticien k n'apprécier le pouls qu'en le comptant exactement. Trop de causes d'erreurs nous environnent, pour ne pas supprimer celles qu'un moyen aussi simple nous permet d'éviter.

Deux instruments sont mis à notre disposition pour compter le pouls, Vampoulette et la montre.

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