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CHAPITRE XLIII

Sommaire. Description du sang: Hématies; — Leucocytes; — Hématoblastes; — Granulations pigmen tairas et graisseuses; — Fibrine.

Le sang normal contient divers éléments ayant une forme définie, ce sont : les hématies, les leucocytes, les hématoblastes, les granulations pigmentaires, les granulations graisseuses et les filaments de fibrine.

Hématies. — L'hématie, ou globule rouge, est de beaucoup l'élément le plus nombreux. Sa forme normale est celle d'une lentille bi-concave ; et c'est sous cette forme que nous le A A' - A'* voyons le plus souvent dans nos /- — \ ^

dès que quelques minutes se sont

écoulées, surtout dans certains états pathologiques, nous pouvons voir ces éléments présenter les formes les plus diverses, à ce point que parfois nous pourrions même douter de leur nature.

Avant môme que l'hématie n'ait subi aucune déformation, on doit de plus comprendre que l'aspect, sous lequel

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préparations, au moment où il vient de quitter l'organisme. Mais,

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nous le verrons, variera suivant la position qu'il occupera dans la préparation. Ceux mêmes qui sont à plat, peuvent offrir deux aspects. Il est vrai, qu'ils seront toujours circulaires ; mais, pour quelques-uns, leur centre nous paraîtra éclairé tandis que le pourtour sera obscur, cl, pour d'autres, ce sera le contraire. Il sera facile, du reste, de se convaincre que ce n'est là qu'un jeu de lumière -, il suffira, en effet, de faire monter ou descendre le tube du microscope, pour que successivement chacun d'eux se présente avec ces deux aspects.

Vus de côlé (fig. 40, A2),les globules rouges se présentent comme des gourdes peu serrées à leur partie moyenne. C'est sous cet aspect qu'on les voit souvent, quand ils sont

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réunis sous forme de piles de pièces de monnaio, disposition qu'ils affectent fréquemment.

Enfin, quand ils sont isolés, on peut les voir dans une situation intermédiaire aux deux précédentes ; c'est-à-dire que l'on voit une double gourde, et sur un côté une partie d'un des plans latéraux.

Mais, ce ne sont pas seulement les différences déposition qui donnent aux hématies des aspects différents ; les causes les plus fréquentes de ces différences d'aspect, sont les déformations qu'elles subissent presque fatalement, après être sorties du torrent circulatoire.

Sans pouvoir déterminer toutes ces altérations, je me suis attaché à définir les principales. Celles auxquelles j'ai, donné un nom sont les suivantes : A, état normal ;

B, déformation de la dépression centrale ; C, forme en calotte ; D, forme étalée; E, état amibiforme ; F, état muriforme ; G, état crénelé ; H, état Hase.

Je le répète, on peut trouver des formes intermédiaires entre chacune de celles que je viens de prendre comme types. C'est qu'(m effet, ces modifications sont la succession l'une de l'autre. Chaque hématie, qui se déforme, passe par toutes, et dans l'ordre que je viens d'indiquer. 11 faut donc se garder de les attribuer à une influence pathologique quelconque; et surtout de regarder, comme cela a été fait, l'une d'elles, comme caractéristique de telle ou telle affection.

Le nombre des hématies varie avec l'âge, le sexe, l'état de santé ou de maladie, etc. Mais cependant, après les recherches les plus récentes, on peut admeltrc que le sang <le riinniiiic. adiiUe contient o, 000,000 d'hématies parmilliniètic ciiIjl;. Chez la femme, ce chiffre est encore plus variable, il subit, de la manière la plus évidente, l'influence des menstrues. Son chiffre moyen, cependant, serait de 4,900,000. Mais il serait sensiblement au-dessous immédiatement après les règles, et le dépasserait quelques jours avant.

Chez le fœtus de 7 mois, les hématies seraient de beaucoup au-dessous de ce nombre (4,4b0,000) ; mais leur nombre s'élèverait rapidement ensuite; et chez l'enfant à terme, il atteindrait (5,696,700) moyenne. Il diminue ensuite, et vers l'âge de 2 ans, il atteint le chiffre qu'il conservera pendant toute la période adulte ; il ne faiblira que chez le vieillard, et encore d'une manière légère.

Les dimensions des hématies varient également. Mathias Duval leur donne 1/600 de millimètre d'épaisseur, et 1/150 de diamètre. Pour Frey, cette dernière dimension varierait de 0,0088 à 0,0054; enfin, plus récemment, Ranvier leur

accorde 7 à 8 /a pour la plupart, et pour quelques autres jusqu'à o iJ. seulement.

Ce sont là les limites normales. Mais, elles peuvent être dépassées dans les deux sens, et nous aurons ainsi les globules géants, qui peuvent atteindre 14 //, d'après Hayem, et les globules nains, qui ne dépassent pas '6 n.

Dans mes recherches, j'ai souvent donné le nom de globules jeunes à ces derniers. 11 peut se faire, en effet, que, dans certains états pathologiques, on rencontre réellement des globules nains, c'est-à-dire des globules qui franchissent toute leur évolution, tout en conservant de? dimensions au-dessous de la normale-Mais je pense qu'assez souvent aussi, ces globules plus petits ne sont que des globules en voie de développement, des jeunes, pour me servir de l'expression consacrée ; et qui, avec le temps, perdent ce caractère. C'est ce que l'on peut observer dans la convalescence des affections graves.

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Leucocytes. — Les lèueoeytes ou globules blancs se présentent sous des états différents, selon qu'on les examinepar une température au-dessous de 200 ou au-dessus de [25°, ce qui a lieu dans les pays chauds.

Ces derniers, en effet, nous offrent les conditions de la platine chauffante, et nous permettent de voir les leucocytes animés de leurs mouvements d'amibes les plus éten-

dus. Si on les suit dans ces climats, on verra successiment passer sous ses yeux les divers états que j'ai figurés (fig. 42), et auxquels j'ai donné les noms suivants : A, pâles et immobiles ; B, pâles avec des mouvements sur place, ou amiboïdes; G, se déplaçant çt sans pigment ; B, amibes pigmentés, se déplaçant et contenant des granulations ; E, amibes pigmentés, se déplaçant et ayant en plus des corps roses^ ; F, très pigmentés et immobiles, mais les granulations se déplaçant ; G, pigmentés et dilatés,- H, déchirés et vidés de leurs granulations.

Par les températures basses, au contraire, le leucocyte est toujours immobile et sans déformation. Jl se présente sous l'aspect d'un disque gris plus ou moins foncé, et de

dimensions variables. Quelques-uns sont plus petits que les hématies, mais la plupart ont, au contraire, des dimensions supérieures. L'étude de leur évolution m'a prouvé que les petits représentent les périodes les moins avancées de leur évolution (fig. 43).

Les appréciations sur le nombre des leucocytes ont beaucoup varié. Fixé à la proportion d'un leucocyte pour 338 globules rouges, leur nombre se serait élevé à 14,000 (Robin, Frey, Malhias Duval). Ranvier le fit descendre à 8,000 ; et, d'après les travaux d'Hayera, il ne dépasserait

Je substitue le nom de corps roses à celui d'espaces roses. C'est qu'eu effet je me convaincs de plus en plus que ce sont bien des corps et non des espaces-; et ce qui me le prouve, c'est que ces corps subsistent, avec leurs mêmes caractères, après que les leucocytes qui les contiennent, ont été déchirés et détruits.

Abc X)

Fig, 43

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pas 5,000. C'est également à ce chiffre que m'ont conduit mes recherches. Peut-ôtre même serait-il moins nombreux dans le sud de la France.

Chez la femme, les leucocytes paraissent plus nombreux; ils le sont surtout dans les quelques jours qui suivent les menstrues.

Chez le fœtus de sept mois, les globules blancs seraient un peu plus nombreux; et ce chiffre ne ferait que s'accroître chez l'enfant à terme, où il pourrait atteindre le chiffre énorme de 18,000 à 19,400, d'après .Cadet "et Hayem. Mais cette richesse serait de courte durée, et tomberait rapidement entre 6 et 7,000 dans la première enfance.

HÉMATOBLASTES. — Lcs hématoblastcs découverts par Hayem ne sont pas encore admis par tous les micrographes (fig. 4i).

Ils sont discoïdes et bi-concaves, pâles ou faiblement colorés, peu résistants aux pressions extérieures, de dimensions bien inférieures aux hématies,

C C- qu'ils rappellent par la forme, et par-

^ ^ Q fois par la couleur. C'est là leur état normal ; et c'est ainsi qu'on les voit . dans les meilleures conditions d'examen. Mais, dès que ces conditions laissent à désirer; ils se déforment, s'allongent, setirent ; et, au lieu de rester isolés, ils se groupent par trois, quatre, ou môme en plus grand nombre.

Les mensurations de Cadet et d'Hayem, qui, du reste, ■concordent, leur donnent une dimension moyenne de 3 f-. Hayem en a trouvé qui n'avaient que 1.8, et d'autres qui mesuraient jusqu'à b 5.

Leur nombre a été fixé à 255,000 par millimètre cube

par Hayem, et à 243,000 par Cadet. Les nombres trouvés chez l'homme adulte par cet auteur sont compris entre 225,000 et 300,000. Le nombre des hématoblastes trouvés chez la femme ne s'écarte que peu de celui existant chez l'homme. Les écarts soot compris entre 223 et 275,000. Moins nombreux chez le fœtus et chez le nouveau-né (150,000 à 300,000), ils augmentent dans les huit premiers jours, et atteignent presque aussitôt le chiffre qu'ils conservent jusqu'à l'extrême vieillesse.

Corps roses. — A côté des hématoblastes, je demande à placer un corps de nature et de fonctions encore inconnues, que j'ai signalé depuis longtemps, comme contenu dans le leucocyte, sous le nom d'espace rose.

Ces corps qui ne dépassent jamais de grandes dimensions, qui, par exemple, n'atteignent jamais celui d'une hématie, existent dans certains leucocytes au nombre de deux, de trois, rarement plus. Dans le corps du leucocyte/ ils jouissent d'une certaine élasticité, c'est-à-dire que sous l'influence des mouvements du leucocyte, on les voit s'allonger, s'étirer; mais ils manifestent une tendance à la forme sphérique, qu'ils reprennent dès que le leucocyte est au repos.

C'est làqueje les vis d'abord et d'une manière exclusive. Mais en étudiant avec soin le sang des convalescents surtout, j'ai pu les trouver d'une manière constante à l'état deliberté. Parfois, ils sont tous isolés, et d'autrefois réunis par groupes de deux ou de trois. Leurs dimensions varient de 1 à 4/A. Ils se révèlent par un reflet rose ; leur forme me paraît être celle d'une lentille bi-convexe ou d'une sphère aplatie sous son propre poids. Les plus petits se confondent assez facilement avec les granulations graisseuses, sauf la couleur. Les plus gros, au contraire/

se rapprochent beaucoup des hémaloblasles de pelils volumes; et quelquefois môme il est difficile de dire si le corps que l'on examine n'est pas un liémaloblasle et, cela d'autant plus que parfois sa forme paraît se rapprocher de la forme bi-concave.

Ces corps, je le répète, sur la nature desquels je craindrais d'être trop affirmalif, sont nombreux dans les convalescences, et surtout dans cette période de la reconstitution du sang, qui suit la diminution des leucocytes.

Les éléments figurés qu'il nous reste à examiner sont moins importants ; ce sont : les granulations libres.

Les granulations libres se présentent sous deux formes, l'une incolore, l'autre, au contraire, fortement colorée et même noire.

Grandlations incolores. — Les premières, incolores avec un reflet blanc, sont tantôt isolées (G, fig. 45), tantôt réunies en amas G' ; rarement elles sont ^ ^ agitées par le mouvement brownien.

^ ^ ° ^ Leurs bords sont mal définis le plus FiG. 4b souvent, et ne se révèlent jamais par un contour net bien marqué. Leurs amas, surtout dans les préparations sèches, ont parfois les dimensions d'un leucocyte, sans que jamais leur aspect •puisse les faire confondre avec eux; quand elles sont isolées, leur dimension ne dépasse guère quelques millièmes de millimètre.

Peu nombreuses à l'état normal, elles augmentent dans la plupart des affections fébriles ; je les ai rarement vues aussi fréquentes que dans la fièvre jaune.

Quelle est leur nature? Je ne saurais le dire. Quelquesunes d'entre elles par leur réfringence, par la régularité

de leur forme sphérique présentent tous les caractères de gouttelettes graisseuses; d'autres, au contraire, se rapprochent tellement des filaments de fibrine sous l'action des réactifs, que l'on serait tenté de les considérer comme étant de même nature. Je reste dans le doute à cet égard.

Granulations noires. — Je ne saurais être plus affirmatif quand il s'agit de granulations noires. Dans mes descriptions, je leur ai donné le nom de pigmentées; mais, ■ est-ce bien là du pigment? ('e qui n'est pas douteux, c'est que ces granulations n'ont rien de commun avec les précédentes; et qu'elles se montrent fréquentes surtout après les affections fébriles entraînant une grande destruction de globules rouges. Quelle que soit leur nature, ces granulations affectent deux formes: les unes, les plus petites, se présentent comme des sphères pleines (flg. 46, F) ; les autres, un peu ^ moins petites, semblent être plutôt des sphères creuses (F']. Or, ces deux aspects correspondent-ils à des formes réellement différentes, ou ne dépendent-ils que d'un jeu de lumière? Je pencherais plutôt vers la première hypothèse, en admettant toutefois que la seconde forme dérive de la première.

Les deux formes se rencontrent en même temps à l'état de liberté, dans le sérum et dans les leucocytes. L'identité de nature de ces deux sortes de granulations me paraît, en effet, indiscutable. J'en ai acquis la conviction, du reste, bien souvent, en voyant les leucocytes laisser échapper leur contenu granuleux, et les granulations, devenues libres, se répandre dans le sérum. A l'état libre, elles sont toujours soumises au mouvement brownien. Dans l'intérieur des leucocytes, au contraire, elles ne le présentent que, lorsque le globule blanc, arrivé au terme de son existence,

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redevient immobile et s'étale. Mais en ce moment, le mouvement brownien est des plus manifestes. Pendant toute la période d'activité du leucocyte, les granulations qu'il contient ne subissent d'autres mouvements que celui de son stroma, qu'ils servent à déceler.

Leur grandeur varie de 1 à 3 il est rare d'en voir d'une dimension supérieure.

Dans l'état^ normal, il y en a peu de libres ; presque

toutes sont contenues dans les leucocytes. Mais, sous l'influence de certains états morbides, et surtout de ceux dans lesquels les leucocytes diminuent et restent pâles, le nombre de granulations libres augmente d'une manière sensible.

On dirait qu'ils sont d'autant plus nombreux, que les leucocytes pigmentés le sont moins.

Outre ces éléments, auxquels on peut imprimer des mouvements dans la préparation, on constate que sur le fond s'est formée une série de fines stries, qui souvent rayonnent d'un point central ; et qui s'entrecroisent de manière à constituer un réseau ou feutrage plus ou moins serré. Ces stries sont constituées par des filaments de fibrine déposés au fond de la préparation; et les points centraux par d'autres dépôts de fibrine pour Ranvier, et par des bématoblasles pour Hayem (fig. 47).

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