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THERMO-MÉTRIE EN GÉNÉRAL

Enfin, pour permettre des graduations inférieures et l'établissement du zéro, Ducretet a fait subir à la tige une courbe, qui permet d'augmenter sa longueur sans augmenter celle de l'instrument proprement dit. On peut ainsi, de même qu'avec le réservoir inférieur, et peut-être avec plus de précision encore, obtenir le point fixe inférieur.

Je ne crois pas cependant, je l'ai dit, que ce soit là un avantage suffisant pour augmenter la difficulté de construction, ou môme la fragilité de l'instrument.

Graduation. — La modification la plus importante, que les constructeurs aient fait subir aux thermomètres, pour les adapter au but que leur destine la clinique, est de fraetionner l'échelle thermométrique ; c'est-à-dire de l'aire des instruments ne correspondant qu'à une partie de celte échelle.

La température humaine, en effet, nous le savons, même à l'état pathologique, ne dépasse pas comme écart 32° et 4oo. 11 a donc paru inutile de comprendre le reste de l'échelle dans les thermomètres médicaux. Pour les cas exceptionnels, expérimentaux, par exemple, oii ces écarts seraient dépassés, les thermomètres ordinaires peuvent être complétés par d'autres instruments comprenant le reste de l'échelle, soit au dessus, soit au dessous; et ces parties de l'échelle thermométrique peuvent elles-mêmes, suivant le cas, être réparties sur un ou plusieurs instruments.

Ce sont ces divers instruments qui ont reçu le nom de ihermomètres à échelle fractionnée.

La tige ne devant désormais, pour le cas qui nous occupe, comprendre que 13 degrés au plus, on a pu réduire de beaucoup la longueur de la colonne, tout en laissant

TIIERMOMÉTRIE MÉDICALE à chaque degré une longueur sufQsanle, pour qu'il pût ôtre divisé en dixièmes, ou loul au moins en cinquièmes. C'est la division en dixiômesqui est le plus souvent adoptée ; cela, du reste, sans grand bénéfice pour la clinique. Je né crois pas, en effet, que jamais clinicien ait fondé une opinion quelconque sur une différence d'un dixième de degré. Je pense donc, que la division en cinquièmes de degré est très suffisante; et cela d'autant plus que le dixième pourrait être apprécié par ceux, qui voudraient pousser plus loin la rigueur d'observation, en jugeant de combien la colonne de mercure dépasse la graduation inférieure.

Les points extrêmes, que j'ai indiqués, 32» et 45», me paraissent ôtre bien choisis ; et, ce sont ceux, en effet, qui ont été adoptés par la plupart des constructeurs.

Un point, qui ne dépend que de la construction, mais qui a une importance sérieuse dans la pratique, est la manière dont est marquée la graduation. Elle peut l'être sur le cylindre même qui contient le mercure, ou bien sur une bande de papier, de verre dépoli ou de porcelaine disposée à côté de ce tube, et contenue en même temps que lui dans un étui en verre fort. De ces deux procédés, c'est le dernier qu'il faut préférer; parce que, mieux que l'autre, il permet la lecture. Il faut avoir eu dans les mains les instruments dont la graduation est portée sur la tige ellemême, pour savoir combien il est difficile parfois de dire oii s'arrête la colonne mercurielle.

Ce mode de graduation est donc à rejeter d'une manière rigoureuse.

Même avec les instruments à graduation indépendante, la lecture présente parfois des difficultés, surtout pour la température prise le soir, dans les points obscurs d'une alcôve, etc. Cette lecture devant être faite le thermomètre restant en place, il est souvent indispensable d'approcher

thermomeTlIie en général

une lampe du malade, et cela, non sans quelque embarras. Aussi doit-on considérer comme une modification des plus heureuses, celle qui a permis de faire la lecture après avoir enlevé l'instrument, sans craindre de voir la colonne s'abaisser. Cette modification est celle qui a consisté kmaximer les instruments. On y arrive le plus souvent maintenant en entrecoupant la colonne, à un centimètre de son sommet environ, par une bulle d'air de deux millimètres seulement de hauteur.

Grâce à cette heureuse modification, l'index qui n'est autre, je l'ai dit, qu'une partie de la colonne mercurielle elle-même, s'élève avec elle. Puis, quand après avoir retiré l'instrument, la colonne descend; la partie, qui est séparée par la bulle d'air, reste en place ; et, à la condition de ne pas imprimer des secousses brusques à l'instrument, elle y restera indéfiniment.

L'instrument peut donc être porté près d'une lampe, et la lecture être laite sans difficulté, en donnant à la colonne, telle inclinaison que l'on veut pour la faciliter. On peut même, dans la clientèle, pour gagner du temps, faire prendre la température par une personne restant auprès du malade, qui garde l'instrument, dont la lecture est ensuite faite ou contrôlée parle médecin à son arrivée. C'est là, je le répète, une des modifications les plus avantageuses; et que l'on doit désormais considérer comme indispensable pour tout instrument dont on fait choix.

C'est en vain que l'on a reproché à cet instrument d'être moins exact. La bulle d'air augmenterait plus que le mercure, et de là pourraient résulter des erreurs d'un dixième- J'en appelle à tous ceux, qui font de la thermométrie une application quotidienne ; et je leur demande si, dans le cours de la pratique, ils ont la certitude ou la prétentioa de prendre la température à un dixième près.

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Ce ne ?onlpas des variations d'un dixième, qui peuvent ■nous fournir des indications; et la crainte d'erreurs de -cette importance est si largement compensée par la commodité des instruments à maxima, que je conseille de ne jamais en prendre d'autres.

Après la lecture delà température, il est indispensable, •pour ces instruments, de^conduire la colonne mercurielle à son point de départ, ou tout au moins à une température, au-dessous de la normale. On y arrive par une série de secousses brusques, que l'on imprime à l'instrument en le tenant par le haut de la graduation, de telle manière: •que par l'effetde la pesanteur, l'index descende, et ne soit •plus séparé du reste de la colonne que par la bulle d'air. •Ces secousses, il ne sera peut-être pas inutile de le dire, ne sauraient être remplacées par des chocs donnés avec ■l'instrument, celui-ci étant tenu perpendiculairement. On • •pourrait parfois arriver au même résultat, mais en faisant courir de sérieux dangers à l'instrument dont la tige se- .rait ainsi souvent brisée.

Dans les secousses que l'on donne, deux petits inconvénients peuvenL se présenter. L'indice peut venir se con-. iondre avec le reste de la colonne, ou bien il peut se •fragmenter, une partie restant adhérente au verre.

-Dans ce dernier cas, il est facile en plongeant l'ins- ;iFument dans de l'eau tiède, dont on augmente graduellement la température, en la mélangeant avec une., •autre plus chaude, d'élever la température jusqu'à la partie la plus haute de l'index. Cette partie atteinte, on lais'se . ■l'eau se refroidir lentement; et l'index est ramené ensuitô-. ,par des secousses plus légères.

Quand l'index est confondu avec le reste de la colonne;- , ■ il faut, après avoir élevé la colonne mercurielle de quel- , -ques degrés, prendre l'instrument par la cuvette, et lui^

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imprimer des secousses en sens inverse de celles qu'on lui imprime pour ramener l'index. On arrivera assez fa-' cilemenl à détacher une partie de la colonne mercurielle, qui désormais servira d'index. On aura ainsi maarîmél'ins- Irument.

Forme générale. — Elle a élé surtout modifiée pour répondre à ce besoin, la commodité, qu'il s'agisse de l'apptiication ou du transporc.

- Pour la commodité de l'application, je dois rappeler une disposition dont j'ai pu apprécier l'avantage ; c'est, celle qui consiste à couder la tige du thermomètre. A une époque, où l'on croyait encore devoir donner plus d'étendue à la colonne mercurielle, afin de diminuer la longueur de l'instrument, quelques constructeurs avaient coudé la tige à six ou huit centimètres du réservoir. C'était donc sur la partie horizontale que se lisait la graduation ; on pouvait même, suivant la pratique de quelques médecins, faire sortir cette tige par la partie postérieure de l'aisselle ; et lire la température sans s'exposer au souffle du malade. Ce dernier avantage me paraît négligeable. Mais il n'en est pas de même du premier ; j'en ai été fort satisfait à une époque, oii les instruments à maxima n'étaient pas encore entrés dans la pratique.

Mais, disons-le immédiatement, si le thermomètre coude est commode pour l'application , il ne l'est pas pour le transport. Sa forme le rend fragile; et aussi, malgré l'avan-' tage que je viens de lui reconnaître, peut-être un peu par reconnaissance S je ne crois pas qu'il se relève jamais du discrédit où il est tombé. i!

< En 1875, pendanl. que j'étais au Maroni (Guyane frauçaise) • les quelques lliermouètres que j'avais avec moi, ayant élé tour à tour brisés, et me trouvant au milieu d'une épidémie que je voulais étudier, j'écrivis h. la tolouie la^ plus rapprochée pour en

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La plupart des instruments, au début de la Ihermométrie médicale, n'étant destinés qu'à la clientèle des hôpitaux, se présentaient sous une forme assez massive et volumineuse. On les trouvait dans le commerce contenus dans un étui en bois, qui répondait à tous les besoins du service auxquels on les destinait; le principal mérite de leur fabrication était la solidité. Mais, dès que cette pratique s'est répandue dans la clientèle civile, cette condition a dû faire place à une autre, la commodité de transport; et c'est de ce besoin que sont nés la plupart des modèles que l'on trouve aujourd'hui dans le commerce, et dont beaucoup réunissent l'élégance à la commodité. Or, de ce nombre sont surtout les thermomètres à étui, soit qu'ils se vissent dans cet étui par une armature qu'ils portent à leur sommet, soit que l'étui soit simplement fermé à frôlement doux comme celui des couturières. , La plupart des instruments ont été ramenés à des proportions assez petites pour leur permettre d'être reçus dans une trousse ; et, par conséquent, sont ainsi devenus aussi portatifs que possible. C'est un véritable succès obtenu par nos fabricants; qui ont su, comme dans bien d'autres cas, réunir la solidité et la commodité à l'élégance.

avoir d'autres. Ce fat à la Martinique, qui avait en ce moment le D' Béreager-Féraud pour chef de service, que j'adressai ma demande.

Cette colonie elle-même ne se trouva pas trop largement pourvue. Cependant, comprenant tout l'iatérôt de ma demande, ce maître distingué fil chercher dans l'arsenal de l'hôpital, et trouva un thermomètre coudé, qu'il m'expédia; et qui me permit d'attendre que d'autres me fussent arrivés de France. C'est dans ces couditions que j'ai pu apprécier sa commodité.

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