‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 126 sur 205 · Bibl. nat. ms. lat. 5424, n" 97, et 17021, n · texte numérisé non relu

Bibl. nat. ms. lat. 5424, n" 97, et 17021, n

3. DouËT n'Anny. (Collection de sceaux, n" 63 i9, 6370. 6369. — Bibl. nat. ms. lat. 17023, p. 144 et 17044, n'Ol. — Archives des IIaulcs-.A.lpes, cvêchc de Gap, n" 1.

il est représenté debout sous une pluie de pierres ; sur celui de Renaud de Senlis, évéque de Toul (1216), et de beaucoup d'autres, la scène de sa lapidation est figurée avec des variantes diverses ' .

11 me suffira d'énumérer encore quelques représentations de saints parmi les plus communes. Saint Pierre et saint Paul debout (Jean, abbé de Saint-Père de Chartres, 1306) ; saint Maurice à cheval (Jean, archevêque de Tours, 1218) ; saint André étendu sur sa croix (Richard, évêque d'Avranches, 1259) ; saint Georges galopant et portant une bannière (Henri dApremont, évêque de Verdun (1331) ; la tête de saint Jean-Baptiste dans un plat, avec la légende : Caput lohis in disco (Chapitre de Laon, 1285) ; celle de saint Denis (Renaud, abbé de Saint-Denis, 1296); les bustes de saint Just et saint Pasteur sous une main bénissante (Chapitre de Narbonne, 1261) ; saint Gervais et saint Protais en buste et affrontés (Chapitre de Séez, 1278) ; les têtes de saint Firmin, saint Julien, saint Oyen, etc. ^. Cette énumération pourrait être prolongée à l'infini.

Parmi les symboles religieux, c'est la croix qui tient la première place, soit carrée et pâtée (Hugues, abbé de Charroux, 1240), soit fleuronnée (Manassès, évêque d'Orléans, 1212), soit entourée d'une banderole (Eudes de Sorcy, évêque de Toul, 1228), soit vuidée, cléchée et pommetée (Guillaume, évêque de Cahors, 1202), soit tré-

1. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n" 0309. — RonEBT. Sigillo- (jraphie de Toul, pi. III, n" S.

2. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n" 6491, 6928, 7193, 7237 et 7320. — Bibl. nat. nis. lat. 5417, n" 177 et 205 ; 5480, n° 124.

fiée, aig-uisée et cantonnée de deux croissants (Guillaume, doyen du chapitre de Notre-Dame de Paris, 1261). Robert de Gressonissart, évêque de Beauvais (1240), a fait graver sur son contre-sceau une croix carrée , cantonnée de quatre clefs, c'est-à-dire les armoiries de son ég-lise, avec la légende : Crux XPI. claves Pétri ' .

Je citerai parmi les autres types religieux ÏAffiiua Dei, qui est extrêmement fréquent (Gui, archevêque de Sens, 1191) ; le livre des Évangiles avec la légende : Evangelia (Officialité de Limoges, 1224) ; le buste d'un ange de face (Jean, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire, 1211); la colombe de l'arche tenant un rameau dans son bec (Pierre de Colmieu, archevêque de Rouen, 1238) ; un reliquaire sur un autel entre deux flambeaux (Renaud, abbé de la Trinité de Vendôme, 1266) '^

De nombreux sujets font allusion au pouvoir spirituel ou temporel de l'église : une main bénissante (Anselme de Mauny, évêque de Laon, 1219, pi. XXVIII, n" 2) ; une main bénissante sur un nimbe cruciforme avec la légende ; Maniis dni (Olïicialité de Limoges, 1248) ; une main semblable avec la lésrende : Marins doctoris (/entium, allusion à saint Paul (Chapitre de Metz, 1379) ; un bras bénissant en pal (Jean, évêque de Poitiers, 1172 ; Maurice, évêque de Nantes, 1 190) ; une clef (Pierre de Dinan. évêque de Rennes, 1200), ou deux clefs en pal sur un champ fleurdelisé (Wermond de

1. DouËT n'Aitcy. Collection de sceaux, i\"' 6511, 6527 et 6761. — Robert. Sigillographie de Toiil, pi. IV, ii" 10. — Bibl. nat. ms. lat. 5480, n" 129.

2. Douiir d'Arcq. Collection de sceaux, n" 6369, 63S7. — dk Bosre- DON. Notes pour servir à la sigillographie de la liante-Vienne.

214 MANUEL DE SlGlLLOCnAPHIi: françaisi-:

Boissière, évèque de Noyon, i2o9) ; une main tenant une clef (Hélie, évèque de Saintes, 1223), ou deux clefs (Maurice, évèque de Poitiers, 1203 ; Guillaume, évèque de Nantes, 1274); une main tenant une croix à long pied (Geoffroi, évèque du Mans, 1231) ; une main tenant une croix g^recque accompagnée de deux plus petites, avec la légende : In hoc signo vinces (Philippe Berruier, évèque d'Orléans, 1235, pi, XXIX, n° 1) ; un bras tenant une crosse, type très fréquent sur les contre-sceaux des tribunaux ecclésiastiques (Gui, évèque de Carcassonne, 1212) ; une crosse en pal accompagnée de deux fleurs de lys (Guillaume, évèque de Senlis 1310, pi. XXVIII, n" 4), ou supportée par deux lions allrontés (Pierre de Rouen, abbé de Mortemer, 1496), ou deux crosses en pal sur champ fleurdelisé (André le Moyne, évèque de Noyon, 130G) ; une crosse et une épée en pal (Oflîcialité d'Autun, 1309); une crosse et une mitre (Ofïicialité de Bayeux, 1284) ; une mitre (Jean du Bois, évèque de Dol, 1315) ; une mitre accompagnée de quatre quintefeuilles (Durand, évèque de Nantes, 1282); une mitre et un gant (Ofïicialité de Rouen, 1262). Le contre-sceau de l'abbaye de Notre- Dame de Bonport (1401) représente une barque voguant sur les Ilots, au-dessus de laquelle est un bras tenant une crosse accostée dune fleur de lys, d'un soleil et d'un croissant ^.

On voit sur les contre-sceaux la figure d'un grand

1. Doi-CT h'Ahcq. Collection de sceaux, n"' 6j 12, 6601, G636, 67 i8. 6750, 6763, 6833, 6861, 69 i6 et 6958. — Bil)l. nat. ms. lai. 17027, n<" 17'» et !79 ; 17029, n» 220 ; 17012, n^ 123 ; ms. IV. 20895, n" 299.

typp:s des contre-sceaux 215

nombre, d'animaux : un lion (Renaud, abbé de Saint- Jouin de Marnes, 1286) ; un lion et une crosse (Bouchard d'Avesnes, évêque de Metz, 1296) ; deux lions affrontés (Robert, abbé de Mortemer, 1282) ; un cerf élancé (Jean de Cramailles, archidiacre de Soissons, 1247) ; un cerf passant devant un arbre (Abba3^e de Saint-Chéron de Chartres, 1399); un cerf avec la légende : Cervus Reinensjs(Ofïicialitéde Reims, 1224) ; un cerf couché (Nicolas de Vernoy, abbé de Saint-Hubert en Ardennes, 1466); un aigle coiffant un lièvre (Hugues de Luzarches, archidiacre de Meaux, 1229); une colombe (Richard, évêque d'Avranches, 1179); deux oiseaux affrontés (Bernard, évêque d'Elne, 1241); un pélican en sa piété (Thomas, archidiacre de Chartres, 1231); un corbeau tenant dans son bec une crosse et deux clefs (Garnier, abbé de Corbie, 1293); un éléphant (Robert, évêque d'Angoulême, 1264), etc. '.

Rarement des monuments sont figurés sur les contresceaux ; je dois signaler cependant celui de la Sainte- Chapelle de Paris (1386), sur lequel on voit une très jolie vue de la façade de cet édifice en champ fleurdelisé. Sur celui de Girard, archevêque de Bourges (1211), une église est en perspective; un château dans une enceinte crénelée sur celui de Garnier, archidiacre de Paris (1270); une tour sur celui d'Henri, évêque de Thérouanne (1277)^^.

La fleur de lys apparaît fréquemment, ou florencée

1. DouËT dArcq. Collection de sceaux, n^ôîSe, 6';i9, 7011, 7385, 7399, 7453 et 8670. — Bibl. nat. ms. lat. 3417, n" 97; 3i41, n" 31; 3449, n° 31 ; 17023, n" 63, 2» partie; ms. fr. 20906, ir^ 13.

2. DoiKT ii'Aucc,!. Cnlleclion de sceaux, n»' 6302, 6889, 7426 et 7832.

210 MAMEL DE SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISE

(Gilles de Sorcy, évêque de Toul, 1263), ou accostée de VA et de m (Geolîroi de Tressy, évêque de Meaux, 1208j. On trouve aussi des quintefeuilles, des étoiles, des coquilles, des rosaces, etc. ^

Beaucoup de symboles n'offrent aucune difficulté d'interprétation ; on devine aisément, par exemple, que le heaume gravé sur le contre-sceau de l'abbaye de Saint- Victor de Paris (1271) est une allusion au saint patron de cette maison ; que le demi-vol qui se voit sur celui de Benoît d'Alignano (1268) et le laurier qui orne celui de Pierre de Montlaur, tous deux évêques de Marseille (1214 et 1229), sont des rébus tirés de leurs noms de famille: que l'S sous une fleur de lys d'Adam, évêque de Senlis (1258), est l'équivalent du nom de sa ville épiscopale -, mais beaucoup d'autres types demeurent encore inexpliqués. Hélie, archevêque de Bordeaux (1 199 . a en contresceau un buste de femme tenant une croix ; Jean, évêque de Poitiers (1164), un personnage nu, assis de prodl sur un trône et joignant les mains ; Bernard de Castanet, évêque d'Albi (1307), un buste diadème de profil •'. Ces types et bien d'autres sont dune interprétation difficile.

Voici deux contre-sceaux, si toutefois on peut leur donner ce nom, qui sortent de l'ordinaire. Gocius, abbé de Belleval (1262), porte au revers de son sceau l'empreinte d'une pierre hexagone, probablement un chaton

1. Doi'ËT d'Arcq. Collection de sceaux, n" 6700. — Rohert. Sif/iUogruphie de Toul, pi. V, n° t i.

2. Doi'ËT d'Arcq. Collection de sceaux, n° 6858. — Abbé Alb.4,nès. Armoriai et sigillographie des évêques de Marseille, p. 53 et 56. — lîibl. nat. ms. lat. 5462, n° 100.

3. DouËT o'Arcq. Collection de sceau.r, n" 6136. — Hibl. nat. inss. lai. 1702 5, n° 109 et 17042, n" 12.S.

de bague taillé en pointe *. Eustache de Lévis, archevêque d'Arles (1479), a fait sculpter au dos du sien, dans la cire même, des arabesques en guise de contre-sceau-.

Un des contre-sceaux les plus récents que je connaisse est celui de Robert de Groy, archevêque de Cambrai en 1529; l'écu de France y est figuré, couronné et entouré de la légende : Contres. Robert de Croy^. A partir de cette époque les sceaux étant presque toujours plaqués, ou tout au moins l'empreinte étant apposée sur une mince épaisseur de papier, les contre-sceaux disparaissent à peu près complètement.

1. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n" 8533. Le Cabinet des médailles possède une bague en or dont le chaton est formé dun saphir de fort relief, taillé en cabochon, et serti dans une monture hexag:one sur laquelle est g:ravée en creux la légende: -{- Anulus Liidovici de Gallucii[s]. Ce bijou, qui date du xv" siècle et provient du cabinet da M. le baron Pichon, nous montre ce que devait être le contre-sceau de l'abbé de Belleval dont il est question ici.

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