Archives nationales, .1. 7T
2. HdMAN. S/f/(7/or/r.ip/M> </» rliocèse d lùnbrun. pi. IV. n" lo.
mot que, par <^. Du reste le système abréviatif varie suivant les provinces, au moins jusqu'au xiv*" siècle, époque oii il s'unitie ; P,-p, P' peuvent signifier, suivant les lieux et les époques, per, par. pel. prn et même pis dans E-PS (episcopus): bii dans G'Vlfcii. est l'abréviation de Guillelmus, et dans SIG'Ifcrt. l'abréviation de sigillum; le siffle ^ peut sig^nifier co/7 et us, dans ^venfus et conventg.
Les légendes étant d'une nature et d'une composition très différentes sur les sceaux et sur les contre-sceaux, il y a lieu d'examiner dans un article à part chacune de ces catégories de monuments.
s; I . — Uffendes des sceaux.
Les légendes des sceaux des rois de la première race sont toutes conçues de la même manière ; sauf celle de Childéric 1" (4o8-481) qui est Childrici regiz (pi. II, n° 2), elles donnent le nom du roi au nominatif, suivi de la formule : rex francoruni; Dagoberfus. Theodericus, Chlodovicus rex francorum.
Les légendes carolingiennes sont plus compliquées. Au début elles contiennent une invocation : 4- Xrc. protège Carolum rege francr. (Charlemagne. 774. pi. II, n" 4); -(- Are. protège Hludovvicum irnperatore i Louis le Débonnaire, 816, pi. II, n" o); -|- Xre. conserva Pipi. (Pépin d'Aquitaine, 835); -f Gloria sit Xro. régi Victoria Carlo; + Ihu. nafe di. Carluin défende potentcr (Charles le Chauve, bulle détachée, 840-877) ; -|- Xre. adiuva Hlotarium... (Lothaire, 843). La dernière formule de ce genre que Ion trouve est celle du sceau de Louis
l'Aveuj^le. roi de Bourgogne (929) : + Xre aiuva Hludovicum auf/. im.
A partir de Charles le Chauve on trouve une deuxième formule plus simple, donnant uniquement le nom du roi: + Karolus gratia cli. rex (843) ; + Karolus misericordia di. imperatoi' aug. (877); + Hludovvicus imp. r. (874); /}. V. Hludovvicus imp. aug. (878-879, Louis le Bègue): Karlomannus gra. di. rex (882, Carlomani; Karolus imp. ags. (883): Karolus imperator (886. Charles le Gros, pi. III, n" 1); Zvenlcholdus rex (89.j, Zventibold, roi de Lorraine) ; [R]odulfus gracia di rex (932, Rodolphe II roi de Bourgogne) [Ludovicus gratia di. rex i'93(j-9o4, Louis d'Outremer); + Chuonradus gra. di. rex (943, Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne): + Karolus gratia di. rex (931, Charles le Simple) ; + Lofhariuz gratia di. rex (958); + Lotharius dei gracia rex francorum (966) ; Lotharius + rex franco. (966) : + Lotharius dei gracia rex (967, Lothaire) ; Bodul fus plus rex flOI i. Rodolphe roi de Bourgogne) '.
On aura remarqué que le titre de rex francorum ne parait que deux fois dans cette liste, sous Charlemagne en 774 et sous Lothaire en 966: celui à' imperator le primait. Louis le Bègue prend même une fois le titre à' imperator r'omanorum], ce qui est caractéristique.
Sauf une exception unique, le mot dei est toujours abrégé di et labréviation, aussi bien que celle du mot
J. DoiËT i> Arcc». Collection de sceaux, n°' 1 à 30. — Halfen. Recueil des actes de Lothaire et de Louis V. — Briel. Chartes de Cluny, t. I. pi. II. — Mabillon. De re diploniatica. — Pilot ue Thorey. Etude sur la sigillographie du Dauphiné, p. 30.
gratia [ffra), est par deux fois, en 882 et 943, marquée par une barre abréviative. Les groupes de lettres IMP, HL, AR et OR sont chacun conjugués une fois.
Avec la dynastie capétienne la légende change aussi bien que le type : -\~ Hugo dei misericordia francoru. r.; -\- Bohertus gracia di. francoru. rex (pi. 111, n° 2); Hcnric. dî. gra. francoru. rex. Cette dernière formule s'est perpétuée immuable jusqu'à Louis XIII, sauf les dérogations suivantes. Le titre de roi de Navarre fut ajouté à celui de roi des Francs par Philippe le Bel qui inscrivit et Navarre sur son contre-sceau; ses fils unirent ces mots à la légende de la face : Ludovicus dei gracia francorum et Navarre rex. Sous Philippe de Valois le titre de roi de Navarre fut supprimé ; il ne fut rétabli sur les sceaux royaux qu'à partir de 1615 pour persister jusqu'en 1790 •.
Charles VIII, le premier, fait suivre son titre d'un chiffre spécifiant le rang qu il occupait parmi les rois qui portaient le même nom que lui : Karolus dei gracia francorum rex octavus, usage qui fut constant depuis lors.
Comme on peut le constater le mot sigilluni, sceau, scel ou l'initiale de ce mot, n est inscrit sur aucun des grands sceaux royaux, mais il paraît sur les sceaux secrets, sceaux en l'absence, sceaux de croisade ou de régence : S. Ludovici dei gra. franc, reg. in partibus transmarinis agentis (1270); S. Phi. dei gra. franc, ad regimen regni dimissû. (1283); Sigillum regium in absentia magni (1343); Sigillum Ludovici régis francorum in absentia magni ordinalum (146o), etc.
1. Mahili.on. De re diplomnlua. — Doikt d'Ahcq. Collection de sce.iux. n"* i\ à 190.
232 MAM f:l de sigillograi'Iiii: françaisi:
Les sceaux des reines de France ne sont pas assujettis à des règ-les aussi strictes ; les formules sont variables, tantôt le nom est au nominatif, tantôt au génitif et précédé du mot slgillum : SUjUlum regine Constancie (1 ISillôOi: Elisahet d'i. gracia francorum regina (1 1 80-1190, pi. XIII, n" 2); Sigillum Blanche (Ici gracia francorum reginc (12ol); .S. lohane di gra. francor z Navarre regine Câph. z Bê. cOitisse palal. \Campanie et Brie comitisse palatine, 1300).
Le français fait son apparition sur les sceaux des rois de France, en 1617 : Louis XIII par la grâce d. dieu roy d. France el d. \av.; il paraît bien antérieurement sur ceux des reines, témoin la légende suivante du sceau disabeau de Bavière : S. Ysahel p. la gce. de Dieu roy ne d' Frâce. A partir de Claude, femme de François I'^'", le français est exclusivement employé pour les sceaux des reines, et la formule est presque invariable : Catherine par la grâce de Dieu roy ne (V France (1543-ir361).
Les princes de la famille royale inscrivent presque toujours sur leurs sceaux leurs titres de parenté : Sigillum Ludovici designati régis (Louis, fils de Philippe I, 1106); Sigillum Robert i comifis fratris régis (Robert, comte de Dreux, 11 o8); Philippus régis filius et f rater (Philippe, doyen de Saint-Samsoii, 122o); S' Alfonsi filii régis Franc', comitis Picta. z Tholosc (^ Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, 1254); Siglî . Ph. primogeniti rêg. Franc, dei gra. rêg. \avarre (Philippe, fils de Philippe le Hardi, 1286): S' Karoli régis Frâcie /ilii comitis Valesii z Alàsonis (Charles, comte de Valois et d'Alençon, 1294) ; Ludovicus régis Franvie primogenitus dei gra. re.r Navarre Campanie Bricrf cames pnlalinus
(Louis le Mutin, 1313); S. Philippi primof/cniti filii Karoli coniifis Valesic z Cenomu. (Philippe de Valois, 1321); S' Karoli priniof/cnifl francor régis dalpliini Viennensis (Charles, dauphin de Viennois, 1350).
Tous les grands dignitaires de la couronne ne prennent pas dans leurs légendes sigillaires les titres de leurs offices, mais la plupart les inscrivent : Sigillum Mathci de Monternorcnciaco consiahiilarii doinini régis Francie (1224) ; Almaric cornes M ontis for lis côstahularius (123i-); *S' Lanceloti de Sco Mardo niarescalli Frac. (1209); .S' Mahi de Trie mareschal de Frâce (1323); S" Segiiini de Brugne dâpri {dapiferi, xiv" siècle); S' lohis filii I. régis lerhusalem huticularii Frâcie (1288) ; .S" Hugons de Allies magni paherii Frâcie (panaterii, 1226); SigiH Bartholoniei de Roia camerarii Francie (1220); S. lehan de Lyon artilleur du roy (13()4). Plusieurs prennent le titre de leur office sur une seule face de leur sceau ; sur la face principale de celui de Jean de Soisi, on lit : Sigillum lohannis de Soisiaco niilitis, et sur l'autre : Se. leh. de Soisi eschan de Frac. (1274)'.
Quant aux seigneurs, tantôt ils inscrivent leur nom seul sur leur sceau, témoin Giraud Adhémar de Monteil, seigneur de Montélimar et de Grignan (1 184), qui a pour légende : Sigillum (ieraldi Aeniari; tantôt ils ajoutent le titre qui témoigne de leur degré dans la hiérarchie féodale et chevaleresque : Sigillum Reinaldi comitis (Renaud, conite de Glermont. 1140); S. Ade
1. Doi'KT i)'Anc<,i. Colli'clioii de sceaiir. n"' 192, 217, 219, 2:<j, 275, 27Set280. — Roman. Inventaire des sc.enur des Pièces nriffiiiales. iid'i'l. — Bibl. nat.. ms. lai. .'i47;<. n' 170.
23 1 MANLEL DE SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISE
viceconiitis de Mcleduno (Adam, vicomte de Melun, 1201 1; S. Btr. vesco'te d. Môclar (Bertrand, vicomte de Monclar. 13G9); S' Mauricii Ataine mililis (125H); S' Baiiduin le Borgne cevalier (1275); S" Guilliaumc d'Ivri chevalier ([29S)\ S' Giiii . de Magicourt armig. (12oo); .S" Pierre de Flavacourt ec/uier (1281); .S" lehan de Darsif eacuier (1290); S' Pierre de Moi eschier (120i); S. B. de S' Amans donzel (1236); .S' Astor^gii de Chan domiselli (1284); S. Pétri Lesanti servientis armorum r. Francie (1370); S. Robert valet de Beuviler (1239;; S. G. de Rupeforti valetus (1269).
La plupart adjoio^nent à leur nom celui de leur principal (ief : N. Guidonis Campidaveine casfelani de Corhia (1252); .S'. Isnardi de Agoito dni Saornonis (1292); S. Guillaume sire du TU et de Marigni ( 1 293) ; S. Regnaut sieur de Maulvrer (1368l
Ils ajoutent aussi quelques titres honorifiques : S' iiionsegneur Guillermes de (Jhasele (1238); S' monsegner Thomas de Manneville (1272); S' mesire Gile de la Tornele (1258); Saiel misire Giles dou Sart (1298); S' monsier Mikiel dAuci, chevalier (1278).
Parfois le nom du fîef tient lieu de toute autre indication : Seel le videme de Chartres (Guillaume de Mello, 1312;; Li sires de Sce Croiz z de Motrom (Guillaume de Sainte-Croix, 1351); .S" le seigneur de Honmet (Guillaume de Villiers, 1387); Le seel captai de Buch (Jean de Grailly, 1368).
Quelquefois le maître du sceau joint à son nom celui de son père : .S" Roberti de la Tournelle filii dni Roberli (1222); .S. Willelmi filii Droconis de Merleto (1245); S' lehan le fiz lehan d'Otel (1283). Quand sa naissance
est illégitime, il l'indique presque toujours : S. Tacot le hastart de Poitiers (1383); Seel Parceval hastart de Coucy (1428).
Plus on avance dans le moyen àg^e, plus les formules deviennent longues et encombrées de titres, par exemple : Seel Charles de Coetivi seigneur de Taillehourg z de Brionne (1482), ou S. Jehan sire d' Estouteville visconle de Hocheville cKlr (1309).
Les sceaux des dames sont conçus d'après une méthode peu difîérente. Les légendes les plus anciennes sont fort brèves: SicfiU . dne. Gertrudis Bullar^Gerirude de Bulles, 1208); Sigillum Beatricis de Phaiel (Béatrix du Fayel, vers 1220). La plupart joignent cependant au nom de la dame ses titres féodaux ou honorifiques : Sif/iH. Matildis comitisse Atrehaten (1263) : S' Gille la vicontesse de Mesi (1243); S" Madame Annes dame de Foisi (1236); S. Ruesce denme de Claiencourt (1266); Dame lohanne dame de Regni (1286); Sigillum madame Aalis Muidehle (1288); S' lehanne damoiselle de Vilers (1280).
Très souvent aussi la légende renferme le nom du père ou de la mère de la dame ou son titre de veuve. Jeanne d'Angleterre, comtesse de Toulouse (1196-1199), a pour légende sur l'une des faces de son sceau : S. regine lohe. guondam H. régis AnglorumK Les suivantes donnent le nom du mari : S' dne. Marie iix. Galchi de Frenoi mililis (vers 1230) ; S' Lore de Môtforti uxoris eredis Pontivi (1267) ; S' Catelinc femme Raoul de
1. Evans (John . Le sceau de Jeanne Planlafjenel. reine de Sicile et comtesse de Toulouse Toulouse, 1n9':.
236 MAMEL DE SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISE
Virzi (1270) ; S" damisele lehane la feme Ichan le (llert (1277). Voici l'exemple d'un titre de veuve : Siç/illum hahellis dhe de Maillebois vidua (1276).
Lorsque les sceaux sont à double face, les deux lég^endes sont le plus souvent indépendantes l'une de l'autre, chacune d'elles correspondant à un état ou titre féodal dillérent. Par exemple Richard Cœur de Lion (1195), à la fois roi d'Ang^leterre et duc de Normandie, d'Aquitaine et comte d'Anjou, a fait inscrire sur un côté de son sceau la légende : Bicardns dei gracia rex Anglo- 7'um,s\iT l'autre : Ricardus dux Normannorum et Aquitanorurn et cornes Andegavorum. De même Galéran, comte de Meulan et de Bigorre (vers 1180), porte d'un côté : Sif/illum Gualeranni comids Mellenti, et de l'autre : Sigillum Galeranni comifis Wigornie /Isabelle, comtesse de Joigny (1280), a sur une face : .S" Isahellis comitisse loigniaci, et sur l'autre : Isabiaii dame de Saint Morice. Cependant cette règle est fort loin d'être absolue et les exceptions sont très nombreuses. La légende du sceau de Béatrix, dauphine (1238), par exemple, se poursuit sur le revers : S. Beatricis comitisse Albonii = Et Vienne palatine. De même pour Charles d'Anjou, comte de Provence (1253) : S. Karoli filii régis Francie comitis Andeg. = Cames et mardi. Pvinc. et comes Folcalquer .
Il existe quelques rares exemples de sceaux à deux faces dont un côté est consacré au mari et l'autre à la femme, entre autres celui de la dame et du seigneur de Pierre Pertuse en Languedoc (1240), cité par Douët d'Arcq. Le sceau de Guillaume de Bolon et de sa femme (1271 j en est un autre exemple très curieux; la légende
est d'un côté : .S' Willi de Booliin, et de l'autre : S. Heremhourg sa fume^.
Les légendes des plus anciens sceaux épiscopaux ne sont pas composées suivant un système uniforme ; celle de Walbert, évêque de Noyon en 933, est : Sigill. Walbti Noviom. Tornacensis epi. ; celle d'Adalbéron, évêque de Metz en 942, est: Adalhero Metensiseps. , celle d'Hugues, archevêque de Besançon en i03H, est : -j- Hugo di. gra. (JrisopoUtanus archipsul ; celle de Quiriace, évêque de Nantes en 1065, est : Quiriaci secerdos Xannetensis ; celle de Richard, archevêque de Bourges en 1088. est: Metropolitanus arpis. iarchiepiscopus) primas Aquilanus; celle de Robert, évêque de Langres en 1104, est: Nomine camper to pastori crede Hoherto^ et dans le champ : .S. cpi. Liiigo '.
Ces formules sont exceptionnelles ; à partir de la fin du onzième siècle, l'usage s'établit de composer les légendes épiscopales suivant la formule que voici : d'abord le prénom de l'évêque au nominatif ou au génitif, mais alors précédé du mot sigillum, huila ou d'un de leurs abrégés, ensuite le nom de l'évêché précédé très souvent des mots Dei gracia, puis en dernier lieu le mot episcopus ou archiepiscopus, très souvent abrégé.
1. DoLËT u'Arcw . Colleclion de sceaux, ir" :i'2\0, 1169 et il"0.
2. Maksy (i>e). Sceaux des érec/ues de .Vo.i/on. — Sauer. Sur le sceau d'Adalbéron. évêque de Melz. — Castan. Xole sur le sceau d'Huffues /•=', archevécfue de Besançon. — Daglin, Les évéques de Langres.— Bibl. nat., ms. lat. 17027, u<" 167 el 168.
238 MAMEr. DE SIGILLOGRAPHIE FRANÇAISE
Par exemple: Lambert us di grâ Atrehatcns. cps . (1097); Riquinus dei. r/ni. Leucor. eps. (1108-1127); Ilut/o Suossorum episcopus 1170); Arnulplius Loxoriensis opiscopus (1170j. Quelquefois cette formule se modifie lég^èrement : 'S' Odonis dei miseratnne Bothomagn. archiepï (1257) ; S" Gaufridi diâ. pjmission. Cenom. epi (1267) ; S' Gaufridi divina consecratione epi. Cenoman. (1271).
Par exception les noms de famille des évèques sont quelquefois inscrits après leurs prénoms, dès la première moitié du treizième siècle : .S" ^Villelmi de Sclapo episcopi Vapincensis (1231): Bulla Gaufridi de Lausello dei gra. epi. Vapincen. '129Ii. Cet usag-e devient plus fréquent à partir du quatorzième siècle .
Les prélats titulaires de plusieurs évèchés à la fois ont presque toujours un sceau pour chacun deux ; il y a cependant des exceptions, entre autres les suivantes : Sigillum Simonis Xovio. et Tornacensis epi. (1146); •S. Cardinalis Lugduneû. archiepi. Burdigaletl. Galliarumque Aquitanie primas [André d'Epinay, 1497). Il est très rare que lévèque n'inscrive pas sur son sceau le nom du siège dont il est titulaire : j en puis cependant donner l'exemple suivant : 8' Hugôis de Manac epi. (Hugues de Mag-nac, évêque de Saint-Flour. 1403 .
Lévèque non encore confirmé prend le titre délu: Sigillum lohannis Dolensis electi (1 163-1177) ; S' Othonis electi Vapincensis (1252). De même les administrateurs d'un diocèse prennent celui de procurafor ou ad/ninis- Irator ; Philippe de Savoie, administrateur du diocèse de Valence en 1242, a pour légende : S' Philippi procuratoris eccle. Valent. Elu quatre ans plus tard archevêque
de Lyon, il la remplace par celle-ci : Philippus prime Luf/d' . eccl'ie electusK
Les évèques appartenant à un ordre religieux font précéder leur nom du mot f rater : S' fris Guillmi dei grâ. Anicien. epi. (1269) ; Bulla fris Rnimùdi dei. grâ. epi. Vapincen. (1288).
^ oici la légende insolite et incorrecte du petit sceau de Thomas d'Estouteville, évèque de Beauvais (1390): Parvus Thoiiie dei gra. epi. Belvacen -.
A mesure qu'on avance vers les temps modernes, les légendes deviennent longues et encombrées de titres : 'S. Eustachi archiepiscopi et principis Arelatensis (1479); Petrus Paparin miserône divina epiis Vapincen. comescf Charfitie [iolQ); Henricus a Lotharingia arcliiepiscopus dux Remensis prinius par Fràcie (1635).
Contrairement à ce que nous avons constaté pour les sceaux laïcs, les prélats ont eu des sceaux à légende jusqu'à la Révolution.
Les sceaux des ofïicialités épiscopales se reconnaissent aux mots of/icialatus, caria ou sedes inscrits dans la légende: Mandaturn curie Trecensiuni (122o); .S', curie Meldensis episc. (1232); Sigillum of/icialiuni (Jarnotensis curie (1297); Sigillum sedis Tornacensis (1309); S. curie officialat. Vaptincen. d' Balrna ad Sistaricum (xiv® s.). Au seizième siècle, le nom du [)rélat paraît quelquefois
1. Blancakh. Icorioffi-Hpliie des sceaux des archives des Boiiches-du- Hliône. p. 192, n" s. — Romax. Sùjillographie du diocèse de Gap, pi. 11. n" 7. — Bibl. nat., ms. lat. 1"025, n" 38.
2. La légende est identique sur le petit sceau de Sylvestre de la Cervelle, évèque de Coutances 1372 . Sur celui de Pierre de Montag^u. évê<iue de Laon (1377), on lit: Parvus sicjillû. etc. 'Biîjj. nat., nis. frant;. 20881, n"' 15 et 4S : 20883, n" 66.)
240 MA.NLKL \)K SIGI I.L( »(,|! Al'lll K KliANCAlSK
dans lii li'^ende : -S. cnDtcrc dûi Frnncisci dei (/rucia nrc/iiepi. z cùitis Lugdunensis (loOl).
Les cours temporelles portent le nom de ciiria tempornlis ou sociilaris: S' curie seculnris de liomnnis (xvi*^s.), »t li's cours communes entre 1 évèque et un autre seigneur celui de ciiriii com/utinis: S. nifiius rois curie civitat . (h-niiopol. (1341).
Sur les sceaux capitulaires les plus anciens, sont souvent gravées des légendes ou paraît seul le nom du patron de l'église, tandis que les plus récents donnent toujours le nom de la ville où siège le chapitre. Le sceau du chapitre de Gap en 1204 a pour légende : Dexlera sci Arnul/i epi. et conf., et celui de 1271 porte: .S. capituli Vaj)incensis, dextera sti Arnulphi. Le sceau du chapitre de Saint-Quentin en 1213 a pour légende: Sci Xfi. niarlir. Quinfin., tandis qu'on lit sur celui de 127S: Sigillurn ecclesie Sancti Quintiiii in Viromandia '.
Les légendes des sceaux capitulaires sont très variées, et pour un bon nombre d'entre eux, le texte de la charte qu ils accompagnent peut seul nous faire reconnaître s il s'agit d'un sceau de chapitre ou de quelque autre corporation religieuse ; par exemple : Sif/illû. canonicor. sci. Stephani (Auxerre, 1 120) ; Si</iH . beati Pétri Lexoviensis (xn*-' s.) ; S. sancti Vincencii Gratiauopolit. {1237) ; .S. comtnunitatis eccl'ie sci. Benedicti Parisie' (1379).
Les sceaux des dignitaires capitulaires. dont les titres et les fonctions variaient suivant les églises et leurs traditions, sont extrêmement nonjbreux ; voici quelques exemples des légendes qu'on y trouve. L'archidiacre :
1. DoiËT u'Arcq. Collection de sceaux, n"' IM'i et 7.514. — Koma.n. Siffillofiraphie du diocèse de Gap. pi. XI, n" i8, et XII, n" 19.
Sifjillum Bogerii Belvacensis archidiaconi (1110) ; le doyen: Siff\ H. decani bi Martini Andeg. (1232); le sous-doyen : SigiR . Pagani suhdiaconi AureV (1213) ; le prévôt : S. Nicolai prepositi d'Aversio i. ecca. Carnot. (1305); l'obédiencier: S. Hugon. Bruni ohedienciar. s. Ivsti L\ugdunensis\ (1293); le chantre: Gosleniis cantor Carnotensis (1221) ; Sigiti . Hugonis Aureliancnsis siiccenforis (1213); le capiscol : S^ Blionis capiscoli ecle Viennécis (i23\); l'écolàtre : S' mgriscolasticisci Audon. fSaint-Ouen xiv*^ s.); le chancelier : S^ Nicholai d' Barra cancellarii Noviom. (1260) ; le chanibrier: S. L. de VassaH . carnar. S. Failli (Lyon, 1293); le chevecier : S. Boberli capicerii sàfe Marie CorboiV . (1226) ; le trésorier : iS" Henrici thesaurarii Belvacensis (1213); l'administrateur : S' rcgent' ciirani maioriirn ecclie Albia[nensis] (xm*^ s.); l'archiclave : S. G. de Viriaco can. Vien. et archiclavo (1275) ; le portier: iS' Benaldi thelonarii Belvace/i" (1279)1.
On trouve, mais assez rarement, des sceaux communs entre le chapitre et le doyen : Sigilluni decani et capituli Macloviensis (1395)-.
Les légendes des sceaux du clergé régulier sont conçues dans le même esprit que celles du clergé séculier ; les plus anciennes sont brèves, peu explicites, et portent souvent le nom seul du patron de la maison religieuse : Sigilluin sancti Cipriani martiris (abbaye de Saint-Gyprien
1. DouËr d'Arcq. Collection de sceaux, n"' "618, 7621. 7631, 7644, 7673, 7681 et 7700. — Pilot i>e Thorey. Inventaire des sceaux des archives de l'Isère, n"' 219 et 221. — De Rivièhe. Sceau du régent de la temporalité d'Aibi (Bulletin de la Société archéologique du midi de la France, 1885, p. 16).