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CHAPITRE XVI

SPIROMÉTRIE

Sommaire : DéQnition; — Division.

I. Spirométrie proprement dite : DéQnition; — Importance; — Respiration; — Instruments et procédés; — Applications.

DÉFINITION. — Je grouperai sous le nom de spirométrie l'ensemble des procédés destinés à apprécier la quantité d'air contenu dans les voies aériennes.

Division. — Mais, cette définition générale admise, je m'empresse de diviser ces procédés en trois méthodes, arrivant cà apprécier cette quantité d'air par des voies différentes. Ces trois méthodes sont les suivantes :

1° La spirométrie proprement dite, mesurant réellelement la quantité d'air que les poumons attirent et rejettent à chaque mouvement respiratoire ;

2» La spirographie, destinée surtout à reproduire la marche des mouvements respiratoires, et n'arrivant à mesurer la capacité respiratoire que d'une manière indirecte ;

3° La pneumo-dynamométrie, mesurant surtout la force développée par les muscles inspirateurs et expirateurs, et ne s'occupant que d'une manière secondaire et détournée de la capacité respiratoire.

SPIROMÉTRIE PROPREMENT DITE

SPIROMÉTRIE PROPREMENT DITE

La spirométrie proprement dite, je l'ai dit, comprend les procédés ayant pour but de mesurer la capacité respiratoire. Déjà, il est vrai, le ruban métrique nous a fait I constater des différences dans le périmètre du thorax ; le I procédé des indices nous a révélé les modifications s'opérant dans sa forme; enfin, la stéthographie, et surtout la mensuration de la section thoracique, nous ont fait apprécier d'une manière plus exacte les changements survenus dans ses dimensions extérieures; mais aucun de ces procédés ne nous a fourni l'indication la plus importante: la ; capacité. et la puissance respiratoires. Or, il est évident que c'est là le but vers lequel ils tendent. Que nous mesurions le périmètre, les diamètres ou la section, c'est tou- . jours pour pouvoir apprécier la quantité d'air que reçoit l'organe de la respiration, et par conséquent la quantité I d'oxygène dont peut disposer un organisme dans un temps donné. Qu'il s'agisse de mesures anthropologiques ou de faits pathologiques, je le répète, c'est là le but capital et même unique de ces recherches. Or, tous les procédés précédents ne peuvent avoir d'autre prétention d'atteindre ce but que d'une manière indirecte, et par un mode d'appréciation dont on n'est jamais sûr d'exclure toutes les causes d'erreur. Pour ne parler, par exemple, que du procédé de la section thoracique, dont j'ai cherché à mettre les avantages en évidence, admettons que nous ayons mesuré exactement la section thoracique d'une pleurésie au début, et que nous ayons constaté que la section du côté malade s'est accrue de dix centimètres carrés; savons-nous de combien le champ respiratoire a été diminué? Or, c'est là, en grande partie, ce qui nous

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intéresse. QuaiKl nous constatons ensuite que le thorax a repris ses dimensions normales, savons-nous dans quel état est le poumon? S'il est revenu sur lui? S'il est enserré par des dépôts fibrineux au fond de la gouttière costale? S'il est perméable, en un mot, ou s'il ne l'est pas? Eh bien, ce que ni le ruban métrique, ni le compas d'épaisseur, ni le stéthographe ne peuvent nous dire, la spirométrie va nous l'apprendre. Seule, de tous ces procédés, elle va droit au but; seule, elle peut nous indiquer que la capacité respiratoire de telle race est proportionnellement plus considérable que celle de telle autre, ou que la surface pulmonaire de tel malade augmente ou diminue.

C'est ce qui explique que depuis près de deux siècles elle ait plus particulièrement préoccupé les esprits.

La respii^ation, nous le savons, peut se faire plus ou moins largement, et nous pouvons fa.ire varier, même dans des limites très étendues, les quantités d'air que nous faisons passer dans nos organes respiratoires. Nous pouvons, par exemple, nous en tenir aux mouvements normaux, ou bien faire pénétrer une quantité d'air beaucoup plus considérable, ou bien encore pousser l'expiration jusqu'à ses dernières limites. Si, dans ces différents cas, nous mesurons les quantités d'air introduites ou émises, nous verrons que, dans quelques-unes elles peuvent être deux ou trois fois plus grandes que dans d'autres.

Pour donner de la précision au langage, tous les auteurs qui se sont occupés de ces questions, ont accepté une division delà quantité totale de l'air contenue dans les voies aériennes. Et, d'abord, quelque profonde que soit l'expiration, nous savons qu'il reste toujours une certaine quantité d'air dans ces voies. Or, c'est à cette portion d'air minimum que l'on a donné le nom d'air résidual, et pour

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