ABUS ET INSUFFISANCE DES FONCTIONS
dans Yidiosyncrasie (Kioç, propre; ffûv, av«c ; xsàmç, tempérament), c'est-à-dire la disposition spéciale à certains individus, en vertu de laquelle ils subissent dune manière qui leur est propre, l'inlluenee d'agents ([ui d'ordinaire n'impressionnent pas nos organes ou les impressionnent d'une autre façon.
.'i° Abus et I^sljl'FlSANCE des différentes fonctions. — Ij'abus d'un organe crée une liyperémie passagère et à la longue une modification de structure de ses Éléments, l'hypertrophie par exemple.
Réciproquement, un organe qui ne fonctionne pas finit par s'alrophier.
Lorsqu'on muscle travaille, les combustions sont plus intenses, d'où formation d'acide carbonique et d'acide lactique; de plus, les produits des échanges normaux ont une toxicité plus grande, et s'ils sont retenus par insullisance des organes éliminateurs ou modificateurs, il y a auto-intoxicalion.
L'accumulation de ces produits est la principale causede la fatigue. Lorsqu'il y a surmenage de l'individu, tout le système musculaire est atteint, el l'autointoxication est portée à son maximum. Un homme surmené présente, comme principaux symptômes : de l'abattement ; le pouls est fréquent, petit ; il y a de l'hypotension artérielle, d'où Tatigue du myocarde {cœur forcé, hypertrophié) et par conséquent tendance à l'asystolie et k la syncope. Les mouvements respiratoires sont fréquents et de petile amplitude (dyspnée d'eft'ort).
Le surmenage prédispose à toutes les maladies(typhus, scorbut...); il constitue une des principales causes de déchet des années en campagne.
De même, le surmenage cérébral favorise l'éclosion
3^8 ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE
de oertaines maladies (maladies mentales, hystérie, chorée, fièvre typhoïde...).
L'abus des fonctions génitales favorise Tataxie locomotrice, Tanémie, la neurasthénie, etc.
Suivant les professions, certains organes comme les poumons (verriers), le larynx (chanteurs), les yeux (graveurs), etc., supportent des fatigues répétées, d'oii résulte un amoindrissement de leurs fonctions.
Comme exemple d'insuffisance des fonctions, nous citerons le défaut d'exercice^ cause favorisante de l'obésité, de la goutte, des lithiases.
' T,R nom de. m'ic.
Le nom <Ie microbes s'applique à lout organisme inférieur viicrnxcopique, visible seulement au microscope, quel (|iie soit le règae (animal ou végétal) auquel ils appartiennent. Les bactéries divei-ses (microcoque, bâtonnets, bacilles, spirobactéries, etc.), les/evures, les moisissures, efc, qui sont des végétaux, les[Aemfltosoaires, les coccidies, qui sont des animalcules, sont des microbes.
Un grand nombre de microbes sont doués de mouvements. Leurs réactions, leur nutrition, leurs sécrétions et excrétions sont en partie connues.
Tous les microbes ont besoin d'oxygène pour vivre; certains microbes respirent l'oxygène de l'air, ce sont les microbes aérobies. D'autres ne peuvent vivre qu'à l'aliri de l'oxygène de l'air, et empruntent au milieu qu'ils décomposentroxygène nécessaire à leur existence, ce sont les microbes anaërobies. Enfin certains sont à la Tois aérobies et anaérobies. Nous parlerons plus loin de leurs sécrétions et excrétions.
[.Cultures artificielles. — Un grand nombre d'espèces microbiennes peuvent être cultivées artificiellement.
Les milieux de culture sont très variés, ce sont tantôt des milieux Zii/ut'j^ii, tantôt des milien;^ solides. Parmi les premiers, nous citerons les bouillons de b<Bur, de veau, le sérum de différents animaux, etc.
Parmi les seconds, les plus usités sont ceux de gela-
tine pure ou peptonisée, de gélose, d'agar-agar, ou les pommes de terre, etc.
Tous ces milieux de culture ne doivent contenir aucun germe avant les ensemencements ; ils doivent par conséquent être stérilisés (chauffage par Tétuve à différentes températures).
Chaque microbe a une prédilection particulière pour un certain milieu de culture, c'est le milieu optimum, dont la composition chimique doit être toujours la même.
Il est ainsi possible d'obtenir des cultures pures par le procédé des ensemencements successifs. A chaque ensemencement, la vitalité du microbe va en augmentant, c'est-à-dire que son aptitude à se développer rapidement s'accroît.
Par ces cultures, on obtient les différents virus microbiens, qui contiennent donc le microbe et ses produits solubles. (Dans le virus rabique, le microbe est invisible, comme nous le dirons plus loin.)
II. De la virulence des microbes. — C'est la qualité la plus importante à connaître pour une espèce de microbe donnée. Elle est excessivement variable et représente la quantité minima de virus nécessaire pour produire des effets nocifs, qui varient avec chaque espèce animale.
Cette virulence s' exalte par les passages successifs, etc., elle s'atténue rapidement, en dehors de Torganisme, par T influence des agents physiques (lumière, chaleur, froid, antiseptiques...), par suite delà concurrence vitale ou deTauto-sécrétion d'une toxine (bacille typhique).
III. Inoculations. — Elles sont nécessaires pour identifier certains microbes, dont nous parlerons plus
DES MICROBES, loin. EOes permetlent d'éLudier le genre et révoluliim de la maladie provoqin?e par le ruierobe.
Les inoculations se font aux animaux par des voies d'introduction qui varient avec les différents microbes en expérience (voie sous-cutanée, veines, Œil, tube digestif).
Des passages successirsaux animaux, avons-nous dit, suivis d'ensemencements sont le moyen usité pour augmenter la virulence de' certains microbes. Nous ajouterons que cette vinilence varie encore suivant l'organe fiappi'. Dans certains organes, la virulence reste très atténuée ; il en est ainsi du pneumocoque vis-à-vis du poumon.
IV. Classification des principales espèces microbiennes. — Nous classerons les microbes au point de vue de la façon dont ils se comportent vis-à-vis de l'organisme humain.
1° Microbes SApnopiirrES. — Ils existent dans des milieux; variés (air, eau, etc. };ils vivent encommensaux dans l'intérieur du corps humain et ils sont sans action spécifique directe sur l'homme.
Cependant, certains saprophytes peuvent devenir pathogènes (jcifloî, maladie; ^évEtru, génération), à un moment donné, parce que leur virulence a été exaltée, d'une façon relative ou absolue, par diverses influences (froid, traumatisme, passage d'un organisme à un antre, maladies surajoutées, etc.). Dans ce dernier cas, il se produit ce qu'on appelle des association» microbiennes. Exemple : le microbe de la diphtérie associé au streptocoque produit des angines graves.
Ces causes occasionnelles, diminuant la résistance de l'organisme, ont permis au microbe d'exercer sou action
Nous en reparlerons au sujet de la transmission des maladies infectieuses.
2** Microbes pathogènes. — Ce sont les microbes aptes à engendrer les maladies infectieuses.
Pour être qualifié de pathogène, un microbe doit remplir les principales conditions suivantes :
a) Il doit être visible et reconnaissable au microscope ;
b) Il doit pouvoir être isolé en culture pure et présenter des réactions physiques, chimiques et biologiques déterminées ;
c) L'inoculation de ce microbe ou de ses produits solubles doit reproduire chez Thomme et les animaux toujours la même maladie et les mêmes symptômes, à condition que la virulence, la phase d'évolution et que les quantités inoculées du microbe soient les mêmes, dans les diverses expériences. C'est ainsi que le bacille pyocyanique, ne donne pas la maladie pyocyanique lorsque la dose injectée n'est pas suffisante. Cette quantité minima nécessaire est variable dans les différentes espèces animales (toutes autres choses égales d'ailleurs) ;
d) Le microbe se trouve dans l'organisme des individus atteints de la maladie spécifique ou des animaux inoculés.
3° Microbes pathogènes invisibles. — Certains microbes, dont on connaît les réactions biologiques et les résultats des inoculations, ne sont pas visibles avec les instruments dont nous disposons actuellement.
Il en est ainsi du microbe de la rage^ que l'on cultive dans la moelle du lapin aussi sûrement que dans un tube à culture et qui est invisible au microscopes