‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 150 sur 172 · CHAPITRE LVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIII

UROLOGIE (suite) EXAMEN MICROSCOPIQUE DES DEPOTS URINAIRES

[suite)

Sommaire. Éléments non cristallisés propres à l'organisme: — Mucus ; — Pus ; — Sang ; — Epithéliums ; — Éléments rénaux ; — Sperme; — Corps gras.

Éléments non cristallisés. — Je réunirai dans ce groupe : le mucus, le pus, le sang, les divers épithéliums, les éléments rénaux, le sperme et les eorps gras.

Mucus. — Le mucus ne fait pas partie de l'urine normale, ou du moins sa quantité, dans les condilons normales, est trop faible pour que sa présence se révèle. Cependant, ce n'est que lorsque cette quantité est considérable que le mucus doit appeler l'attention du médecin.

Dans ces cas, il indique toujours un état de souffrance de la muqueuse vésicale.

Pour constater le mucus, il suffit de laisser l'urine se reposer pendant quelques heures dans un verre à expériences, et de l'examiner par transparence, sans l'agiter. Il se manifeste alors sous forme d'un nuage floconiieux,

plus OU moins épais, et que l'on voit être constitué par une série de filaments ténus, et formant des mailles plus ou moins serrées.

Il peut se présenter dans toute la hauteur du liquide, mais plus particulièrement dans le premier et le troisième tiers; il a reçu le nom d'énéorème dans ce dernier cas, et de nuage proprement dit dans le premier. Ce sont là, du reste, des distinctions ([ui ont peu d'importance.

Sa quantité est appréciée seulement par l'habitude ; et jusqu'à présent, la précision n'a pas dépassé les expres-r sions de dépôts muqueux légers, épais, peu abondants, abondants ou très abondants.

Seul, et précédant toute autre manifestation, il révèle un état menaçant, que trop souvent nous verrons se confirmer ensuite; accompagné de dépôts, il perd son importance ; et il n'a d'autre valeur que d'indiquer que la présence de ces dépôts ou les conditions de l'urine qui lui donnent naissance, agissent en même temps sur une partie étendue de la muqueuse de la vessie. Enfin succédant, à certains sédiments, et entre autres à des sédiments purulents ou sanguins, il nous prouve que nous sommes en présence des dernières phases d'un processus, qui va s'améliorant.

L'examen microscopique de ces dépôts nuageux est souvent utile; en ce sens que par la nature des éléments qui s'y trouvent retenus, il peut fournir quelques indications sur le point qui leur a donné naissance.

Pus. — Le pus, au point de vue de la quantité, peut se présenter dans trois conditions difTérentes dans l'urine :

1" Il peut n'être représenté que par quelques-uns de ces éléments reconnaissables seulement à l'examen microscopique, soit libres dans les parties les plus inférieures

512 " UROLOGIE

du liquide, soit retenus dans les mailles de l'énéorème.

Dans ces deux cas, il est rare que la présence de ces quelques leucocytes ait de l'importance. Elle doit seulement éveiller assez notre attention pour nous inviter à faire de nouvelles recherches, et voir si le nombre de ces éléments n'augmente pas.

2" Le nombre de leucocytes peut être assez considérable pour rendre louches les parties profondes. Il devient, dès lors, indispensable d'en connaître le point d'origine, cette constatation n'acquérant de la valeur qu'à cette condition.

3° Il en sera de même dans le troisième cas, dans lequel le pus sera assez abondant pour être iGConnu à l'œil nu.

Outre les considérations d'ordre pathologique, qui pourraient dans ce cas nous faire connaître l'origine de ce pus, nous tirerons de précieuses indications de l'examen microscopique du dépôt.

Ce sont surtout les éléments cristalhns, organiques ou histologiques qui accompagnent les leucocytes, qui nous fixeront sur leur point de départ. La grande quantité de pus et la présence d'éléments rénaux nous feront penser â une néphrite suppurée ; leur réunion avec des sédiments cristallins, nous feront supposer une suppuration de la vessie; l'adjonction à ces mêmes sédiments cristallins d'une certaine quantité d'hématies, établirait presque sûrement l'existence d'une ulcération vésicale, suite de calculs ; enfin la coexistence du pus et du sang, sans forme cristalline, rendrait au moins probable une ulcération de mauvaise nature, de la vessie ou des voies urinaires.

Mode d'examen. — Il est des plus simples. Il consiste à placer quelques gouttes du dépôt sur une lame, à la

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES DÉPOTS URINAIKES 6i3

recouvrir irnmédiatemeat d'une lamelle, ea fixant cette dernière par quatre points de paraffine, et à l'examiner avec un grossissement de 400 à 600.

Les leucocytes se montreront alors, quelquefois un peu déformés, mais presque toujours reconnaissables.

Du reste, si quelque doute existait, il suffirait de faire pénétrer sous la lamelle quelques gouttes d'une solution ammoniacale de carmin ou d'hématoxyline, et de laver ensuite à l'eau distillée pour voir aussitôt leurs noyaux apparaître avec leur aspect si caractéristique.

Sang. — Les hématies se présentent fréquemment dans les urines à l'état pathologique, et jamais à l'état normal.

Toutefois, de même que pour l'élément précédent, ce n'est que lorsque les hématies sont assez nombreuses, que nous devons leur attribuer de l'importance.

C'est dans les parties les plus profondes du liquide que nous devons les chercher. Or, il faut savoir que des hématies peuvent exister en nombre assez considérable dans un liquide, sans que ce liquide revête la moindre teinte sanguine. Nous ne pouvons donc affirmer l'absence de ces éléments, qu'après l'avoir conslatée au microscope.

Les hématies se déforment plus facilement et plus rapidement que les leucocytes; et, en outre, elles n'ont pas de réactif qui nous les fasse facilement reconnaître. 11 suffira pour voir com.bien sont nombreuses les formes qu'ils peuvent affecter de rappeler, celles que j'ai décrites en étudiant le sang. Or, ce sont là des formes types ; et chacune d'elles, avec le temps, peut donner lieu à beaucoup d'autres. Cependant, dans les cas, où la clinique aura un intérêt à connaître leur présence, je pense que ces éléments seront en assezgrand nombre pourqu'on puisse en trouver quelques-

Page 1