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MICROPHONES

DÉFINITION. — Mais, quelque perfectionné que soit cet appareil, il ne transmet que des ondes d'une certaine

tacls multiples. A un moment donné, il y a équilibre, et en augmentant trop leur nombre, reflet devient plus nuisible qu'utile. La difficulté a été babilement vaincue par M Edison, en employant une disposition appliquée déjà eu 1874 par M. EHsha Gray à son téléphone musical. Au lieu d'envoyer le courant du transmetteur directement sur la ligne, M, Edison lui fait traverser seulement le gros fil d'une bobine d'induction sans Irembleur. Le fil fin ou fil induit correspond avec là terre par une de ses extrémités; la seconde est attachée à la ligne, traverse le téléphone du poste récepteur et va à la terre.

Le transmetteur n'agit plus que sur une faible résistance, représentée seulement par la pile, le transmetteur et le fil inducteur; ses variations de résistance ont alors une assez grande valeur relative ; elles se traduisent dans le fil inducteur par des variations •correspondantes d'intensité, et, dans le fil induit, par des courants d'induction d'une amplitude proportionnelle. Mais, d'autre part, ■comme nous l'avons vu à propos du rôle des bobines d'induction, les courants développés dans le fil induit acquièrent dans la bobine une tension qui leur permet de franchir de grandes résistances, et cette propriété a permis de téléphoner à des distances considérables avec le courant de trois piles Leclanché.

Voici maintenant comment fonctionne le téléphone Edison. Les courants d'intensité variable modulés par le transmetteur traversent le fil inducteur, et, eu égard à la faible résistance totale du circuit, font varier l'intensité entre des limites assez éloignées ; ces couranis ondulatoires influencent alors le récepteur comme dans le téléphone Bell.

La pastille de charbon qui constitue l'âme du transmetteur mérite une mention spéciale. Elle est fabriquée à l'aide du noir de fumée provenant de la combustion de lampes à pétrole à mèche trop longue, dans un espace à peu près clos. On agglomère ensuite ce noir de fumée en le comprimant légèrement sous une presse à balancier. On en forme ainsi une pastilla assez friable, mais d'une solidité suffisante lorsqu'elle est prise entre les deux plaques de platine qui la maintiennent et d'une sensibilité extrême au point de vue de la variation de sa résistance électrique avec la pression. »

MICROPHO.NES

iatensité, et reste aphone pour les autres. Or, grâce à quelques dispositions heureuses, les physiciens sont arrivés à rendre les appareils téléphoniques assez sensibles pour transmettre des bruits qui échappent à nos oreilles; et qui, mieux encore, transforment en ondes sonores, des ondes qui n'étaient que des vibrations moléculaires aphones.

Deux faits caractérisent les appareils microphoniques : le -premier, c'est l'augmentation réelle des bruits par des membranes vibrantes, et le second, c'est la

possibilité d'obtenir des ondes sonores, à l'aide de variations d'intensité de courants excessivement faibles.

Description. — Le type des microphones est celui de Hughes. Il se compose (fig. 26) :

i° D'un plateau solide. A;

2° .D'une table d'harmonie placée à angle droit, B ;

Fjg. 26

3° Han crayon de charbon, retenu lâchement par deux godets, P et P\ qui lui permettent certains mouvements qui augmentent ou diminuent le contact.

Or, si nous supposons que des vibrations, même très faibles, comme celles qui peuvent résulter de la marche d'un insecte sur le plateau, se transmettent à la lame vibrante B; chaque vibration, en la rendant courbe dans ■\& sens de la hauteur, aura pour résultat d'augmenter ou de diminuer la distance des deux godets D et D', et par ■conséquent d'exercer sur le crayon en charbon C, une pression qui variera à chaque instant avec cette distance.

Si donc nous supposons un courant M G N, traversant le crayon G, ce courant variera à chaque vibration de la lame B ; et se traduira sur un récepteur avec des intensités proportionnelles, donnant ainsi lieu à de vérilablgs inflexions du son.

Applications physiologiques et cliniques. — Ges notions connues, voyons comment on les a appliquées à l'appréciation des bruits de notre organisme.

Le premier instrument que construisit Boudet de Pâris, est celui qui est destiné à ausculter les contractions musculaires.

L'obstacle principal pour construire cet appareil venait de la difficulté de trouver un ressort à pression assez constante, et en même temps assez douce, pour laisser aux vibrations de faible intensité la possibilité de se produire et de leur laisser leur intensité relative. Les resssorts métalliques, d'une part, varient trop d'intensité aux divers moments de leur course; et, d'autre part, quelque faibles qu'on les suppose, ils ne le sont pas assez pour permettre à certaines vibrations très légères de se révéler.

Or, celte difficulté a été vaincue par Boudet de Pâris,

par un procédé des plus simples. Le ressort dont il se sert est une simple bande de papier écolier !

L'appareil de Boudet de Paris, se compose d'une membrane élastique sur laquelle vient reposer un boulon mobile B, portant à l'autre extrémité une pastille de charbon H. Il enrésulte donc que toutes les fois quclebouton B, montera ou descendra, en suivant les mouvements de la membrane, le charbon H tendra à se rapprocher ou à s'éloigner du charbon D. D'autre part, le charbon D, dont la pression sur le charbon H peut être réglée par une vis raicrométrique V appuie d'abord naturellement par son propre poids, ce qui ^ est une valeur cons- a:;.,j^Mr.

tante, mais, de plus, sous la tension du ressort de papier I, dont la pression varie au fur et à mesure que le bouton B monte. Ce sont véritablement les

différences de pres-

, ., FiG- 27

sion produites par ce

ressort, qui donnent les différences d'intensité de courant.

Le courant qui suit ce trajet, et qui s'en va par le charbon H, subira donc, en passant du charbon D dans ce charbon H, une série de variations d'intensité, selon que le bouton B sera plus élevé ou abaisse.

Si donc nous supposons au-delà de H le récepteur d'un téléphone, chacune de ces variations d'intensité de courant se traduira par une vibration ; et c'est ainsi que les vibrations reçues parle bouton B pourront être entendues, et leur intensité appréciée.

Mais cet appareil, très propre pour rendre sensibles des bruits faibles, comme les contractions musculaires, est trop délicat pour reproduire les bruits plus brusques, tels que ceux du cœur et du poumon. Les battements du cœur, par exemple, lui impriment de telles secousses que l'exacfitude des résultats est altérée,

' C'est pour remédier à cet inconvénient que Boudet de Paris, construisit son second appareil (fig. 28).

Dans cet autre appareil, le ressort en papier a été remplacé par un procédé plus scientifique. La pression faible

Fig. 28

et constante des deux charbons est assurée par l'attraction qu'exerce une vis aimantée, M, sur un morceau de fer doux, placé à l'extrémité du charbon horizontal, C. Ce charbon, en effet, est porté de telle manière sur son axe, que par son poids seul, il tombe sur le charbon vertical, C. Mais de plus, la vis aimantée exerce sur la plaque de fer doux une attraction constante. D'autre part, le charbon vertical, C, est supporté par une membrane élastique, T, qui ferme un tambour communiquant avec un sléthos-

cope, dont le collecteur, B, est fermé par une membrane également élastique, A.

LecoilecteurBétantappliqué sur la poitrine, on comprendra facilement qu'à chaque mouvement, et à chaque instant de ce mouvement, la lame élastique qui le ferme sera plus ou moins tendue ; et que ces diftérences de tension se traduiront dans le tambour T, en soulevant plus ou moins le charbon C , et par conséquent en augmentant la pression contre le charbon C. Le courant, qui passera du charbon C dans le charbon C, subira donc une série de Yariations ; et, si nous supposons un récepteur au-delà de l'appareil,, ce récepteur rendra ces variations sensibles par une série de variations synchrones se transformant en ondes, sonores.

Ainsi^des deux instruments dont Boudet de Paris, a enrichi la technique clinique, l'un est destiné à l'auscultation des contractions musculaires, et l'autre à celle du poumon et du cœur.

Appréciation. — Quelle est la valeur de ces deux appareils ?

Au point de vue scientifique, nous ne saurions trop les admirer. Nous devons rendre justice au savant, dont l'esprit inventif a su faire profiter notre science des derniers progrès qu'ait accomplis la physique. Il y a là une somme de difficultés vaincues, qui dénotent de sa part autant de science que d'ingéniosité. Mais, au point de vue pratique, il faut le reconnaître, les applications en ont été jusqu'à présent peu nombreuses. Il faudrait nous garder cependant de juger de l'avenir par le passé. Les instruments de Boudet de Pâris, ne sont encore dans les mains que de quelques chercheurs, et il faut compter avec le temps.

Ces inslrumenls s'adressent à des bruits, que, jusqu'à présent, nous n'avions fait que soupçonner, tels sont : le bruit du sang contre les parois du cœur, le bruit des contractions musculaires de muscles aussi petits que ceux de l'œil, le bruit de la circulation inlra-crânienne, etc. C'est là un champ d'études absolument nouveau; et nul ne peut prévoir ce que son exploitation pourra donner.

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