‹ Manuel de séméiologie techniqueChapitre 79 sur 172 · RÈGLES RELATIVES AD MÉDECIN · texte numérisé non relu

RÈGLES RELATIVES AD MÉDECIN

Aussi, j'ajoute une telle importaace à l application exacte du collecteur, qu'après l'avoir enlevé^ je vérifie toujours si son pourtour est marqué dans toute l'étendue d'une manière égale ; et je recommence rauscultatioa dans le cas contraire.

Doit-on toujours trouver la trace du collecteur ? Ea d'autres termes, la pression doit-elle toujours être suffisante pour laisser une trace? Quelque légère que soit la pression exercée, la trace existe toujours ; l'applicatioa du stéthoscope, en effet, ne saurait se faire seulement par simple apposition. Mais, autant que possible, il faut veiller à ce que la trace ne se révèle que par un changement de coloration, et non par une dépression profonde, ce qui a lieu quelquefois.

Pour appliquer le collecteur dans de bonnes conditions, il faut le placer à plat, et chercher autant que possible un point sur lequel les parties molles rendent la pression moins douloureuse.

Parfois l'état de maigreur est tel, qu'on ne peut réussir. Dans ce cas, il faut choisir un collecteur de dimensioa assez petite pour arriver à l'appliquer exactement dans toute son étendue.

C'est de la même manière que l'on remédierait à cet inconvénient, si l'on devait ausculter sur un point, qui, par sa configuration même, ne permettrait pas les collecteurs à large dimension. Telle est la région mastoïdienne ou même certains points de la région précordiale. C'est ce qui explique la préférence que l'on a donnée aux instruments à petits collecteurs, et aussi aux collecteurs de formes ovales pour l'auscultation du cœur. Si malgré le choix d'un collecteur de petit diamètre, on n'arrivait pas à le placer normalement à la région auscultée, il vaudrait mieux le placer obliquement. Ce qu'il faut obtenir, en

effet, avant toute autre condition, c'est que le collecteur touche par tout son pourtour.

Manière d'appliquer l'oreille. — Après avoir placé le collecleur, il faut placer l'oreille. ;

On pourrait croire tout d'abord, qu'il y a quelque avantage à faire correspondre le canal central de rinslrument avec la conque, et cela, autant que possible, centre pour centre. C'est au moins ce que l'on cherche, quand on commence à ausculter. C'est à cette pratique aussi, que conduit la croyance assez répandue qu'avec les stéthoscopes solides et à canal central, nous entendons par le canal. Or, je l'ai dit, il n'en est rien ; et l'examen de quelques personnes pendant qu'elles auscultent, 'viendra fournir une nouvelle preuve pour le démontrer. Observez la plupart des médecins qui auscultent; et vous verrez qu'il est rare que le canal central vienne aboutir à la conque. Le plus souvent, l'orifice de ce canal vient ren-: contrer un point quelconque du pavillon; et bien peu de praticiens s'occupent de savoir comment se fait le contact. Ce qu'il leur faut, ce que la pratique leur a démontré, c'est que l'oreille doit s'appliquer avec une force suffisante pour être aplatie entre le plateau et le crâne; et se disposer de telle manière qu'elle assure un large contact. Le pavillon sert ici surtout d'organe de remplissage pour permettre au plateau de multiplier les points de contact entre lui et le crâne du médecin.

C'est qu'en effet, comme je l'ai dit, c'est par la voie solide, ou autrement dit crânienne, que tous ces instruments nous transmettent les bruits. De là, la nécessité d'un contact ferme, et de ce contact seulement, de quelque manière qu'il s'établisse.

Ce qui précède doit nous expliquer le peu d'importance

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qu'il faut donner à certaines modifications imprimées au plateau, et ayant pour but de laisser tout autour de l'orifice du canal une saillie circulaire destinée à pénétrer dans la conque, et à assurer ainsi le rapport direct entre elle et le canal de l'instrument. Ces saillies directrices, si Je puis ainsi dire, peuvent n'être qu'inutiles, quand le hasard veut qu'elles se logent exactement dans la conque. Mais, dans les autres cas, et ce sont les plus fréquents, ou bien elles offensent le pourtour de la conque, ou bien elles gênent encore davantage l'auscultation en rendant l'application directe de l'oreille impossible.

La règle qui domine dans la forme à adopter pour le plateau, et pour son application à l'oreille, c'est d'obtenir, sans pression douloureuse, un contact exact et étendu. Toute forme, toute condition qui rendrait ce contact moins parfait, ou qui réduirait son étendue, doit donc être condamnée.

Manière de tenir 1 "instrument- — Le procédé varie selon qu'il s'agit d'un stéthoscope plein, ou d'un stéthoscope flexible. Seul, le premier nous occupera ici, la technique complète du tubulaire devant être étudiée dans le chapitre suivant.

Lorsqu'il s'agit d'uninstrument solide, quelles que soient, du reste, sa forme et la substance qui le compose, il faut, après l'avoir appliqué, et en avoir approché assez son oreille pour le maintenir, comme je viens de le dire, l'abandonner d'uue manière complète.

Quelque immobiles que l'on suppose les doigts qui le maintiendraient, il n'en résulterait pas moins une série de bruits, qui nous gêneraient dans l'appréciation de ceux que nous cherchons à apprécier.

L'instrument ne doit donc tenir que par la pression

exercée par la tête de l'observateur sur le point examiné. Cette pression, du reste, je me suis déjà arrêté sur ce sujet, ne demande pas à être bien forte ; et il faut veiller à ne pas dépasser une certaine mesure pour ne pas larendre douloureuse. Soit sous l'influence de cette douleur, soit quelquefois par esprit d'exagération ou par pusillanimité^ les malades ont une tendance à fuir devant la pression, tendance contre laquelle il faut se prémunir. Or, le meilleur moyen, c'est de les contre-tenir, qu'on me permette l'expression, avec une main portée sur le point diamétralement opposé à celui que l'on ausculte. Quelle que soit cette région, on trouvera toujours un point d'appui sur lequel on pourra placer une main, qui permette de saisir, pour ainsi dire, les malades entre elle et l'instrument.

Cette précaution, toujours utile, devient indispensable s'il s'agit d'un enfant, avec lequel, du reste, on a toujours moins de ménagements à garder; et ensuite avec la lutinerie duquel on a de plus à compter. J'ajouterai enfin que c'est là le meilleur moyen de nous rendre compte de la pression que nous exerçons, lorsque nous nous servons des instruments solides, qui ne nous permettent pas de surveiller le point d'application.

Quant à la main qui est restée libre, quelle qu'elle soit^ elle ne doit pas s'écarter de l'instrument, et être prête à le saisir à la moindre menace de chute. Aucune des précautions indiquées précédemment, en effet, ne nous garantit contre un mouvement brusque du malade, qui le ferait forcément tomber ; et il importe d'éviter ce petit accident, qui serait facilement mis sur le compte de l'inexpérience.

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