‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 67 sur 172 · INSTRUMENTS DE COMPARAISON · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS DE COMPARAISON

L'oreille externe du malade est mise en communicalion avec un tube métallique fixe, et sur lequel vient s'adapter une série de tubes flexibles. Chacun d'eux peut être pris par un observateur, qui peut ainsi suivre toute l'opération.

C'est là l'application la plus étendue et aussi la plus ingénieuse que l'on ait faite des stéthoscopes d'éducation;

FiG. 2t

Instruments de comparaison. —A côté de ces instruments, je dois placer ceux de comparaison. Ils peuvent servir à deux buts différents : ou bien à constater le synchronisme, on bien à comparer Vintensitè de deux bruits.

Pour constater le synehi'onisme, on peut employer indifféremment soit un tube en Y, soit un tube en X, soit enfin deux tubes mono-auriculaires.

Si l'on se sert du tube en Y(fig.20),il suffira de placer les deux collecteurs, dans ce cas placés aux extrémités BetB', sur chacun des deux foyers, et d'introduire l'extrémité simple, A, dans le conduit auditif externe. Mais, certains bruits

étant très légers, ceux qui sont solidiens ou liquidiens perdant beaucoup de leur intensité quand on emploie ces instruments, je donne la préférence à un instrument en X (flg. 22), c'est-àdire ayant deux collecteurs, A et A'^et deux tubes auriculaires, B etB', permettant l'auscultation bi- auriculaire. L'auscultation bi-auriculaire est, en effet, presque indispensable pour le diagnostic des grossesses gémellaires, par le procédé que j'ai fait connaître dès 1873<.

Les bruits du cœur des deux fœtus jumeaux n'étant pas synchroniques, j'eus l'idée, dès cette époque, de me servir de ce manqua de synchronisme pour diagnostiquer les grossesses gémellaires à l'aide d'un instrument en Y. Je plaçais chacun des collecteurs sur un des foyers des bruits; et avec le tube simple, introduit dans le conduit auditif externe, je pouvais ainsi m'assurer si les deux

1 Clinique d'accouchomenl; service do Depaul.

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foyers donnaient ou no donnaient pas un bruit unique. Mais, je dus reconnaître que la perte d'intensité était telle, que souvent les bruits n'étaient pas perçus avec assez de netteté pour juger du synchronisme. C'est pour éviter cet inconvénient, autant que possible, que j'ai adopté le tube en X, qui me permet d'utiliser l'auscultation bi-auriculaire, et rend cet instrument applicable à peu près à tous les cas, au moins à la fin de la grossesse.

Enfin, lorsque les deux bruits ont une. intensité suffisante; lorsqu'il s'agit, par exemple, de constater le synchronisme du cœur et d'un anévrisme sur le même sujet, ou bien d'une artère au-dessus et au-dessous d'un anévrisme, on peut se contenter de deux stéthoscopes monoauriculaires.

Cette dernière manière de procéder, qui est facultative dans le cas précédent, devient au contraire obligatoire, quand il s'agit de comparer l'm^ensfïe des bruits. Sinoiis voulons, par exemple, nous rendre compte de fintensité du murmure vésiculaire des deux côtés, ou bien comparer l'intensité de deux bruits recueillis sur des sujets différents, il est indispensable que chaque oreille soit mise isolément en rapport avec un des deux foyers. Sans cette précaution, il nous serait évidemment impossible de dire quel est celui des deux bruits qui l'emporte sur l'autre, les deux venant, à un moment donné, soit se confondre dans le même tube, dans le cas du stéthoscope en Y, soit s'entre-croiser dans ceux en X.

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