‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 104 sur 172 · INSTRUMENTS · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS

Dans les hôpitaux, on rencontre encore assez souvent Vampoulette;ei nos fabricants d'instruments dits de précision en confectionnent de toutes dimensions. Or, je ne saurais trop inviter les médecins à ne leur accorder leur confiance qu'après en avoir vérifié l'exactitude. Il leur arrivera souvent de les rejeter, comme n'offrant même pas l'exactitude que peut réclamer la clinique. On trouvera facilement des écarts d'une à deux secondes. Or, ces ampoulettes étant réglées pour 13 ou 20 secondes, ces erreurs se trouveraient multipliées par 4 ou par 3, et l'on arriverait ainsi à des erreurs de 10 pulsations environ !

On ne devra donc, je le répète, se servir d'une ampoulette qu'après l'avoir vérifiée.

Beaucoup de montres portent sur une partie latérale de leur cadran un autre petit cadran sur lequel se meut une trotteuse.

Ce cadran estparcouru par cette aiguille en une minute . Ses divisions correspondent donc à des secondes. Mais de plus, des marques plus "visibbs le divisent par 10 ou 15 secondes, c'est-à-dire par 1/4 ou 1 /6 de minute. C'est là une disposition suffisante pour la clinique.

D'autres montres ont une disposition plus avantageuse. On leur a adapté une aiguille à secondes indépendante, qui, au repos habituellement, se met en mouvement par un léger mouvement de bascule, d'une détente. Cette aiguille se meut par un mouvement saccadé, de seconde en seconde; elle permet donc d'apprécier la seconde, ce que ne peut faire la trotteuse.

De ces deux instruments, montre et ampoulette, c'est à la montre que je donne la préférence. D'abord, on l'a toujours avec soi ; ensuite, elle est peut-être plus exacte ; et de plus elle présente un avantage qui ressortira de ce qui "va suivre.

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Manière de compter le pouls. — Le pouls, je l'ai dil, est un élément mobile, pouvant surtout s'accélérer sous de nombreuses influences, et entre autres les émotions. Or, une des plus fréquentes chez les malades, même chez ceux pour lesquels il semble ne devoir exister qu'une indifférence réciproque, comme à l'hôpital, c'est celle que provoque la vue du médecin. C'est là un fait bien connu, et auquel, depuis longtemps, on a donné le nom de pouls du médecin. Nous devons donc nous en défier ; cl ne jamais prendre le pouls que lorsque la première émotion de la visite est passée. Cependant, comme cette accélération peut durer plus ou moins longtemps chez les différents sujets, je conseille de compter le pouls avec la montre par sixième ou quart de minute, selon la division de la montre; et d'attendre, pour faire l'observation définitive, que le nombre de puNations ait atteint son chiffre minimum. Ce ne sera donc que lorsque, pendant plusieurs divisions du cadran, nous aurons trouvé le même nombre de pulsations, que nous commencerons notre observation. La montre, mieux que l'ampoulette, qu'il faudrait retourner à chaque instant, nous permettra de procéder à ces recherches; et c'est là surtout l'avantage que j'avais en vue, quand je lui ai donné la préférence.

Quelle doit être la durée de V observation ? Pour qu'elle nous offre quelque confiance, il faut la continuer au moins pendant 30 secondes. Le pouls compté dans des minutes successives n'est jamais uniforme. Le nombre de ses pulsations varie toujours ; et, si l'on prend une série de dix minutes, on trouvera fréquemment entre ces chiffres maximum et minimum une différence de cinq àsix, même à l'état normal. A l'état pathologique ces variations sont autrement considérables. Nous ne pouvons donc avoir le pouls qu'à un chiffre approché decinq àsix puisa-

UTILITÉ 335 lions. Or, l'écart serait autrement grand, si nous nous contentions de prendre un sixième ou un quart de minute. Dans les observations que j'ai faites, le nombre de pulsations par sixième de minute varie de 10 à 13 chez un sujet, de 11 à 15 chez un autre, par sixième de seconde ; ce qui nous donnerait une différence de 18 pulsations pour un et de 24 pour l'autre! Ces erreurs, au contraire, se réduisent au maximum de 6 pulsations en prolongeant l'observation pendant 30 secondes.

Les indications principales pour compter le pouls sont donc les suivantes :

Mettre le malade dans des eondiiions normales de repos et de silence;

Se servir d'une montre d secondes ;

Attendre que Von ait obtenu un chiffre minimum de pulsations en comptant par sixième de minute;

Enfin, compter le pouls au moins pendant 30 secondes.

La plupart des précautions que je vous indique sont égalementapplicables à l'examen du pouls à d'autres points de vue, tels que la forme, la lenteur, la régularité et les caractères spéciaux. Ce n'est, en effet, qu'en examinant le malade en dehors de toute influence pouvant l'émotionner, que l'on pourra apprécier ses diverses qualités.

Le cadre que je me suis tracé ne me permet pas de m'appesantir sur ces diverses qualités du pouls, que nos devanciers avaient, je crois, trop multipliées. Ceux qui peuvent avoir quelque importance clinique sont : le pouls fréquent, le pouls lent, le pouls ample, le pouls dur^ le pouls petit et faible, le pouls inégal, le pouls irrégulier, le pouls dicrote elle pouls paradoxal.

Ce sont là les types principaux, et certains d'entre eux en comprennent plusieurs autres. C'est ainsi que le pouls

ÉTUDE DU POULS lent comprend le pouls lent transitoire et le pouls lent permanent; que le pouls irrégullcr comprend le pouls irrégalier proprement ditel le pouls intermittent, etc.

La s,ignification el l'interprétation de chacun de ces pouls regardant la seméiotique, je me contenterai de les définir, renvoyant pour une étude plus complète aux traités de pathologie générale.

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