TÉLÉPHONES
DÉFINITION. — On donne le nom de téléphones à toute une catégorie d'apppareils destinés à transmettre les ondes sonores à grande distance, à l'aide de Véleetrieité. Je laisse donc de côté les téléphones à la ficelle, dans lesquels les ondes sonores sont transmises d'une membrane vibranie à une autre, à l'aide d'un fil tendu.
Division. — Les téléphones électriques se divisent en deux groupes :
Les téléphones musicaux ;
Les téléphones d'articulation.
Les téléphones masieaaa? ont été les premiers inventés; et, quoiqu'ils ne conservent guère qu'un intérêt historique, je crois utile d'en dire un mot, parce que leur simplicité
va nous permettre de mieux comprendre ceux qui sont "venus après eux.
Description. — Chacun d'eux se composait, comme ceux qui les ont suivis, du reste, de deux appareils (fig. 23) :
i° Le transmetteur, T;
2° Le réeepieur, R.
Le transmetteur était composé :
une lame vibrante de nature diverse A •
2° Hune pièce métallique qui^ réunie à cette membrane vibrante, établissait le contact, L
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Fig. 25
Le récepteur, à son tour, se composait: i° Hune lame vibrante, C;
2° D'un aimant ou électro-aimant placé à petite distance de cette lame, D.
Si maintenant, nous supposons les deux appareils placés sur le parcours d'un circuit fermé, M, N, 0, il sera facile d'en saisir le fonctionnement.
Si des notes sont produites à côté de la membrane vibrante du transmetteur, cette membrane, A, entrera en vibration; et chaque fois qu'elle deviendra convexe en dedans. A', le courant passera de M en N, dans le sens des flèches. Il cessera au contraire lorsque le contact de la pointe I sur le disque Ksera interrompu. Le courant sera
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donc réiabli et interrompu à chaque vibration. D'autre part, à chaque passage du courant, l'aimant du récepteur, B, attirera la lame métallique, C, qui reprendra sa place, en vertu de son élasticité, dès la fin du courant.
Chaque vibration de la membrane du transmetteur sera donc suivie d'une vibration de la membrane du récepteur, et de plus avec une intensité égale à la pression de la tige I.
Ceci admis, on peut accepter facilement, que les vibralions de la membrane C reproduiront les sons auxquels sont dues les vibrations de la membrane. A, du transmetteur.
Mais, comme on le voit, dans ces appareils les vibrations sont produites par de véritables interruptions; et, si l'on n'avait pu transmettre les bruits qu'à cette condition, les téléphones fussent restés bien imparfaits. Leur perfection, et surtout la possibilité d'avoir des téléphones d'articulation, est due à l'application de deux autres principes.
Ces principes, sur lesquels j'appelle l'attention, sont les suivants :
1° Le premier est que lorsque sur le parcours d'un courant électrique on dispose deux corps quile continuent par une simple pression, on fait varier Vintensité du courant, en faisant varier Vintensiié de la pression;
2° Le deuxième, non moins important que le premier^ est que les variations du courant, produites par les variations de pression, se traduisent sur une lame vibrante par des variations de traction, et peuvent ainsi produire de véritables vibrations.
Au lieu d'une série d'interruptions, nous n'aurons plus
204 AUSCULTATION DES VOIES BESPIRATOIRES ainsi qu'une série de variations docouranl; au lieu d'une série de dclonalions répétées et plus ou moins rapprochées l'une de l'autre, nous aurons ainsi un son continu avec des ■variations en plus ou en moins, de vérilables inflexions.
C'est grâce à ces deux principes que l'on a pu obtenir .des téléphones d'arliculaiion, ou téléphones parlants.
■ Ceux-ci ont été divisés en deux catégories :
1° Les téléphones magnétiques ; 2° les téléphones à piles.
Les appareils dont j'ai à donner l'explication étant des téléphones à pile, seuls, ces derniers seront décrits.
Les téléphones à pile eux-mêmes se divisent en trois catégories, suivant le moyen employé pour faire varier l'intensité du courant. Ce sont:
1" Les appareils ayant des transmetteurs liquides;
2" Ceux qui ont des transmetteurs à arc voltaïque;
3° Ceux ayant des transmetteurs à charbon.
Ces derniers seuls vont nous occuper.
Le type des téléphones à pile et à transmetteurs à charbon est celui d' Edison.
Téléplione à charbon d'Edison. — Le transmetteur à charbon d'Edison a reçu un grand nombre de formes depuis le premier appareil construit en 1876. — <' Il se compose actuellement d'une embouchure en ébonite, d'une lame vibrante et d'un disque de charbon préparé de là grandeur d'une pièce d'un franc, placé sur un support qu'on peut écarter ou rapprocher de la plaque vibrante à l'aide d'une vis disposée sur la face postérieure du parleur. Une petite plaque de platine surmontée d'un boulon en ivoire, en for.nc de goutle de suif, vient s'appliquer sur la face supérieure de la pastille de charbon. Les vi-
TÉLÉPHONES 205brations de la plaque se transmeltant à la pasLille par la petite plaque de platine, les variations de pression produites par les vibrations font varier la résistance électrique de cette pastille de charbon intercalée dans le circuit d'une pile et d'un récepteur (téléphone magnétique de Bell, Phels, Ader, etc.), et la font vibrer synchroniquement. En pratique, cependant, le courant de la pile transformé par le parleur en courant ondulatoire n'est pas envoyé directemeni ddinsles récepteurs; mais il est localisé, traverse le fil inducteur d'une petite bobine d'induction, et c'estle fil induit qui est en communication avec le téléphone récepteur du poste opposé ^ (Hospitalier). »
. « ^ Avant d'aller plus loia nous devoQs faire connaître les raisons de cette disposition spéciale (Hospitalier).
Emploi des courants induits dans les téléphones à pile. — Le rôle du transmetteur dans les téléphones à pile se réduit, comme nous l'avons vu, à faire varier la résistance électrique du circuit, variation qui se traduit aussitôt par une variation proportionnée et en sens inverse, dans l'intensité du courant qui le traverse
Pour une vibration donnée, le changement dans la résistance du circuit aura une valeur fixe donnée que nous supposerons être de un ohm pour flxer les idées. Si le circuit total a une faible résistance, dix ohms par exemple, la variation de un ohm produite dans le transmetteur fera varier l'inlensilé de un dixième de sa valeur totale, et par suite le téléphone récepteur qui agit sous l'influence des variations d'intensité, vibrera énergiquement et parlera avec une certaine puissance. Si au contraire la résistance totale du circuit est grande, mille ohms par exemple, les variations d'intensité ne seront plus qu'un millième de l'intensité totale intensité que l'allongement de la ligne aura elle-même affaiblie dans une grande proportion.
n faudrait donc pour obtenir un effet aussi puissant que dans le premier cas, augmenter le nombre des éléments de la pile ainsi que les variations de résistance, par la multiplication des disquesae charbon, par exemple ; mais leur nombre ne peut être augmenté indéfiniment, car ila introduisent dans le circuit leurs résistances propres qui viennent contrebalancer l'avantage résultant de con-
SÉMÉIOLOGI?:. „