‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 129 sur 205 · DoiËT n'AncQ. Collection de sceaux, w · texte numérisé non relu

DoiËT n'AncQ. Collection de sceaux, w

3. Bibl. nat. ms. lat. 542», n" 87 et Pièces orijfiuaies du Cabinet des litres, t. 285S, dossier 6.3555, n» 2.

4. Roman. Sceaux des familles sei(jneuiiales de Diuiphiné, n" Il et 9.U.

220 MANUEL DE SIOI LLOORAlMlIi; FRANÇAISE

Mais lorsque la légende n'excédait que de quelques lettres la place qui lui était impartie, le besoin de deux légendes concentriques ne se faisait pas sentir; on se contentait alors d'empiéter quelque peu sur le champ du sceau. Dans celui de Guillaume, fils aîné du comte de Valentinois (vers 122o), la première lettre, l'S initiale du mi)t Sigillum ayant été omise, on l'a gravée après coup dans le champ; dans celui d'Aymar, seigneur d'Annonay (1270), c'est au contraire la dernière lettre du mot AnnoniK. qui n'ayant pu trouver place dans le cercle de la légende a été rejetée dans le champ. Dans le grand sceau du dauphin Humbert II (1334), l'énumération des titres est si longue que, bien qu'elle se poursuive sur la face et le revers, les six dernières lettres du mot : MontislyvYiAA qui la termine, ont dû être gravées dans le champ et sont coupées en deux groupes par la pointe du clocher de Saint-Maurice de Vienne représentée sur ce revers (pi. XVll, n° 1). Dans celui d'Hugues, archevêque de Rouen (1154), h^s deux mots : Del f/ra. ont dû être inscrits perpendiculairement dans le champ des deux côtés du personnage représenté. Sur celui de Guillaume Paynel (1393), qui est armoriai, le nom de la seigneurie d'Andentes a dû être gravé des deux côtés de l'écu sous la forme suivante ' :

AN

EN

TE

1. DoLËT k'Arcq. Collection de sceaux, n" 6262. — Roman. Scenur des familles seigneuriales de Dauphiné. n"" 609, 739 cl 850.

Souvent aussi, au lieu de se terminer dans le champ, soit en double légende concentrique, soit en quelques ettres supplémentaires, l'inscription se poursuit au revers du sceau; par exemple : Sigillum Delphini comitis Albonii = et Vienne palatini (André, dauphin de Viennois, 1210), et S' Bernardi chu Roi ^= domini de Cuseliaco (Bernard de Roy, 1256) ^

On voit aussi très souvent dans le champ de courtes lég-endes complémentaires et explicatives, soit du type, soit de la légende principale. Par exemple G. de Gommiers, doyen de Saint-André de Grenoble (xiv" siècle), a fait graver sur son sceau de juridiction la légende : S. curie decani de SIo Andréa, mais son nom est inscrit dans le champ, près de son écu, sous la forme : G. d' Corner. Dans le champ du sceau de Gui de Champdivers (1345), représentant la résurrection de Lazare, on lit : Lazare veni foras ; sur celui de frère Gilbert (xiv'^ siècle), représentant l'apparition du Christ à Madeleine, on lit : Noli me tangere ; sur celui de l'abbaye de Saint-Symphorien de Metz (xv^ siècle), sont gravés les mots : Noli timere mortem, adressés par la Vierge au saint qui subit le martyre. On lit : Merci, dans le champ du sceau de Conon de Béthune (1202), prêtant un hommage; Jura sur celui de l'otricial de Cahors (1200), recevant un serment ; Ergo false, sur celui de Renaud d Aiis, docteur, argumentant (xv'^ siècle) 2.

1. DouËT n'Aiicy. Collection de sceaux, n" 3i"5. — Roman. Sceaux des familles seigneuriales de Dauphiné, n" 173.

2. Dem.w. Inventaire des sceaux de Flandre. n° 580. — Dufour et Raovt. Sigilloffraphie de Savoie —Bulletin des Antiquaires de l'Ouest, )880. — Bulletin des Antiquaires du Centre, 188 4.

MA.MliL DE SIGlLLOGHAl'llII-: FJÎA.NCAISK

Un certain nombre de légendes servent également de tvpe; j'ai eu déjà l'occasion de signaler celles qui sont inscrites en plusieurs lignes transversales au revers de beaucoup de bulles (^llumbert, évêque de Die (1237-

Fig. 23.

Bulle d'Humbert, évêque de Die, IS3T-i-2-iê.

Sceau d'Hugues de Béroald, archevêque dWrles. 1-230.

12i8), et même sur quelques sceaux de cire entre autres sur celui d'Hugues Béroald, archevêque d'Arles (1230). Hervé de Montmorency, doyen du chapitre de Notre-Dame de Paris (188i), a pour type son monogramme gravé sur un disque et entouré de la légende : Sigillum Hervei Parisiensis decani. Gautier de Vignori (I23o) a la légende cruciforme suivante inscrite au revers de son sceau ' :

1. DouËT d'Arcq. Collection de sceaux, n" 7562. — Bi.ancahk. Iconographie des sceaux des Bouches-du-Rhône, pi. LXIII, n» 4. — Dom PLA>T.iiEn. Histoire générale et particulière de Bourgogne, t. II. p. 324.

DLS LÉGENDES 223

OC

SIG'ILVoLVM

La légende, je l'ai dit, est presque toujours gravée sur le pourtour du sceau suivant son contour extérieur; cependant les bords de quelques sceaux des xi*' et xii'' siècles sont coupés en biseau et la légende est gravée sur la tranche oblique qui résulte de cette forme ; on leur a donné le nom de sceaux en cuvette '. Le plus ancien connu est celui d'Hugues de Salins, archevêque de Besançon (1031-1067), le plus récent est celui de Manessier de Rouvilliers (1259) ~. Ce genre de sceaux, qui n'a jamais été très répandu, se rencontre exclusivement dans le Nord de la France, surtout en Artois, Champagne, Flandre et Ile-de-France.

Les légendes les plus anciennes sont gravées dans le champ sans être séparées du type lui-même par aucun ornement, puis au xni" siècle, elles sont contenues dans un double fdet, qui se transforme en ligne ponctuée au xiv*' et en double ligne de grènetis au xv*". A partir du milieu du xv'' ; la légende est souvent inscrite sur une banderole qui fait le tour du champ et dont les extrémités se replient et sont découpées en queue d'aronde.

1. Dupont. Sceaux portant des inscriptions sur la tranche [Revue archéologique, 1893, p. 231), On trouvera deux exemples de ces sceaux en cuvette dans nos planches: pi. X, n° 2 et pi. XI, n" 1 .

2. Demav. Inventaire des sceaux de Picardie, n" 599. — Cast.vn. Noie sur le sceau de lingues, archevêque de Besançon [Revue archéologique, 1855, p. 275).

224 MA.NLKL DE SHlILI.OdHAPIlI K FRANÇAISE

Jusqu au xiii*' siècle la lang^ue des légendes sigillaires est toujours le latin et quelques-unes sont composées en vers léonins. Voici par ordre de date la transcription de •ces légendes métriques :

Hoc Xormannoruni Wilelmum nosce pafroniim il069,

Guillaume le Conquérant, comme duc de Normandie), Quod mandat scripto firmat cornes Hugo sigillo (1090-

1123, Hugues, comte de Champagne).

Noniine comperto pastori crede Roberto (1104, Robert,

évêque de Langres).

{^ivitas Valentina juxta Bhodanum cita (xm'' siècle,

ville de Valence).

Me manihus voveo fronte (jenuque Deo (1204, Jordan de

Hommet, évêque de Lisieux).

Urhs Arelatensis est hostihus hostis et ensis. Aohilis in primis dicisolct ira leonis (1221, ville d'Arles). Actibus immensis urbs fulget Massiliensis. Massiliam vere Victor civesque tiiere (1243, ville de

Marseille).

Urbs habet hec vere post Remis prima sedere (12S4,

ofBcialité de Soissons).

Philippum cerne dominum Serrique Valerne (1292,

Philippe de Laveno, seigneur de Serres, de Valerne

et bailli du Gapençais) ^

1. DoiËT dArcq. Collection de sceaux, n°' 3613, 7026 et 9998. — D'Arbois de Jub.*.i.\ville. Essai sur les sceaux des comtes de Champagne. — Daguin. Les évêques de Langres. — Demay. Inventaire des sceaux de A'ormandie, n° 2229. — Bl.\ncard. Iconographie des sceaux des archives des Bouches-du-Rhône, pi. XXXIV, n° 1, et XXXV, n° 2.

Je n'ai trouvé aucune légende en français avant 1210 ; à cette date, la devise : Passavant le meillor, se lit sur le contre-sceau de Blanche de Navarre, comtesse de Champagne. En 1213 on lit sur le sceau du prieuré du Lay, diocèse de Beauvais : S. Notre Dame du Lai. En 1220 on trouve : Ce est le seel Hue de Pessi; en 1223 : Ce est li seiaus as borgies de Sarlat. A partir de cette date les légendes françaises deviennent de plus en plus nombreuses ^

Outre ces légendes entièrement françaises, il y a au xin*" siècle de nombreuses légendes composées partie en français, partie en latin : .S'. Milonis Sans Pitié (1235); .S. Willelmi Sans Avoir milifis (I24o), etc. -.

Au xvi" siècle les noms des possesseurs du sceau sont souvent remplacés par des devises ou des citations de récriture sainte-*; beaucoup aussi sont anépigraphes.

Si l'on veut étudier les légendes au point de vue paléographique, il faut constater tout d'abord que les caractères qui les composent, comme du reste ceux des monnaies, sont généralement un peu archaïques. Pour les monnaies cela se comprend, car la monnaie est une œuvre otïicielle et ce qui est olïiciel est généralement

1. DoiËT r>'Art<:g. Colleclion de acemix, n°' 571. 5733 et 9404.— D'AniJOis DE JiiuAiNVM.i.ii. Essai sur les sceaux des comtes de (Jliampagne. — Bibl. iiat., nis. lat. 5462, ii" 199.

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