CHAPITRE XLIX
THERMOMÉTRIE MÉDICALE (suite)
Sommaire. Thermomélrie médicale : Définition ; — Division ; — Lois. Températures centrales : Lieux d'élection.
DÉFINITION. — La Ihermométrie médicale est cette branche de la technique médicale, ayant pour but de mesurer les variations de température subies par l'homme malade. Je dis l'homme malade, parce que, en effet, à côté d'elle, et procédant avec des procédés et des instruments souvent identiques, se trouve la ihermométrie physiologique. Mais pour celle-ci, outre qu'aux observations humaines se joignent souvent celles prises sur les animaux, le but des recherches varie. L'expérimentation animale peut, dans un but déterminé, les multiplier à son gré; et créer des conditions d'élévation ou d'abaissement incom- • patibles avec l'existence de l'homme. Enfin, si, comme je l'ai dit, assez souvent les mêmes instruments servent aux deux, il faut aussi reconnaître que la science physiologique a été souvent forcée d'en imaginer de nouveaux, et qui lui sont restés spéciaux. Ces deux branches de la Ihermométrie, quoique concourant en somme au même but, doivent donc, surtout au point de vue qui nous occupe, rester distinctes; l'une et l'autre ont des techniques différentes.
La Ihermométrie médicale, ai-je dit, nous permet de
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mesurer les varLalions de température imprimées par la maladie; mais, sans qu'il soi! miccssaïrc d'insislcr, je dois rappeler qu'elle ne fait connaître qu'un des côtés de la question. Elle nous permet de mesurer la quantité de calorique, qu'un point de la surface cutanée cède à l'instrument, sans pouvoir nous faire apprécier dune manière plus complète, ni la quantité de chaleur réellement développée par l'organisme, ni même la totalité de celle émise par la totalité de la surface d'émission comprenant la surface cutanée et la surface pulmonaire. Quelques tentatives cependant ont été déjà faites pour mesurer cette dernière, et compléter les indications fournies par le thermomètre; mais, dans ces cas, ce n'est plus de la thermométrie qu'il s'agit, mais de la ealoriméirie.
Il est évident, du reste, que les indications de celte dernière seraient autrement précieuses. Bien mieux que celles de la thermométrie, elles pourraient nous permettre de saisir, dans ce qu'il a de plus intime, le phénomène de la calorificalion, et d'apprécier ces diverses variations. Malheureusement, jusqu'à présent, la calorimétrie n'a pu être que physiologique, expérimentale. Mais c'est un procédé que nous devons tendre à faire entrer dans la technique clinique, parce que, j'en suis convaincu, dès qu'il sera devenu pratique, il lui rendra de sérieux services ; et dont il nous est peut-être difficile encore d'apprécier toute la portée.
La thermométrie, il est donc bien entendu, ne nous donne que des indications sur le pouvoir émissif de la surface cutanée ; et, de plus (il est important d'insister sur ce sujet), par un point de cette surface seulement.
Les températures recueillies par le thermomètre sont donc toujours locales; il ne saurait en donner d'autres. Cependant, comme l'expérience et l'observation ont dé-
DÉFINITION 425 montré que certains points de la surface sont approximativement en rapport constant de température avec la moyenne de celles qui sont constatées dans le sang et les principaux viscères, il a été convenu de les considérer comme équivalentes ; et les températures prises sur ces points ont reçu le nom de températures centrales, le nom de températures locales étant laissé aux autres.
Les points d'observation usuelle que l'on considère comme propres à donner la température centrale sont par ordre de fréquence d'application de nos jours, l'aisselle, la bouche, le rectum et le vagin.
Mais, l'importance du sujet me permet d'y revenir, ce ne sont là réellement que des températures locales; et qu'il faudrait bien se garder de considérer comme pouvant donner une idée exacte et vraie de la température générale. Elles ne donnent, je l'ai dit, que la température d'une partie de l'organisme, et ne sont comparables qu'avec celles prises sur le même point.
Du reste, on le sait, la température à l'état physiologique varie dans toutes les parties de notre économie. Elle n'est pas la même dans le foie et les muscles, dans le poumon et la rate, dans l'estomac et l'intestin, dans le sang veineux et dans le sang artériel. Elle varie même pour les divers départements de chacune des deux grandes divisions du torrent circulatoire. 11 nous serait donc bien difficile de dire ce que nous entendons par température centrale ou générale. Chacune des parties de l'organisme, même les plus centrales, a sa température propre.
Parler de la température centrale, c'G%i donc parler de quelque chose de vague, et à peine d'approximatif.
Mais comment, me dira-t-on, avec une toile variabilité de la température humaine, a-t-on pu donner tant d'im-
THERMOMÉTRIE MÉDICALE
|l porlance aux modifications que subit cet élément dans le
I cours de la maladie? Deux lois nous y autorisent. La pre-
I mière est que l'expérimentation et l'observalion cliniques
I nous ont démontré qu'au moins dans la grande généra-
j lité des cas, sous l'injluenee des maladies, les éléva-
I tions et les ahaisseinents de la température se font
I sentir dans la totalité de l'organisme, et cela, d'une manière à peu prés proportionnelle ; la seconde est
1 que, les conditions organiques ne changeant pas, la