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INSTRUMENTS ET PROCÉDÉS

d'ouvrir le robinet R, et de faire descendre le cylindre renverse ou cloche A' à son point d'affleurement.

Spiromètre de Boudin. — L'instrument de Boudin est encore plus simple. Il se compose essentiellement d'un ballon en caoutchouc mou, communiquant avec l'air extérieur par un tube un peu plus rigide. Une parlie de ce ballon est fixée sur un plateau de cuivre sur lequel est fixé un arc métallique traversé au milieu de sa course par une tige de bois léger graduée, et fixée sur le milieu de l'hémisphère libre du ballon.

FiG. 12. — Spiromètre de Boudin.

Le ballon étant vide avant l'expérience, le sujet fait d'abord une inspiration, puis expire dans le ballon qui, en se gonflant, fait monter la tige graduée. C'est le chiffre de la tige qui dépasse l'arc métallique qui indique la capacité obtenuo. Quelques pressions méthodiques vident l'appareil, et l'expérience peut recommencer,

Pneumomètre de Broca. — Le pneumomètre de Broca affecte la forme de nos soufflets d'appartement. Il se compose de deux lames de bois, légères, réunies par

140 SPIROMÉTRIE du cuir plié comme la soufflerie d'un accordéon. La lame inférieure est fixe, tandis que la supérieure porte une tige graduée, qui, passant devant un point de repère, indique à chaque instant la quantité d'air contenue dans l'instrument. C'est à l'embout du soufflet qu'est fixé le tube servant à introduire l'air.

FiG. 13. — Pneumoinèlre de Broca.

Spiromètre de Galante. — Enfin pour compléter la description des instruments, je dois donner celle du spiromètre de Galante. Je le ferai avec quelques détails parce que c'est un de ceux qui sont le plus employés aujourd'hui.

Description de l'instrument. — Comme le montre la figure 14, l'appareil se compose :

1° D'un récipient en caoutchouc, rappelant par sa dis-

INSTRUMEiSTS ET PROCÉDÉS 141 position, comme celui de Broca, la soufflerie d'un accordéon, mais de section circulaire, et par conséquent prenant dans son développement complet la forme d'un cylindre ;

FiG. 14. — Spiromètre de Galaale.

20 D'un tuyau, T, faisant communiquer ce récipient avec l'air extérieur par sa partie inférieure, mais pouvant être fermé par un robinet, R, et portant à son extrémité libre un embout, E ;

142 SPIROMÉTRIE

• 30 D'un supporf, muni d'un cadran, et auquel sont fixées des poulies de renvoi ;

4° D'une chaîne fixée par une de ses extrémités à la face supérieure du récipient, se réfléchissant sur deux poulies, et portant de l'autre un çpntre-poids, P, formé en grande partie par de la grenaille de plomb ;

3° D'une secoude chaîne enroulée sur le pignon de l'aiguille du cadran, chaîne dont le mouvement est lié à celui de la première, et assuré de plus par le contrepoids p ;

6" Enfin d'un tube manométrique à eau, M, indiquant si la pression intérieure du récipient est inférieure, égaie, ou supérieure à celle de l'extérieur.

Mode d'emploi, — La description, qui précède, va le rendre, je l'espère facile à comprendre.

Le récipient étant vidé, c'est-à-dire le plateau supérieur étant abaissé autant que possible, et le robinet R étant ouvert, le sujet applique fortement l'embout, E, sur la bouche, et expire dans le tuyau, T.

Le plateau supérieur étant maintenu en équilibre par le contre-poids, P, dès que l'air expiré arrive dans le récipient, on voit le plateau s'élever; et, en même temps, l'aiguille indique sur le cadran la quantité d'air introduite.

Quant au manomètre M, il sert à montrer si l'expérience se fait dans de bonnes conditions, et nous donnera en même temps les indications pour les obtenir. Si en effet, le poids de l'instrument était équilibré d'une manière insuffisante, la pression intérieure serait forcément supérieure à celle de l'extérieur ; et il faudrait augmenter le contre-poids, ce qui est facile, puisque, je l'ai dit, il est constitué par de la grenaille.

Si, au contraire, la pression intérieure était inférieure, on devrait en conclure que le plateau s'est élevé eu partie par excès du contre-poids; et il faudrait alors le diminuer.

Grâce à ce tube inanométrique, si simple, on peut donc toujours connaître l'état de la pression intérieure, et éliminer toute expérience qui n'a pas été faite dans des conditions exactes d'équilibre.

A l'aide de cet instrument, en pourra, on le comprend, obtenir à volonté les différentes quantités b, c, d; il suffira pour procédera leur évaluation de suivre les indications que je vais donner.

Tels sont les instruments dont vous pourrez avoir à vous servir.

Tous, sauf celui de Boudin, se recommandent surtout par leur plus grande précision ; mais, malgré les simplifications que lui ont fait subir inventeur et constructeur, ils sont encore assez encombrants et ne sauraient trouver leur place que dans un laboratoire. Mais j'estime que là ils sont indispensables. Leur utilité se révélera à chaque instant dans l'étude scientifique de la pathologie et dans une foule de recherches qui en dépendent.

Quant à l'appareil de Boudin il rachète par sa simplicité et par la modicité de son prix, son défaut de précision. Inventé pour être appliqué à l'examen de toutes les recrues, son auteur a dû chercher surtout la commodité et la rapidité; et, sous ce rapport, il me paraît, en effet, difficile de trouver mieux. Mais la méthode, sinon l'appareil, est passible d'une objection des plus sérieuses. La spirométrie est une méthode délicate, qui demande de la part de fobservé une certaine intelligence et de la bonne volonté. Or, je ne crois pas qu'on puisse compter trouver, au moins cette dernière, chez les recrues.

144 Sl'mOMÉTlilE

Comment exiger d'une recrue qu'elle mette en jeu toute la puissance de ses poumons, quand elle saura qu'une faiblesse de cet organe peut la faire déclarer impropre au service? Il y a là un défaut capital, non de l'instrument, je le répète, m.ais de la méthode, défaut qui la fera rejeter comme tous les procédés d'examen exigeant la bonne volonté et la bonne foi des recrues.

La môme raison de nous tromper n'existe pas dansl'exa men anthropologique; mais il nous reste ici à compter avec l'intelligence des sujets. Or, je le répète, la spirométrie constitue une méthode délicate, exigeant presque une éducation ; et, après avoir fait beaucoup d'anthropologie sur le vivant, il me paraît difficile qu'on puisse recueillir par ce procédé des observations méritant vraiment confiance. Que chacun de nous se rappelle les difficultés qu'il rencontre tous les jours pour faire prendre aux malades à ausculter le rythme normal de la respiration, et l'on verra le temps et la patience qu'il faudrait pour conduire des hommes sans civilisation à se servir d'un spiromètre d'une manière suffisante pour avoir des résultats que nous puissions accepter comme exacts.

Je pense donc que, sans garantie pour l'examen des recrues, la spirométrie ne pourra servir que dans quelques cas rares dans les études anthropologiques. Son ulilité reste donc tout entière dans les recherches de physiologie et de pathologie.

Ici, en effet, si la délicatesse du procédé subsiste, nous avons de plus, pour en faire triompher, l'intérêt du sujet ou du malade. J'ajouterai que souvent ce sont des sujets ou des malades jouissant d'une certaine éducation, que nous soumettrons à cette expérience ; et que, par conséquent, les résultats obtenus n'en auront que plus de garantie.

Procédés. — Les spiromètres peuvent servir à mesurer plusieurs des éléments de la capacité respiratoire totale. Nous pouvons, en effet, obtenir grâce à eux : 1° c, l'air courant ;

2" c + d, l'air courant, plus l'air complémentaire;

3" 6 + e-f c^, c'est-à-dire toute la capacité respiratoire totale moins a, l'air résidual.

1» Vair courant s'apprécie en faisant une série de mouvements respiratoires ordinaires, pendant lesquels l'air est inspiré par la voie nasale, et expiré par la bouche dans l'appareil.

Pour se rapprocher de l'état normal autant que possible, il est bon de compter le nombre de respirations à la minute, et de se rappeler que le rythme de l'adulte est d'environ une respiration complète par trois secondes. Je recommande également de faire un certain nombre de respirations d'essai pour régler le mouvement. On peut y aider, soit en battant lentement une mesure à deux temps, soit, ce qui vaut mieux encore, en réglant sa respiration sur un métronome réglé à trois secondes.

Du reste, peu importe !e moyen ; ce qu'il faut retenir de ce qui précède, c'est l'avantage que l'on doit retirer de pouvoir régler sa respiration par un régulateur quelconque.

Le nombre de respirations, pour la mesure de l'air courant, doit être de dix. Or, sa valeur moyenne étant de 1/2 litre chaque foi?, il faut avoir un appareil dont la cloche mesure 5 litres au moins.

La quantité totale de l'air expiré est. divisée par le nombre des expirations ; et c'est le quotient qui est la quantité cherchée. Si, par exemple, les dix expirations ont donné 5 lit. 30, l'air courant sera 0 lit. 53.

20 e + rf. Dans certains cas, il peut être important d'ap-

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