CHAPITRE XLV
ÉTUDE DU SANG (suite)
Sommaire. Élude du sang (suite) : Procédé ; — Numéralion des globules rouges; — Des leucocytes; — Des hémaloblasles.
HÉMATIMÉTRIB [suîte)
Procédé. — Le procédé consiste à étendre deux millimètres cubes de sang dans SOO millimètres cubes de sérum artificiel, qui, vu la perte due au mouillage du verre, sont réduits à 49i millimètres cubes. La solution se trouve
494, 4- 9 donc à — - — - soit au 248^.
De plus, c'est seulement la quantité de globules contenus dans l/12ode millimètre cube de la solution, qui est comptée.
L'instrument, en effet, a été construit de telle manière, on s'en souvient, que, d'une part, la hauteur de la chambre liématimétrique soit 1/5 de millimètre, et que, d'autre part l'image du petit carré, qui est reçue sur la plaque hématimétrique, ait également 1/5 de millimètre de côté. Le millimètre cube contient donc 125 de ces cubes, puisque nous le supposons divisé en 5 tranches, en contenant chacune 25.
Pour avoir le chiffre exact de globules correspondant à chaque millimètre cube de sang examiné, il ne suffira
donc pas de multiplier le nombre de globules trouvé par 248, titre de la solution, mais aussi par 125, puisque ce n'est que le \2'6^ d'un millimètre cube qui a été examiné. Or, 248 X 125 donne 31 000, qui devient ainsi un chiffre constant, dont il faudra toujours multiplier le nombre de globules trouvés, pour avoir le nombre réel.
Ceci exposé, pour procéder à l'hématimélrie, il faut, l'hématimètre étant en place et le microscope au point, opérer le mélange.
1° Le premier soin est de mesurer la solution saline. Le tube en caoutchouc est adapté à l'extrémité de la pipette (fig. 51 , A.) destinée à cet usage, et la pipette plongée dans la solution. Puis on aspire lentement, en ayant soin d'éviter l'introduction de la plus petite bulle d'air. Si cet accident arrivait, il faudrait vider la pipette en soufflant dans le tube. La pipette doit être remplie jusqu'au renflement, existant à peu près à sa partie supérieure ; puis on la retire de la solution en l'inclinant légèrement. Le niveau du liquide est ensuite ramené jusqu'au trait marquant le demicentimètre cube, en appliquant le bout de la pipette sur un linge fin. C'est la partie convexe du ménisque formé par la surface du liquide qui doit affleurer le trait.
Je recommande tout particulièrement d'essuyer le bout de la pipette, avant de considérer celte partie de l'opération comme terminée. Bien souvent, en effet, le liquide est sorti de la pipette, mais reste adhérent à la surface extérieure; et l'on est tout surpris, quand on passe le doigt de haut en bas pour l'essuyer, de voir le liquide remonter d'une quantité notable au-dessus du trait d'affleurement. Il faut donc essuyer le bout de la pipette avec un linge sec; et véinfier si le niveau du liquide n'a pas changé. Ce n'est qu'après, que l'on doit introduire la pipette jusqu'au fond du tubecuvette, et souffler doucement pour la vider. Il faut avoir
HÉMATIMÉTRIE 381
Soin d'essuyer la pipette contre la paroi de l'éprouvette.
On la lave enfin avec de l'eau distillée. Sans cette précaution on trouverait, à l'opération suivante, son extrémité bouchée par un dépôt des sels employés.
On passe ensuite, et le plus rapidement possible, à la prise et à la mesure du sang. C'est à la partie interne du pouce, à peu près au niveau de la naissance de l'ongle, que je le prends. Pour cela, je pique cette partie avec une épingle assez grosse ^ ; et j'appuie pour faire sortir une goutte.
Le tube en caoutchouc a été d'avance adapté à la pipette destinée à cet usage. L'extrémité de cette dernière est plongée dans la goutte de sang, et par une aspiration douce on l'attii-e dans le tube capillaire. Autant que possible il faut éviter de faire monter le sang trop au-dessus du trait qui marque les deux millimètres. L'excédent est enlevé en frappant des petits coups avec la pipette, tenue bien perpendiculairement, sur une compresse de toile fine tendue sur l'index de l'autre main. On produit ainsi sur ce linge une série de petites taches ; et l'on voit le sang descendre graduellement jusqu'au trait où l'on veut s'arrêter. On arrive très rapidement à mesurer la force des chocs qu'il faut donner ; et il est rare que l'on dépasse le trait. Quand cela arrive, il faut avoir soin d'essuyer le doigt et de faire sortir une autre goutte de sang. Le sérum delà précédente, en effet, aurait pu s'évaporer en partie ; et le nombre des globules se serait augmenté d'autant.
Il suffit d'appliquer légèrement l'extrémité de la pipette sur la goutte pour voir le sang monter rapidement. Il faut
1 Hayem préfère se servir d'une lancette, et Malassez a fait faireune lancette à curseur dont il peut limiter la partie saillante. (Malassez. Arch. de phijl., mai et juin 1880, p. 383J.
alors recommencer la petite manœuvre précédente, en redoublant d'attention.
Sous ce rapport, je dois le dire, les sangs varient beaucoup. Quelques-uns sont épais et peu coulants ; il faut des chocs plus secs pour les faire sortir de la pipette ; d'autres au contraire, sont fluides, et le moindre choc fait dépasser le trait d'affleurement. Il faut en tenir compte, si l'on veut s'éviter beaucoup de tâtonnements et de pertes de temps.
il faudrait, du reste, se garder de conclure d'un sang consistant, à un sang riche ; un sang très fluide peut l'être tout autant. J'ai observé ce fait surtout chez des personnes soumises depuis quelque temps aux préparations alcalines (bi-carbonate de soude et eau de Vichy). Ces qualités me paraissent donc tenir plutôt aux diverses compositions du sérum.
Enfin, je dois signaler ici, que, plus encore que dans tout le reste de l'opération, il est indispensable d'aller rapidement. Quelques instants de retard peuvent faire sécher le sang qui est à l'extrémité de la pipetle, surtout lorsqu'on l'a trouvé peu coulant ; et, dès lors, il se prend en caillot et forme bouchon. En admettant même qu'en soufflant assez fort on arrive à vider la pipette, on trouve alors dans la solution, après agitation, de véritables petits caillots. Je me suis rendu compte plusieurs fois que beaucoup de ces caillots, si l'agitation a été suffisante, ne retiennent que très peu de globules ; et que, par conséquent, la richesse de la solution n'est pas sensiblement diminuée. Cependant, lorsque ce petit accident arrive, je conseille de recommencer complètement.
Mais ce n'est pas là le plus grand inconvénient du retard que l'on peut mettre dans cette partie de l'opération. Le bouchon produit par le sang peut être assez adhérent
HÉMATIiMÉTRIE 383
pour ne plus vouloir sortir, qu'elle que soit la force avec laquelle on souffle. L'opération dans ces conditions est forcément arrêtée; et cela pour quelque temps, car il n'est pas facile de débarrasser la pipette de ce caillot.
Le mieux, pour y parvenir, est de laisser tremper l'exlréniitéde la pipette pendant quelques minutes dans une solution d'alcool concentré, et de revenir ensuite aux insufflations, en ayant soin tantôt d'aspirer le caillot, tantôt de le repousser. Si ce procédé ne réussit pas, il faut s'armér de patience et désagréger le caillot, avec des fils d'argent, tels que ceux que l'on trouve dans les boîtes à seringues de Pravaz. Il serait bon qu'un paquet de ces fils, assez longs pour parcourir la pipette, fût placé dans la boîte contenant l'hématimèlre. Avec de la patience et un peu d'adresse, on arrive toujours à débarrasser la pipette ; mais il ne faut pas compter son temps.
Le point d'affleurement obtenu, on se hâte de vider le sang dans l'éprouvette. Pour ne laisst-r que le moins de globules possible dans la pipette, il faut à plusieurs reprises aspirer de la solution et la refouler ensuite, de manière à faire un véritable lavage. Mais il est imporlant en aspirant le liquide de ne point dépasser le point d'affleurement. Sans cette précaution, la solution s'enrichirait de tous les globules qui sont restés adhérents à la paroi du tube au-dessus de ce point. Puis, pour la nettoyer complètement, il suffit de répéter plusieurs fois cette même opération, successivement avec une solution de soude ou de potasse, de l'eau distillée, et enfin avec de l'alcool.
On procède alors au mélange. On l'opère avec la petite palette, que l'on roule entre les doigts. Il faut le faire pendant un temps suffisant pour que la solution paraisse parfaitement homogène. Trente secondes au moins sont nécessaires.
Le mélange fait, et sans laisser aux globules le temps de se déposer au fond de l'éprouvette, il faut, avec la tige de la palette, prendre du liquide, et le porter au centre de la cellule hématimétrique C'est la préparation proprement dite. Il est nécessaire de s'y prendre à plusieurs fois ; et à chaque fois il faut agiter la solution.
Le liquide déposé doit occuper au moins la moitié de la cellule. On applique ensuite, en ayant soin de ne pas la faire glisser, la lamelle qui doit fermer la cellule. Un doigt mouillé de salive est ensuite approctié de deux de ses bords opposés; et l'on appuie avec une aiguille montée sur ces bords pour que la salive pénètre entre elle et la lamelle percée, qui est fixée sur la lame. Un disque vide doit toujours rester entre le bord de cette lamelle et celui de la goutte de solution; et de plus aucune cellule d'air ne doit exister dans l'intérieur de la goutte liquide.
La préparation est maintenant achevée ; il n'y a plus qu'à Texaminer.
On la place alors sous le microscope; et cet instrument est remis au point.
Le premier soin doit être de se rendre compte, si le mélange a été bien fait. On parcourt pour cela la totalité de la préparation en divers sens, en examinant si les globules ne paraissent pas plus abondants sur certains points que sur d'autres. C'est surtout le centre qui doit être comparé avec la circonférence. Le pourtour de cette dernière, dans une petite étendue, est toujours moins riche ; mais c'est là une disposition forcée; il n'y a pas lieu d'en tenir compte, si elle existe sur tout le pourtour de la préparation. Il n'en serait pas de même, si les globules étaient agglomérés sur un de ces points. On devrait alors, tout au moins, brasser de nouveau le mélange, et recommencer la préparation.
HÉ.MATIMÉTRIE 385^ Si un ccriain temps s'était écoulé, il ne faudrait même pas hésiter à recommencer le tout.
IN'cMÉRATiON ûES GLOBULES ROUGES. — La numération des globules rouges est la plus longue, et celle qui demande le plus d'attention. Il faut d'abord s'assurer que tous les globules sont tombés sur la plaque. Puis^
o o o -"-^ o o oo o 0 0 ■
. ° Q°oo qO o°§ o^q ;
6 oi„-o,gcjC^o;;A^i
On
opco o 0U^d^^. u-o