VI. — THERMOMÉTRIE
Au moyen de la main appliquée sur le corps (en particulier du côté des aisselles), le médecin peut acquérir des renseignements approximatifs sur la chaleur du corps, mais les causes d'erreur sont nombreuses et souvent impossibles à éviter. Au contraire, des indications précises lui sont fournies sur les qualités de
TDKHMOMÉTHIE. -"—^ celle chaleur (état de moiteur, (riiumidité, de sèche i-esse...), et aucun instrumen'. ne peut lui fournir ces renseignements.
L'appréciation exacte de la température du corps, par les thermomëtres cliniques, n'est entrée dans le ilomaitie praliigue que depuis le milieu du siècle dernier.
Les thermomètres médicaux les plus employés sont ceux à maxima. Certains donnent, par le Tait de leur construction {réservoir à mercure de petite dimension). des indications très rapides (deuï minutes dans l'aisselle, une minute dans le rectum). D'autres instruments nécessitent un temps plus long (dix minutes au plus). Les thermomètres ordinaires (sans index) nécessitent la lecture sur place; ils peuvent être utiles au médecin militaire pour éviter toute supercherie.
L'application du thermomètre doit èlre faite systémaliiguement chez tous les malades, et souvent l'on a intérêt à établir la courbe thermométrique, sur des feuilles quadrillées, dites fettillesde température.
Si l'on se sert d'un thermomètre à maxima, on doil véritier la place occupée par l'index avant l'application. faire descendre cet index au moyen de secousses, après lecture faite. Enfin il faut avoir soin de désinfecter les instruments.
L'application du thermomètri: se fait couramment dansl'aisselie. préalablement essuyée ;danscertains cas, elle se fait dans les cavités naturelles (vagin, rectum). La température prise dans la bouche est peu précise.
La température des cavités est de 5/10'^ de degré environ plus élevée que celle du creux axillaiie.
Chez les enfants, on prend surtout la température rectale, alin d'éviter les déplacements de l'instrumenl. Chez les vieillards, il est indiqué d'agir de
;SS PHYSIQUES D'EXPLilRATlON.
i'îiiise'ie l'écart fréquent et plusc-ieM- f|iie chozradiilfe, entre cette température et celle de ruisselle.
A quelle heure faut-il prendre les températures ? 11 est indispensable de prendre, au minimum, trois températurespar jour: le matin vers huit tieures, l'aprèsmidi vers trois heures, le soir vers liuit heures. Cette dernière est la vraie température du soir, et donne des indications souvent précieuses que ne fournit pas la température de trois heures, appelée souvent à tort température du soir (cette remarque est surtout vraie dans les services hospitaliers).
Dans certaines maladies {paludisme, fièvre de suppuration, fièire hectique...) il sera nécessaire de prendre des températures toutes les deux heures. Enfin, lorsqu'on fait un traitement par les bains, on doit prendre et inscrire les températures avant et après le bain.
Température normale. — La température varie, dans de faibles limites, aux ditférents moments de la journée, ce sont les variations nijcthémi'res dont nous reparlerons au sujet du pouls. Elle varie encore sous diverses influences : travail, alimentation, surmenage, etc. Mais ce que doit connaître le médecin, c'est la température normale dun homme au repos, qui n'est soumis à aucune de ces iniluences. Or les physiologistes sont loin d'être d'accord sur cette température. Nous pensons pouvoir émettre cette règle pratique que chez l'homme adulte, au repos, toute température axillairequi dépasse 37° doit éveiller l'attention du médecin.
Cheii l'enfant et chez le vieillard, la température normale est plus élevée que chez l'adulte, de quelques dixièmes de degré.
Hyperthermie- — L'élévation de la température ne constitue pas la fièvre, qui est un syndrome compre-
TUERNUKÉTRIG.
I naat des troubles des diirérents appareils, mais elle en 1 est un élément primordial. Dans le langage courant, le f mot fièvre est synonyme d'Iiypertliermie.
Le degré de température ne fournit pas, à lui seul,
I un élément de pronostic, comme on esl porté à le croire
. le public. Il est donc superflu de dresser des
échelles de température, et de parler de fièvre légère,
modérée, nolahle, forte ; renonciation du degré ther-
mométrique en dit plus que tous les igualificalifs.
Toutefois, les températures de M' et au-dessus cous- I tituent par elles-mêmes un danger imminent, mais pas fatalement mortel; cerlains accès paludéens nous en I donnent la preuve.
Types fébriles. — L'observation des oscillations tliermiques quotidiennes, c'est-à-dire f des écarts entre la température ' maximael la température minima, i permet de considérer quatre types I fébriles.
1" Fiècre continue (pneumolie, fièvre typhoïde, certaines i fièvres paludéennes...). — La [ ligne du Iracé reste toujours aur dessus de la normale (en playteau), et les écarts entre les L maxima et minima sont environ L de 1" (%■■*).
2' Fièvre rémillenle {fièvre hectique de la tuhercu-
9se...). — Les points inférieurs de la courbe se rap-
E^roehent de la normale, sans l'atteindre toutefois, et
8 écarts sont supérieurs à 1°. Les rémisiiont sont le
ivent 7/(fl?«/ina/e«(fig. 5).
S:' Fièvre inierinittente(^a\uA'K\aa...). — Après un
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Fi«. i.
16 MOÏEKS PHYSIQUES D'EXPLORATION,
accèsd'unedurëedequelqiiesbcureset pendant lesquelles
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Fig. ;
le tbeiinomëtrc monfe très haut, In température revient a la normale ou presque à la normale. Laccès peut être isolé ou se reproduire à des périodes plus ou moins éloignées, Le paludisme Tournit des exemples de ces différentes variétés du type intermittent :
a) Accès isolé. — 11 comprend le stade de Trisson, le stade de chaleur, le stade de sueur (fig. li). Au mument du frisson, le malade ressent une sensation de froid. Cette sensation résulte de l'abaissement de la température périphériqNe par contraction des vaisseaux capillaires -AccÈs^fle^fii:- {influgiii-c (les vaso-moteurs), d'où Timportance de rechercher, dés le
début de l'accès, la température dile centrale (rectum,
vagin), qui est supérieure à la normale.
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ia^
'e isolé, paludisi
THERU0HËTR18.
b) Accds périodiques. — Dans ]a fièvre tierce, i'accps } revient lous les deux jours ifig. 7). Dans la fièvre I quarte, il revient tous ' les trois jours. D'autres types ont été décrils (double-lieire, doublequarte, etc.), mais en pratique ils sont peu :
mportants â eonnailie, . car par la quinine bien " I administrée (injections hypodermiques, injec- I tiens intraveineuses) on ; , an-èterapideuienirévo- ' lutionderiiématozouire L^e Laveran. Fit;
4' Fièvre rérnrn-n/i' ' (grippe, lièvre récurrente..
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