‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 105 sur 172 · CARACTÈRES DU POULS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DU POULS

Pouls fréquent. — Le pouls normal varie avec les sujets,, les sexes, de nombreuses conditions physiologiques (digestion, mouvements), et surtout les âges.

Chez l'homme adulte, le chiffre moyen est compris entre 60 et 70. Chez la femme, il est un peu plus élevé, et chez l'eafant en bas âge, il atteint souvent 100 pulsations.

Ces diverses conditions étant connues, on dira qu'utt pouls est fréquent quand il dépassera de 10 à 15 pulsations, au moins, le chiffre que ces conditions feraient prévoir, et cela sans qu'aucune modification ne vienne altérer ses autres caractères normaux. La fréquence ne porte donc que sur le nombre.

Pouls lent. — Les conditions inverses constituent le pouls lent. Ici encore, il nous faudra une diminution de 10 à o pulsations sur les prévisions normales pour constituer la lenteur du pouls; et, de même que précédemment, tous ses caractères de force et de régularité doivent rester sans modification.

Ce pouls lent sera dit transitoire lorsqu'il ne se pré-

sentera que d'une manière passagère, tels que dans le cours d'un élat physiologique ou d'une maladie aiguë, el au contraire permanent lorsqu'il semblera constituer un fait normal et constant, compatible au moins avec les apparences de la santé.

Pouls ample. — Quoique indépendant du nombre, on le rencontre le plus souvent avec une accélération légère.

Ce pouls est d'abord fort, c'est-à-dire que le choc reçu par le doigt est plus marqué ; mais de plus, ce choc est prolongé au détriment des intervalles. Cette diminution des intervalles, du reste, et il faut le savoir, peut induire eu erreur, et faire considérer le pouls ample, comme plus fréquent qu'il n'est. Le pouls ample est le plus souvent souple ; mais celte souplesse peut faire défaut. Ce qui caractérise l'ampleur du pouls, c'est donc la prolongation el l'exagération du choc.

PocLs FORT. — Je pense qu'on peut, au moins dans un certain nombre de cas, différencier le précédent du pouls fort. Ce dernier, en effet, présente la prolongation du choc en moins. Les impulsions artérielles sont aussi fortes; mais elles ne durent que le temps normal, et les intervalles qui les séparent ne varient pas.

Pouls ntjR. — La diminution de la durée de l'impulsion artérielle, la force de cette expansion restant la même, nous conduit au pouls dur.

Ainsi l'augmentation de la force du choc se retrouve dans les trois pouls précédents : Lorsque sa durée reste normale nous disons que le pouls est fort; lorsqu'elle est augmentée, le pouls est ample; et lorsqu'elle est diminuée, il est dur.

Pouls petit. — 11 se manifeste par des caractères opposés aux trois précédents ; et se trouve réuni le plus souvent avec la fréquence.

CARACTÈRES DU POULS 339 Dans la petitesse du pouls les modifications portent !/rtout sur l'intensité du choc; mais aussi sur sa durée, qui est diminuée, ce qui le caractérise donc réellement ce sont ces deux modifications. Aussi lorsque la fréquence s'y ajoute, ce qui a lieu le plus habituellement, nous lui adjoignons le mot //-^giten^; et nous avons cette expression que nous rencontrons si souvent dans les descriptions : pouls petit, fréquent.

Pools faible, — Gomme le précédent, il se dislingue du pouls normal par l'intensité moindre du choc. Mais, de plus, il s'éloigne du précédent par une intensité encore moindre, et aussi par la durée du choc, qui peut rester normale.

Le pouls petit, par la diminution de sa durée, mérite parfois le nom de sec. Il n'en est jamais ainsi du pouls faible, qui peut au contraire se traduire sous le doigt par une oscillation artérielle longue, mais à peine perceptible. C'est ce que nous exprimons en disant que le pouls est Jiliforme.

PocLS INÉGAL. — L'inégalité du pouls est caractérisée par l'inégalité delà force du choc artériel. Les battements se succèdent avec des forces inégales, les intervalles qui les séparent restant égaux. La faiblesse du battement peut même être telle que le choc n'est plus perçu par le doigt, ce qui nous conduit à V intermittence ou faux pas du cœur, constitué par l'absence complète, à intervalles plus ou moins longs, d'un battement.

PoDLs iRRÉGCLiER. — L'inégalité de ces intervalles, au contraire, constitue le pouls irrégulier.

Ce dernier peut être égal; c'est-à-dire que les battements sont alors séparés par des intervalles inégaux, mais sont d'égale intensité. C'est là, toutefois un fait assez rare ; et le plus souvent ces deux caractères se trouvent réunis :1e pouls est inégal et irréguiier.

Page 1