‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 78 sur 172 · RÈGLES RELATIVES AU MÉDECIN · texte numérisé non relu

RÈGLES RELATIVES AU MÉDECIN

reur est presque constante dans l'auscultation immédiate.

Faut-il se boucher l'oreille qui reste libre ? — Les praticiens sont partagés à cet égard. Les uns, soit par simple habitude, soit qu'ils y trouvent réellement un avantage, se bouchent l'oreille libre, toutes les fois qu.'ils auscultent; d'autres, au contraire, se trouvent plutôt gênés par cette occlusion ; et je suis de ce nombre.

Tant qu'il ne s'agit que de l'auscultation, je laisse libre l'oreille qui ne sert pas. Je ne trouve un avantage à la boucher que dans l'examen de la résonnance de la voix, et de la pectoriloquie aphone. Dans toute autre circonstance, celte précaution me paraît au moins inutile, sinon désavantageuse.

Nombre de mouvements respiratoires. — Certains bruits ne sont pas constants. On ne saurait donc se contenter d'un seul mouvement respiratoire. Il faut entendre au moins trois mouvements complets pour chaque point ausculté. Pour ne pas perdre du temps, le moment oii l'on se déplace, doit être celui qui correspond à la fin de l'expiration.

Comment doit-on procéder dans l'analyse des bruits que l'on entend ? — Assez souvent, la question à résoudre est tout entière dans la présence ou l'absence d'un bruit oa d'un symptôme; et l'on est facilement fixé. Mais, les cas sont fréquents aussi, dans lesquels nous n'aurons aucun guide, et où nous aurons à faire un examen complet. Or, pour ces cas, il me paraît important d'avoir une méthode d'examen, et de suivre toujours la même. On n'arrive à faire un examen sûrement complet qu'cà cette coudilion. Les points que nous devrons mentalement

passer en revue sont les suivants : l'existence ou l'absence du murmure vésiculaire; son intensité égale ou inférieure à celle du côté opposé ; la longueur comparée des deux temps; enfin, les caractères spéciaux qui peuvent exister aux deux temps, ou bien à un seul.

Manière d'appliquer le collecteTir. — 11 doit être appliquéavec d'autant plus de soin, quand il s'agit d'un stéthoscope solide, qu'une fois cette application faite, nous ne pouvons plus surveiller ce qui se passe sur ce point. C'est même là un des inconvénients de ce genre d'instruments.

La règle est d'appliquer le collecteur de lelle manière qu'il appuie dans toute son étendue, et avec une pression égale. Quelque facile que paraisse son exécution, je puis dire cependant qu'on l'oublie souvent. 11 suffira pour s'en convaincre d'examiner le tracé laissé par le stéthoscopeet souvent on verra qu'une partie de son pourtour est manifestement plus marqiiée que le reste.

Cette application défectueuse du stéthoscope est loin d'être indifférente. Elle présente, au contraire, plusieurs inconvénients. Le premier est de provoquer la douleur. Presque toujours, en efl"et, on pourra s'en assurer, les applications douloureuses du stéthoscope sont dues à l'inégalité de pression exercée par les diverses parties du pourtour du collecteur; et ce qui le prouve, c'est que si l'on recommence, il suffit d'exercer une pression normale à la région pour la rendre indolore. Le second est plus important encore : c'est que les bruits n'arrivent que fortement atténués. Les ondes sonores de la région examinée ne sont, en effet, transmises que par un point, au lieu de l'être par tout le pourtour de l'instrument. Enfin, ces bruits, dans ces cas, sont toujours mélangés avec d'autres qui ont une tout autre origine.

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