CHAPITRE XLIV
ÉTUDE DU SANG (Suite)
Sommaire. Hémalimélrie : Description de raijpareil; — Sérums arliliciels.
HBMATIMÉTRIE
Description de l'appareil. — C'est l'appareil de MM. Hayem et Nachet, modifié par Nachet ^ qui m'a
1 Dans l'appareil d'Hayem et Nachel, pour limiter dans la préparation un carré de 1/5 de millimètre de côté, le dispositif était le suivant :
On plaçait dans l'oculaire du microscope, entre le verre de champ et le verie de l'œil, une glace, sur laquelle était gravé un carré divisé en 16 parties é^'ales; et d'autre part le lube rentrant du microscope était enfoncé dans sa monture d'une quantité telle que le côté de ce carré eût, avec l'objectif n° 2 dé Nachet, 1/5 de millimètre de côté. Ce point, calculé pour chaque instrument une fois pour toutes, était marqué par un trait d'affleurement,
Gowers simplifia ce dispositif, en traçant avec la machine à diviser, le carré quadrillé sur la lame hématimétrique elle-même. C'était, en effet, beaucoup plus simple ; mais, d'une part, les erreurs produites par la machine à diviser étaient fréquentes et d'autant plus sensibles qu'elles étaient multipliées par le grossissement employé (de 150 à 300), et d'autre part, les raies devenaient difli- Ciles à voir, quand le liquide les remplissait.
Nachet eut alors l'idée d'utiliser la modification de Gowers, tout en la débarrassant de ces deux inconvénients. Par un jeu de lentilles spécial, il est arrivé à transporter sur le fond de la lame hématimétrique l'image d'un quadrillé photographié sur verre, image
servi pour toutes mes numérations ; et c'est leur procédé qui a été suivi. C'est donc ce procédé que je vais décrire; je le ferai ; vec soin. D'une part, en effet, dans cette méthode de précision, l'exactitude du résultat est tout entière dans le fini de l'exécution; et d'autre part, le fréquent usage que j'ai fait de ce procédé m'a fait apprécier l'importance de nombreux détails, qu'il ne sera pas sans utilité, je crois, de donner d'une manière complète.
FiG. 48
Je le ferai au fur et à mesure qu'ils se présenteront dans la description.
De plus, comme l'exposé du procédé serait difficile à suivre sans connaître l'appareil, c'est par la description de ce dernier que je vais commencer.
dont le côté est de 1/5 de millimètre (ûg. 48). Il sufQl de visser le lube contenaut le jeu de lentilles et le quadrillé photographié sous la platine du microscope. Les distances étant toujours les mêmes, les dimensions de l'image sont donc invariables. Dès lors l'oculaire quadrillé et le calcul pour le trait d'affleurement deviennent inutiles; et on peut employer un grossissement quelconque, sans changer la valeur des numérations. Les grossissements employés ne trouvent d'autres limites que le champ même du microscope.
HÉMATIMÉTRIE
L'appareil se compose :
1° D'un appareil d'optique < (fig. 48, B) perlant d'un côté une plaque de verre sur laquelle est photographié un carré de 3 millimètres de côté environ, et partagé en i6 autres (P). A l'autre extrémité de l'appareil, se trouve un système de lentilles convergentes, placées à une distance telle, que ce carré vienne former une image en 0, n'ayant que 1/5 de millimètre de côté, à une distance qui est à peu près égale à l'épaisseur d'une lame de verre dont je vais parler ;
2° D'une plaque de cuivre, C, qui remplace la plaline du microscope, et sur laquelle se fixe cet appareil.
L'appareil et cette plaque métallique, une fois réunis, (fig. 49) sont placés sous le microscope de telle manière que le carré gravé regarde le miroir réflecleur de cet instrument, et que la plaque s'appuie, à plat, et sans l'interposition d'aucun corps étranger, môme de poussière, sur la plaline du microscope.
Le corps du microscope, qui avait dû être relevé fortement pour permettre de placer l'appareil dans la lunette
' Cet appareil d'optique et la plaque de cuivre constituent le perfectionnement de Nachet,
Fig. 49
de la plaline, est alors descendu jusqu'à ce qu'on voie le carré quadrillé.
Le grossissement qui est le plus favorable pour la numération de globules, est celui que donnent l'objectif 3 et l'oculaire 2 de NacheL {Tube rentré).
Une fois le point trouvé, il est nécessaire de soulever le tube d'un millimètre environ pour pouvoir, plus tard, glisser au dessous la cellule hématimélrique, sans déranger la lamelle qui la ferme; 3° De la cellule hématimétrique (flg. 48) composée d'une lame de verre L, sur laquelle est fixée une lamelle, de 1/5 de millimètre de bauteur, et ayant au centre une perte de substance circulaire de 1 centimètre environ de diamètre. C'est au niveau de la face supérieure de cette plaque que l'image du carré doit avoir exactement 1/5 de millimètre de côté (flg. 48, 0) ;
4° D'une lamelle, E, parfaitement aplanie destinée à recouvrir et fermer la cellule précédente ;
5" D'une petite éprouvette (fig. 49) d'une capacité de 2 centimètres cubes environ, et destinée à recevoir le mélange de sang et de sérum ;
6» D'une palette en verre (flg. SO) pour faire ce mélange ;
7° D'une pipette graduée (flg. 31, A) pour mesurer le sérum artificiel^ destiné à étendre le sang et portant deux graduations à 1/4 et à 1/2 centimètre cube ;
8° D'une seconde pipette capillaire (fig. 51, B) aplanie d'un côté pour faciliter la lecture, et mettre à l'abri des erreurs causées par l'aberration de sphéricité. Elle est
Fie. 50
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graduée par miliimèlres cubes, et sert à mesurer le sang;
9° D'un^a6e en caoïdehoue {(ig. 51, C) destiné à être placé tour cà tour, sur les deux pipettes, pour faciliter l'aspiration du sérum et du sang ;
10" Enfin d'une boite contenant le tout.
SÉRUMs ARTIFICIELS. — Outre ces instruments, il faut avoir à sa disposition un sérum artificiel ou simplement une solution saline titrée. La solution saline que j'ai employée pour mes premières recherches, est la solution de sulfate de soude à 2/50 dans l'eau distillée. Elle m'a suffi dans les cas les plus nombreux. Mais, avec le sulfate de soude, on est parfois forcé d'avoir des solutions de titres différents ; et en ce qui meconcerne, j'en avais toujours sur ma table de travail à 1, 2 et 4 grammes' de sulfate de soude pour 50 grammes. ^
Ces solutions diverses correspondent donc à celles de Grancher, Malassez, etc. Elles m'ont paru conserver très suffisamment les globules, pour être sûr qu'ils restaient intacts, au moins jusqu'à la fin de la numération.
Mais depuis plusieurs années, c'est au liquide A d'Hayem, dont la formule est plus loin, auquel j'ai donné la préférence.
Tous les sérums, du reste, peuvent se diviser en trois groupes : 1° les liquides naturels; 2» ceux qui ont la pré-
tenlion de les imiter, el, 3" enfin, les simples solutions salines.
Je vais donner quelques formules pour chacun d'eux.
A. Le premier groupe comprend :
1° Le sérum du sang ;
2° Le sérum iodé de Max Schullze (sérum amniotique iodé de la vache) ; liquide excellent ;
3° L'urine diabétique contenant au moins 40 grammes de sucre additionné de 0, 5 à 0, 6 p. 100 d'eau oxygéné'e à 12" : c'est le liquide B d'Hayem.
B. Les liquides de ce groupe ont ce caractère commun de contenir tous une substance organique, glycose, albumine de l'œuf ou gomme, dont le but est de remplacer l'albumine du sérum normal.
Il comprend les formules suivantes :
1° Eau 100 gr. \
rure de sodium, parties égales, don- \ nanl également une densité de.... 1020, 3 vol./
C. Enfin, le troisième groupe comprend toutes les solutions salines plus ou moins concentrées ayant pour base surtout le sulfate de soude et le chlorure de sodium.
Glycérine
Sulfate de soude
2° Solution de gomme arabique donnant
au pèse-urine une densité de
Solution de sulfate de soude et de chlo-
1020, 1 vol.
Ranvier.
1° Sulfate de soude Eau
1 gr
Granclier.
2* Sulfate de soude Eau
3 gr. Zimmermann 50 ) et Malassez.
HÉMATIMÉTRIE
Ces dernièi-es, faciles à se procurer, s'altèrent fort peu et conservent très suffisamment les globules sanguins.
Liquide excellent pour la numération des globules rouges de l'homme : « II ne les détruit jamais, même dans les anémies extrêmes ; et, de plus, il fixe et durcit le slroma globulaire, ce qui permet de mesurer le diamètre de ces éléments. »
« Mais quand le sang renferme un excès de fibrine, par exemple dans les phlemasies, il la précipite; et^ dès lors, il ne peut plus être employé pour la numération. » (Hayem, p. 92 et 93. Leçons sur la modification du sang.)
4° Veau iodo-iodurée « conserve assez bien .les hématoblastes qui sont cependant rétractés ». (Cadet, Thèse, Paris, 1881, p. 26.)
5° Acide osmique, recommandé par Pouchet. Les solutions fortes ou faibles au 100° ou au 200' conconservent bien les hématoblastes. Ils se présentent sous la forme de corpuscules discoïdes un peu plus pâles que le sang pur.
« Ce liquida, très bon pour l'étude des hématoblastes, est absolument mauvais pour celle des globules rouges. (Cadet, Thèse, Paris, 1881, p. 27.)
6° Eau distillée 1000 gr. \
Sulfate de soude pur 25 |
Chlorure de sodium pur. . . . 5 ' liquide B de
Chloral hydraté pur 25 l Cadet.
Chromate de soude pur 0 gr, 20 '
3° Eau distillée
Chlorure sodium pur.
Sulfate de soude pur. .
Biclilorure d'hydragire
200 gr.
Liquide A Hayem
0 gr. 50
« En se plaçant dans ces conditions, les globules
rouges sont parfaitement conservés dans leur forme ; ils ne sont pas rétractés comme dans le liquide A de Hayem. » — « Quant aux hématoblastes, ils sont bien conservés ; ils résistent encore mieux que les globules rouges. » (Cadet, Loco eitato, p. 381,.)
7° Sel marin Eau
« Donne d'assez bons résultais, moins bons cependant que la solution de sulfate de soude à 5 p. 100. J'en dirai autant des solutions de sulfate de magnésie. » (Malassez, Areh. de physiologie, mai et juin 1880, p. 382.)
10 gr. ) 100 i ^'eckler.